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ma terre a deux lunes - chanson


Dimanche 1 février 2009
[ 25000 ]

 

On était vingt cinq mille, jeudi à Perpignan, pas très bruyants mais nombreux (comme une colère sourde) deux millions cinq dans toute la France, onze mille en Guadeloupe. Certes les revendications divergeaient, mais elles se rencontraient quand même en un point : salariés, chercheurs, étudiants, usagers, tous n’en peuvent plus de la politique dirigée par ce président qui n’écoute que lui.

 

Je suis content de ne pas avoir la télé.

 

Au fait, je n’ai plus de ligne internet chez moi, et je m’ennuie de ne plus vous écrire souvent. Je débute mon stage long lundi à sept heures (à sept heure vingt / à cette heure vaine / mange mon pain / mange ma peine) en protection de l’enfance. Ce mois d’IRTS m’a de nouveau crevé, j’espère que je retrouverai vite un semblant de forme. En attendant, j’ai commencé à trier mes liens z’amis, dans le but de refaire leur mise en page et d’en ajouter, mais c’est fastidieux et ça prendra du temps…(le tiers du boulot est fait)

 

Tiens, je crois que c’est le truc le plus triste que j’ai écrit depuis des lunes : je suis incapable de juger si c’est bon mais je l’avais sur le cœur - à vous de dire…

 

Le secret

 

le soir est pas sûr

le soleil est trop fort

j’range la voiture

auprès d’un arbre mort

un tas de factures

sur le tableau de bord

je les rature

d’un trait qui vaut de l’or

 

j’ouvre la porte

pour aérer un peu

les mouches sortent

dans l’odeur de mes pneus

comme une alarme

je fonds en larmes

comme une alerte

brûle tes lettres

 

pourquoi la vie

n’a plus goût d’interdit ?

pourquoi ma vie

goûte l’ennui ?

 

tombe la nuit

je rentre à la maison

tombe la pluie

la ligne d’horizon

j’ouvre la porte

les années mortes

l’heure des aveux

le pot au feu

 

tu as compris

mais tu ne m’as rien dit

tu as prédit

la fin de nos envies

tu m’as dessoulé

tu m’as consolé

je t’ai oubliée

je t’ai oubliée

 

pourquoi la vie

n’a plus goût d’interdit ?

pourquoi ma vie

goûte l’ennui ?

 

pourquoi l’usine

a renvoyé ses hommes ?

pourquoi Martine

as-tu viré ton homme ?

est-tu tombée

dans mes bras par dépit ?

est-tu tombée

comme la pluie

 

pourquoi la vie

n’a plus goût d’interdit ?

pourquoi ma vie

goûte l’ennui ?

 

minuit résonne

je vais sur le balcon

les cloches sonnent

j’ai fait le con

les gosses ont grandi

ils sont partis

c’est la folie

qui m’a conduit

 

pourquoi la vie

n’a plus goût d’interdit ?

pourquoi ma vie

goûte l’ennui ?

 

pourquoi la mort

qui me traine dehors

se joue de mon sort ?

ne frappe pas mon corps ?

 

vient le matin

je n’ai pas dormi

comme le train

la vie fait du bruit

je prend les factures

je prends la voiture

je m’en vais c’est sûr

jusqu’à ce soir

 

viendra midi

et son soleil maudit

viendront sept heures

fermer mon cœur

le ciel plombera

le soleil patatras

je brûlerai mon or

comme un trait du sort

 

et je rentrerai

et je te dirais

je t’aime encore

je t’aime encore

 

à +++filou


Dimanche 2 novembre 2008

 

Avant que les étangs ne gisent gelés, je vous poste un truc que j’avais écrit près d’un fleuve tranquille, du côté de Baie Saint Paul, et qui donne une suite au précédent machin intitulé l’île d’Orléans que j’ai publié plus bas (... à ne pas lire au premier degré, quoique...) +++ filou

 

Le balcon vert

 

les fleurs ont échoué leurs pétales

démontées de leur piédestal

les polissonnes automnales

sur le pavé sont très banales

 

les vignes ont perdu leurs sarments

leurs feuilles et tout leur équipage

ont déserté au firmament

du vent délivrant les nuages

 

les oies sauvages volent en criant

les cormorans vont à la nage

y’a t’il vraiment un océan

au bout des lèvres de la plage ?

 

les corbeaux ont le souffle court

depuis qu’le champ s’est fait la malle

leurs légions n’ont aucun recours

sauf la basse cour, mon caporal !

 

sur les flots ronquent les bateaux

ancrés le temps d’une accalmie

ils reprendront la mer tantôt

les marées hautes l’ont promis

 

les bateliers parlent d’argent

la gloire des quais les fait mentir

les établissements piégeant

leurs derniers sous - ils vont partir

 

les bars font les portes ouvertes

comme des offertes entrejambes

l’amène bière est toujours prête

à être aimée, pourvu qu’on flambe

 

la ville engraisse ses agneaux

passant en paix – les pieds dans l’plat

les gouttières emprisonnent l’eau

dans les bras des toits des villas

 

les maisons ont des briques rondes

cachant à peine leurs formes nues

dans les salons - que du beau monde

autant de charmantes inconnues

 

les femmes ! les femmes ont le parfum

de l’aventure et la peau fine

des soies de Chine, le sein indien

ces dames ont la larme câline

 

ces dames ont la larme coquine

le tourbillon qui les étreint

ressemble à la brise saline

qui caressa nos mains

 

et moi, c’est décidé

j’arrête le L.S.D

j’deviens végétarien

enfin, j’en sais trop rien

 

 

Au fait : décidément mes problèmes de sous ne font qu’empirer (et j’ai encore un an et demi à tenir ce rythme) si quelqu’un avait un plan pour taffer au noir, le week-end à Perpignan, et s’il pouvait me le dire ici, ou m’envoyer un courriel, ce serait sympa… filou

 


Mercredi 22 octobre 2008

 

dans la grisaille

un poème naît

un grincement de rail

le fruit de mes entrailles

sous la mitraille

une fleur fanée

un pétale émaillé

un oiseau blessé

que tu t’en ailles

je le relirai

ce poème imparfait

que je voulais brûler

fétu de paille

je le jetterai

du haut d’une muraille

pour ne pas le froisser

 

dans la grisaille

un poème naît

un éclat de métal

le fruit d’une bataille

que tu t’en ailles

et je t’aimerai

comme on aime le mal

et les oiseaux blessés

vaille que vaille

je continuerai

des fois que tu reviennes

me réveiller

viennent que viennent

les joies et les peines

où sombreront les tiennes

je coulerai les miennes

 


Vendredi 17 octobre 2008

 

J’ai rajouté quelques liens que j'ai à cœur de partager, il suffit de cliquer sur les liens z’amis de "materrea2lunes" un peu à gauche, voilà, comme ça. .. Sinon j’ai scanné en deux fois un dessin que j’avais fait en début d’été, mais je n’arrive pas bien à faire ressortir les couleurs, dommage -et du coup je m'apperçois que monblogue ne les affiche pas (une prochaine fois...) et j’ai extrait de ma malle un vieux truc, que je poste, parce que ça fait du bien de s’envoyer des fleurs quelquefois (non, sérieux, je n’écris plus comme ça, c’était une période où je me relisais beaucoup trop, j’étais jeune). A tantôt, Filou.

 

légendes

 

(je dit que des adultes ont perdu la raison

qu’en voulant la bâtir il ont fait leur prison

je dit que leurs dents dures sont comme leur cœurs, usés

à force de creuser, qu’ils font face à un mur

 

je dit que les enfants dans les glaces infinies

de leur space opéra tutoient les éléments

je dis que carrément, et c’est très important

de traverser les rêves - au fond les interdits…)

 

je dis que les chanteurs sont comme les enfants

‘faudrait toujours en chœur, qu’on leur donne le La

 

je dis que les auteurs sont comme les oiseaux

et qu’ils crèvent de peur quand on s’approche trop

et qu’ils crèvent le sens quand on a plus de mot

qu’on a brûlé l’essence et qu’on a plein le dos

 

je dis qu’ils coagulent où saigne la beauté

que leurs pavots se frottent aux herbes des sentiers

qu’ils défrichent un terrain qu’on a pulvérisé

dans leurs cerveaux : l’amour, aux genoux cabossés

 

je dis que les poètes habitent la banquise

des ours affamés, des tigres sibériens

des trophées légendaires qu’on nomme avec estime

impressionnants et rares, aussi, qu’on assassine

 

qu’ils finissent empaillés dans les bibliothèques

ahurissants captifs de cirques littéraires

 

je dis que leur désir éternel est mortel

et qu’il va embraser l’horizon suffoquant

les livres consacrés, les lèvres des squelettes

les regards occultés à contempler le gel

 

je dis que leurs visions s’entrechoquant provoquent

la chute imprévisible de corps errants, célestes

et parfois le vertige, et parfois le déluge

sous des bordées de sable et des cordes de sel

 

je dis que ces enfants sont comme les comètes

qui font tourner la tête aux mathématiciens

je dis qu’ils ont raison de pleurer leur Eden

peuplé de musiciens, de trapèzes et de clowns

 

’faudrait qu’on applaudisse à leurs tours de magie

et qu’on les remercie pour leurs invocations

‘faudrait que les adultes aient vent de leur folie

que nos passions se hissent, et que nos vies résonnent

 

(nous resterons enfants et plus rien ni personne

ne saura nous blâmer d’être comme nous sommes)

 


Mardi 14 octobre 2008

 

Je me permets de publier, dans sa forme première, le poème que Tenebrum Draco a sympathiquement mis sur son blogue, car finalement, il date un peu, mais je l’aime bien Et il reflète assez mon état d’esprit de l’époque. Si des chums de Saint Jean passent ici par hasard, qu’ils me laissent un message avec un courriel, j’aimerai vous revoir. Mille fois merci. Bonne nuit. Filou.

L'île d'Orléans

Voiles sur le Saint Laurent
Déjà minent de partir
Au soleil d'été mourant
Les érables vont rougir

Dans les herbes les grillons
Qui tantôt vont s'endormir
Aux sons d'humbles carillons
Semblent vouloir retenir

Quelques gouttes d'élixir
Quelques délicieux zéphyrs
Et les rayons qui s'étirent
Et les vagues de frémir

Sous la brise d'automne
Emportées par la houle
Aux flots du fleuve donnent
Comme la chair de poule

Voiles sur le Saint Laurent
Déjà minent de partir
Au soleil d'été mourant
Les érables vont rougir
...

Avec mes yeux plissés qui continuent de voir
Sous le soleil, ce lion, qui domine l'azur
Avec l'esprit géant, brûlé de désespoir
Qui transcrit en pensées songes et larmes pures

Et vos saines joies blondes, et vos doigts de velours
Avec, ma chère, votre amour jusqu'au bout du monde
...

A sept heures, le ciel se penche sur le fleuve
Quand l'eau se laisse aller, dans ses bras sans nuage
Le ciel, dans son reflet respire, ses effluves
Ivres, sensiblement, embrasent le rivage

Le vent, devenu frais, s'étire en effleurant
Les rouges amants doux, bientôt pourpres et oranges
L'astre, qui tout le jour, comme s'évaporant
Parsemait les flots saouls de libellules étranges

Récite maintenant, faiblement, en douceur
En s'évanouissant, quelques vers en couleur

Puis, les cloches brûlantes, criantes, alarmées
Séparent virulentes, leur étreinte brillante
Les romances indolentes et les soupirs charmés
Sonnent les insolentes, la lune concurrente

Le soleil, rugissant, s'incline sous l'éther
Reprend nonchalamment ses rayons, et la terre

Immense, refroidie, dans les ténèbres noires
Tremble d'abandonner son amoureux céleste
Plus tard, la nuit experte en matière de loirs
L'écoutera dormir, sans demander son reste

Un ferry égaré, aux machines bruyantes
Aux cales débordées d'exotiques féeries
Imprimera au fleuve une vague effrayante
Qui n'indiffèrera que les chauves-souris

En haut la lune luit, boule de feu, bougie
Survole éblouie, la côte d'Haïti


Samedi 20 septembre 2008

 

le temps, le vent portent les feuilles

de mes dix sept ans révolus

l’amour, la joie, le bruit, les filles

Marie Christine, que je salue

 

mon cœur est noir et volatil

par effraction, le monde est neuf

je veux m’encanailler des villes

avec la nuit, avec la teuf

 

y’a Greg qui m’invite à clamser

à minuit pile sur sa bécane

si ça marche pas, c’est juré

on ira s’exposer le crâne

 

qu’est-ce qu’on a fait de nos symboles

quand on ne va plus à l’école

qu’est-ce qu’on a fait de pas sensé

quand on a quitté le lycée

 

le temps, les plaies portent les croûtes

de mes dix sept ans résolus

je me revois près d’une route

j’aimerai crever dans la rue

 

les punks ont le droit de cité

chez Mamy, le bistrot s’emplit

de désordre et d’âcre fumée

de nos désirs, de nos envies

 

on prend des cuites dans les parcs

et on se fout de bien parler

on a des allures de monarques

désenchantés, désopilés

 

qu’est-ce qu’on a fait de nos amours

quand on ne va plus dans la cour

qu’est-ce qu’on a fait de nos excès

quand on a quitté le lycée

 

le temps, la vie portent le mal

de mes dix sept ans désœuvrés

de l’allégresse, du métal

des cicatrices pour de vrai

 

les théorèmes sous les grands chênes

la poésie pour mettre en scène

la débâcle, mon général

le corps et l’âme en diagonale

 

personne n’a jamais gagné

mais c’est au combat qu’on grandit

qu’est-ce qu’on en fait, de nos cahiers

mon vieil ami, qu’est-ce qu’on en dit

 

qu’est-ce qu’on a fait de nos idoles

quand on ne va plus à l’école

qu’est-ce qu’on a fait de nos idées

quand on a quitté le lycée


Mardi 24 juin 2008

 

Ça mérite peut-être une explication de contexte : D’abord, j’arrivais pas à dormir. Ensuite je revenais de la fête de la musique où j’en avais pris plein les oreilles, pour le plus grand bien de mes typans. Puis comme je m’étais attardé au spectacle du rappeur R-Can, dont les z’icos étaient excellents, et qui a réussi une impro de fou sur son dernier morceau, suivi d'un pur régal de funk, je me suis mis en tête de faire rimer des « angues » et des « ingues ». Mais comme j’étais quand même un peu ramasse en rentrant, j’ai laissé mon ordi choisir sa musique, et il est tombé sur Léonard Cohen, puis sur Neil Young. Pour accorder le tout, je me suis attaché à y mêler une sorte de sens sentencieux, qui n’avait rien à voir avec celui du premier jet. Et ça a donné ça :

 

ce qui est populaire ne se vend pas, se donne

ce qui est populaire n’appartient à personne

 

c’est le ping et le pong

des pales d’un vieux zinc

un hymne à la déglingue

de Cohen, un folk-song

 

c’est un disque qui tangue

comme au rythme des jours

comme une vie de zone

au sommet d’une tour

 

c’est une nuit d’ozone

quartier des amazones

un magasin de fringues

un cow-boy en santiags

 

- sans Dieu ni Gang

une main sur un flingue

et l’autre dans un string

- c’est une route longue

 

le continent autour

jouant du métronome

comme un magnétophone

qui crache du Neil Young

 

refrain ? c’est le big-bang

comme un cri de King Kong

un big-band qui fait bling

c’est le ying et le yang

 

comme au sortir d’un ring

un frisson qui secoue

qui rend ivres les fous

et délivre les langues

 

et libère les hommes

et libère les femmes

 

ce qui est populaire ne se vend pas, se donne

ce qui est populaire n’appartient à personne.

 

PS: j'ai enfin pris un moment pour foncer l'écriture du blogue, vos yeux m'en seront sûrement reconnaissants, et les miens pèleront moins. A + Filou

 


Mercredi 18 juin 2008

 

J’avais du temps devant moi aujourd’hui alors j’en ai profité pour fabriquer ces petits jeux de mots. J’ai aussi glané quelques graffitis dans mes cahiers de cours. Merci à Ténébrum Draco de passer les infos à tes lecteurs, c’est important. Je me pose la question de créer une veille informative, mais je ne sais pas encore auprès de quels sites me renseigner. Je verrai cet été. A tantôt, Filou.

ça a combien de pattes, un psychopathe ? / et ça a combien de tics, un narcoleptique ? / c’est sous quel récif, qu’on devient dépressif ? / boit-on du rosé, quand on est névrosé ? / ça a combien de couches, un français de souche ? / combien de ratures en littérature ? / c’est sous quelle emprise, que tu lâchais prise ? / comment tu manies ta mythomanie ? / ça a combien d’ailes, une ribambelle ? / et ça a combien d’œil, un écureuil ? / est-ce que les rapaces ont des carapaces ? / est-ce que les présidents ont tous des longues dents / il faut combien d’hommes, pour faire un symptôme ? / et combien de volts, pour qu’on se révolte ? / que devient la ouate, quand on met les watts ? / est-ce qu’on a bien rit des mutineries ? / pourquoi tant de zèle, chez les demoiselles ? / et de noms d’oiseaux, chez les damoiseaux ? / il a trop de listes, pour les socialistes . / et il y a trop de kystes, de l’avis des trotskystes . / on est pas adroit, quand on est à droite . / et on n’est pas manche, quand on est à gauche . / est-ce qu’on y était, dans la société ? / comment tu vois le ciel, quand tout est démentiel ? / ça a combien de tics, un psychotique ? / et ça a combien de pattes, un sociopathe ? / y’a combien de sphères dans un contre-transfert ? / combien de versions de la perversion ? / est-ce que ça se coke, un staphylocoque ? / est-ce que Astérix a des idées fixes ? / est-ce que Hölderlin était borderline ? / est-ce que ça se freine, un schizophrène ? / pourquoi ça se perd autant, les repères ? / est-ce que ça s’opère, un coopérant ? / est-ce que ça dialogue, un radiologue ? / est-ce qu’on y sera, quand ça fissurera ? / il n’y a pas de terre dans les ministères . / peuplerons-nous les îles, ou les asiles ? / elles ne sont pas niaises, les bolognaises . / il n’y a pas de voix off, chez les philosophes . / il n’y a pas de barbe, autour des rhubarbes . / ça n’a pas de prix, un trait d’esprit . / ça n’a pas de nez, la fausse monnaie . / combien faut-il d’anneaux, pour être parano ? / ça a combien de pattes, un patibulaire ? / et ça a combien de tics, un romantique ? - / - y'a   combien de pattes, chez ceux qui nous épatent ? / et y'a combien de tics, dans nos cœurs en plastique ?


Dimanche 8 juin 2008

 

Ouaouh !!! J’ai relu le texte que j’ai « commis » l’autre soir d’ivresse, et j’ai bien voulu l’effacer, mais ma pote amie copine Marianne M. m’en a dissuadé. Je crois que j’étais un peu énervé, et même si c’est à peu près exactement ce que je voulais dire, il y a des moyens plus élégants de le faire. M’enfin ! Je demande encore ce qui peut se passer de si grave en France pour que les rues de ma ville soient à ce point quadrillées de forces de l’ordre en tous genres. Depuis 15 jours j’ai dénombré au moins 10 cars différents de CRS, des voitures de police nationale, de municipale, de gendarmerie, de douanes, des officiers à pieds, en civils, qui sillonnent les chemins jour et nuit. Aucune presse locale n’en parle, et j’aimerai savoir comment ça se passe ailleurs ? Je regarde peu la TV mais j’ai vu hier, dans le journal du soir, un spot de quelques secondes qui semblait dire que les CRS ont chargé la foule à Quimper - foule qui manifestait, pour ce que j’ai pu en comprendre (en si peu de temps - et en fin de journal) pour sauver son hôpital public. Ici, tous les pharmaciens mettent en garde contre la privatisation de la santé, en affichant des slogans assez clairs sur leurs vitres, comme « tombez malades aujourd’hui, demain il sera trop tard ». Autre sujet, de presse écrite cette fois, j’ai lu ces dernières semaines, y compris dans l’hebdo Marianne (que j’apprécie d’ailleurs) plusieurs attaques dirigées contre le NPA (nouveau parti anticapitaliste) initié par la LCR. Moi, qui ne suis encarté nulle part, et plusieurs de mes collègues, avons pourtant été invités à des débats et des forums d’information, où nous n’avons absolument pas ressenti le sectarisme ni la volonté de récupération, dont les journalistes semblent accuser la LCR. Les débats ont été riches, didactiques, et notre parole a été écoutée, sinon entendue. De mon côté, il me paraît possible de créer quelque chose de nouveau, avec le NPA, qui dépasse les clivages idéologiques de chacun. Et c’est peut-être urgent. Quand à la mobilisation des travailleurs sociaux en formation de l’IRTS de Perpignan, elle s’est essoufflée face à la contrainte de travail institutionnelle à laquelle nous devons répondre dans le temps imparti (plus personne ne dort, en tous cas pas moi, pour rendre la somme astronomique d’écrits qu’on nous impose de pondre à propos de tout et de rien). Pour ceux qui s’y intéressent, et vu qu’aucune avancée notable n’est en vue dans ce domaine (le directeur de cabinet de Xavier Bertrand nous a encore pris pour des Bisounours), je vais momentanément effacer les liens amis pour ne garder que celui de Perpignan, où ils sont de toute façon répertoriés. La mobilisation reprendra sans doute en septembre, quand une classe entière de collègues devra signer ses conventions de stage, et lorsque, évidemment, faute de sous et d’intérêt porté par nos décisionnaires, cela leur sera refusé. Je les remplacerai, dés que je peux, par des liens de potes (plus artistiques). Pour continuer sur le même sujet que les textes précédents, mais de façon plus légère, voici « le vent en pop » :

elles ont le vent en poupe

mauvaises gens

elles aiment Betty Boop

et Tarzan

 

elles regardent à la loupe

notre temps

elles ont les yeux soucoupes

détergents

 

elles ont le vent en pop

mauvaises gens

elles aiment le trip hop

et Rahan

 

elles se taillent des coupes

de mutants

elles se méfient des scoops

qu’on leur vend

 

elles mènent large au cap

des vivants

quand elles se sentent cap’

sans argent

 

elles se fument en clopes

émouvants

gracieuses escalopes

s'enivrant

 

elles ont le vent en poupe

chaud devant

elles aiment Betty Boop

et Jean Valjean

 

C’est certes un peu naïf, mais ça me plait. Au fait, je vois que vous êtes nombreux à visiter le blogue, pensez à laisser des comments, qu’on puisse partager quelques bouts d’idées, merci. Filou. Ps : à Ténébrum Draco, je reprendrais contact cet été, à plus, continue le combat.


Samedi 24 mai 2008

 Bref, j'suis un peu mal, et j'suis surtout très bourré ce soir. Je suis dégoûté parce ce qu'on a tout fait pour être médiatisés depuis deux mois, et que malgrè qu'on était plus de 3000 à Paname de départements unis et différents, des Pyrénées jusqu'à la Sorbonne (ces cons de CRS nous ont gazés, comme il faut, en réponse à des gens, pas racaille ni  travailleurs sociaux en formation, que personne d'entre-nous ne connaît ni d'Eve ni d'Adam - ce qui est inconcevable quand on vient d'écoles où s'qu'on se connaît personnellement tous - qui les ont, soit-disant, "agressé" - ce qui a leur a donné raison de répondre violemment aux pacifistes patentés que nous représentons) aucun média ou presque, n'a voulu parler de nous, ni de notre problème de formation, bientôt lettres mortes, du moins très bientôt caduques : système à la con. C'est un peu comme si les journaleux oubliaient qu'il y a de l'information en France à exprimer aux citoyens. Fascisme? Propagande? Sarkosisma? Beaucoup de questions que je ne me pose plus. C'est mort. Enfin, pour redevenir ou rester humains, si vous avez des airs à partager avec moi, je vous offre ces modestes paroles. Pensez simplement à m'envoyer les morceaux, si vous en faites avec, qu'on s'amuse un peu... S'il vous plaît... merci... D'avance et en retard. Simples révoltes!!! Grands pas sur la Lune!!! Merci encore et encore et encore et encore, de les partager avec moi. On est copains ou quoi ? Du texte d'avant voici la suite, que Julien.M. a commencé de balancer en musique. Envoyez -  si vous voulez - vos courriels, vos commentaires - pour écouter l'originale - ou please, encore mieux composez...

- entendez-vous, c'est arrivé / ce coup là nous sommes énervés

ils ont renvoyé les immigrés / ils emprisonnent le progrès

- entendez-vous quand ils mugissent / soldats et féroces CRS

quand ils s'en prennent aux filles, aux fils / à nos anciens - à nos promesses

- allons enfants de la fratrie / à la santé de nos victoires

à la mémoire d'un jour de gloire / allons enfants de la partie

- alors voyons, cet étendard / qui fut sanglant, qui fut un dard

pourquoi maintenant nous sépare / pour une poignée de dollars

- alors voyons, cet étendard / qui fut bleu-blanc-rouge d'espoir

peut-on le rendre un peu plus noir / contre-nous racisme et remparts

- réveille-toi, rebelle-toi Paris / rebellons-nous îles et villes

soyons les indiens, les kabyles / de notre faim soyons le cri

- réveille-toi, rebelle-toi Paris / soyons nos musiques et nos contes

soyons nos liens et nos rencontres / soyons la terre, soyons nos maîtres

N'ayez pas peur, exprimez votre symptôme, dites, compilons, changeons le monde, laissez des commentaires.. D'avance merci. A tantôt. Filou.


Dimanche 11 mai 2008

Coup de gueule !!!

Voilà, encore des jours à ne plus trouver le temps de m'occuper de moi ni de mes proches. Pas plus du blogue d'ailleurs. Retour sur la situation qui me préoccupe : depuis deux lunes, rien n'a véritablement changé. Le gouvernement renvoie la balle aux conseils généraux, les conseils généraux renvoient la balle au gouvernement : l'impasse. Les futurs travailleurs sociaux sont au centre du dilemme, même pas en position d'arbitres. Leurs stages s'évaporent comme neige au soleil, faute de financements, quand on ne leur signifie pas simplement qu'étant gratifiés (par quelques associations "compatissantes") ils interviennent en remplacement de professionnels (des galériens à 398,13 euros le mois, légalement - c'est-y pas bon ça?). Qui ne voit pas le recul de notre société, le retour à l'exploitation éhontée (dire "libérale") des femmes, des hommes et des richesses, qu'on nous impose à tous, branche de travail par branche de travail (accords d'entreprises, éducation nationale, éducation spécialisée, aide sociale à l'enfance, hôpitaux, justice, prisons, retraites, j'en passe et des meilleures...) en catimini, avec des sourires mieileux, des "vous en faites pas, c'est un peu raide à avaler mais ça va passer, comme d'habitude, par derrière..." ? C'est la MERDE !!! Excusez du peu. Ce n'est pas la vision que j'ai de mon avenir ni de celui des usagers (quand on ne se trouve pas dans l'obligation, depuis la loi de prévention de la délinquance, de dénoncer les familles à la "Stasi Sarkoziste" - ce que certains refusent, se mettant justement hors la loi, passibles de peines, d'amendes, et de ne plus pouvoir exercer leur métier). C'est GRAVE. Je ne peux pas personnellement cautionner les dérives d'un état dont les élus ne représentent que leurs comptes en banque. L'idéologie de ces gens est dangereuse. Je n'appelle plus ces façons de faire des "errements de nouveaux riches" venus au pouvoir, mais bel et bien du  FASCISME !!! Bref, je laisse les liens des collectifs jusqu'à la fin de la mobilisation et je me rends à Paris, direction La Sorbonne, le 13 Mai, manifester avec les collègues de toute la France qui sont pas contents, mais alors pas du tout. Pour lecture, je publie un poème qui me vient du coeur, que Marianne M. a déjà mis en musique (je vous envoie le mp3 sur votre courriel, si vous laissez un commentaire). Merci à celles et à ceux qui suivent de près ou de loin nos aventures, merci à celles et à ceux qui nous soutiennent, en riant un peu svp (ce qui, j'en conviens, n'est pas mon fort en ce moment). Pour préserver cette façon un peu  "passéiste" et solidaire de vivre ensemble, que nous sommes, je crois, nombreux à vouloir partager. N'en déplaise à nos élus, que je ne salue plus, mais alors décidément plus.

Abreuvant nos sillons

Nos bourgs et nos campagnes

l'Alsace et la Bretagne

Lille et le Roussillon

Paris, d'Est en Ouest

Nos fils et nos compagnes

Toutes les gens modestes

A vos pavés, Mariannes !

A bientôt, à Paris, en Province, pour dire que Non, mesdames et messieurs les politiques, vous ne pouvez pas tout le temps faire ce qu'il vous plaît de nous, en vous sucrant perpétuellement sur notre dos. Comme disait l'autre "il faut chercher l'argent où il se trouve, chez les pauvres : d'accord ils n'en n'ont pas beaucoup chacun, mais ils sont très nombreux" A plus.

PS : à voir et écouter absolument Desert Rebel, les rockers oubliés du désert. Une histoire de résistance portée par des musiciens réunissant Tryo, Mano Negra, Gnawa Diffusion et rebelles touaregs. Trop de la balle...


Mercredi 19 mars 2008

 

je voulais parler d’un sujet un peu léger

écrire un conte, sans acompte, sans projet

chanter je sais pas, le mystère

la liberté, la bagatelle

je ne voulais pas parler d’elle ni me taire

 

je ne voulais pas parler d’elle, mais je l’ai fait

parce que la belle était rebelle, voire décoiffée

parce que son cœur était en pleur

parce que mon cœur était plusieurs

et qu’à plusieurs on est toujours un peu meilleur

 

ne voyez dans cette sentence aucune ruse

aucune prouesse de langue, aucune harangue

pas de mélancolie diffuse

pas même un bateau saoul qui tangue

un alexandrin ça vaut bien dix mots d’excuses

 

je voulais parler d’un sujet un peu léger

sans strapontin, faire un refrain, sans préjuger

mais à vrai dire, le pot au rose

à découvrir le fond des choses

je ne voulais pas parler d’elle mais j’en cause

 

pardonnez-moi, mais quand ma mie me magnétise

quand elle joue, avec ses moues, qui m’hypnotisent

quand elle maudit ma raison d’être

quand je dois fuir par la fenêtre

en essayant de m’agripper à ma valise

 

je voudrai lui parler de moi, tout bonnement

sans m’évader, sans la braquer, sans boniment

de mon avenir avec elle

faire une jolie ritournelle

mais elle m’emmêle avec ses maux qui m’ensorcellent

 

alors désolé si mes mains sont implorantes

si vous trouvez ma prosodie un peu navrante

consentez-moi de la dédier à mon amante

permettez-moi de l’offrir à ma ravissante

les mots d’amour ne charment que ceux qui les chantent

 

ne voyez dans cette sentence aucune ruse

aucune prouesse de langue, aucune harangue

pas de mélancolie diffuse

pas même un bateau saoul qui tangue

un alexandrin ça vaut bien dix mots d’excuses


Mardi 4 mars 2008

 

si tu as la connerie

si tu ris quand tu t’endors

bois de la soupe au curry

de la sauce au roquefort

si, idiot, tu restes, encore

(malgré ce régime là)

mets du piment très, très, fort

dans tes crêpes au chocolat

et si tu as la folie

comme un grain de cardamome

mets des fleurs de pissenlit

dans ton yaourt à la pomme

si tu as le rire au bord

des lèvres, et la cochonnerie

fais des folies de ton corps

mets du jambon dans ton lit

mets du vivre dans ta vie

si tu as le métissage

si tu as un peu l’envie

c’est aujourd’hui mon message


Samedi 1 mars 2008

 

non, maintenant, rien d’impossible

même l’amour qui nous sembla

à tous, un jour, inaccessible,

rien d’impossible dans tes bras

 

mon pauvre cœur qui, malmené

par tant de revers, et meurtri,

jurait de ne jamais t’aimer,

en sacrilège s’est épris

 

me voici pendu à tes lèvres

-ta douce, blanche, tendre peau

agite en moi, comme la fièvre

-et n’espérant plus le repos

 

me voici tendu comme un lièvre

l’oreille à l’affût d’un écho

au moindre sursaut de tes lèvres

me voici pendu à tes mots

 

non, maintenant, rien d’important

que ta voix douce et tes yeux clairs

assurément, rien que le vent

contre les frimas de ta chair


Jeudi 28 février 2008

 

quand le génie s’empare

léger comme l’air

de la guitare

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin

 

quand le tempo s’enivre

la passion délivre

la fièvre de vivre

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin

 

quand le pianiste joue

des purs bijoux

la corde au cou

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin

 

quand la voix se déchaîne

les larmes dégainent

le diable sur scène

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin

 

quand le charme ensorcelle

vos sexes rebelles

déesses cruelles

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin

 

quand s’impactent les âmes

flambent les gammes

sur le macadam

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin

 

quand distorsion sublime

de ruse et de crime

le son s’envenime

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin

 

et quand les revolvers

font leur affaire

dans le désert

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin


Dimanche 10 février 2008

 

t’as fait ton choix, allez, j’m’en vais

allez j’me gliss’ j’me cass’ j’me tais

hors de ta vue, je trace, je fraie

 

t’as fait ton choix, c’plus fort que toi

plus fort que tout mon cinéma

plus fort que nous, plus fort que moi

 

t’as fait ton choix, j’regrette rien

sauf tes grands yeux, ton nez, tes seins

sauf ton respect, j’me sens pas bien

 

t’as fait ton choix, t’as réfléchi

j’suis trop naïf, j’suis trop gentil

trop pas compris

 

t’as fait ton choix, t’as p’t’êt’ raison

j’ai pas la trempe d’un vrai héros

j’fais ma valise comme un cabot

 

pour tout dire, j’suis presqu’un peu d’acc’

presque pressé qu’on soit demain

presque gêné d’être encore là

 

entre ciel clair et mer opaque

moitié cahan - moitié Caïn

mi figue mi raisin de toi

 

t’as fait ton choix, allez, j’comprends

prends ton envol et librement

pars camper dans les draps du vent

 

t’as fait ton choix, allez, salut

salut ma colle, ma farfelue

salut à toi ma « détenue »

 

t’as fait ton choix - j’suis pas jaloux

j’suis plus menteur, plus rien du tout

j’suis plus d’humeur à être un loup

 

t’as fait ton choix, tranché dans l’vif

tu t’es même fait’ couper les tifs

tu sors de toi, tu sors tes griffes

 

t’as fait ton choix, tiré un trait

t’as fait une croix sur mon portrait

tu t’es jurée, promis-craché

 

t’as fait ton choix, bah, tu bouges pas !

tu restes assise, ainsi, sans voix

qu’est ce que tu vois ?

 

t’as fait ton choix, qu’est c’qui va pas ?

pourquoi tu pleures ? j’te manque déjà ?

tu restes là… t’as peur de quoi ?

 

t’as fait ton choix, t’es folle ou quoi ?

c’est moi qui t’mets dans cet état ?

… j’suis pas comm’ ça !

 

dis donc ? t’en f’rais pas un peu trop ?

t’as peur que j’reste pour l’apéro ?

t’as p’t’êt’ encor’ des sensations ?

 

t’as fait ton choix, sois pas idiote 

‘fais-en pas tant  – ça va passer

te force pas à m’embrasser

 

 

‘fais pas semblant d’me remplacer

oublie-moi vite, en quelque sorte

y’a pas d’amour sans pots cassés


Mardi 29 janvier 2008

 

 OK mea culpa. Je suis en formation d'éduc spé, et c'est du boulot à plus finir. Je n'ai donc absolument, mais absolument, pas le temps de correspondre. La super bonne nouvelle, c'est que je suis tonton d'une nouvelle née, Maëlle (avec un grand M et un grAnd ELLE) qui a très bientôt un mois, et à qui je souhaite tout ce qu'un tonton attentif peut souhaiter, et apporter. J'ai beaucoup lu le blog de mouette, que j'adore (elle a une conception de la vie et de son ressenti qui, comme on dit "me parle") et que je conseille : S'ti ça fait du bien de lire ce genre de vérités. J'ai bien reçu l'invitation à me rendre sur kaléidoscope, mais le site est compliqué et j'aurai besoin de l'aide de quelqu'un qui sait comment s'y prendre pour communiquer avec (je suis vraiment nul en multimédia, laissez-moi un commentaire, s'il vous plaît, pour m'expliquer). Bref, le temps me manque, car je suis évalué après demain (beaucoup de stress), donc je vous donne à lire un texte un peu ancien, mais que j'aime bien...

les fabuleuses aventures de rideau et verveine

si j’étais Rimbaud, j’aurai des mâts vermeils, tatoués sur la peau

tels des blancs rideaux, des lambeaux du ciel, en boucles d’oreilles

maniant la querelle, très peu le stylo, je rêverai haut

si j’étais Rimbaud, devenu cruel, haïssant pareil

j’irai en enfer, jouer ma légende, et dans les déserts

au toucher, au flair, aux moindres esclandres - je resterai de marbre

dans les corps, chairs macabres, sables tendres - je planterai mon sabre

sans tenir un vers, je saisirai l’ombre, découvrirai l’ambre

je saluerai l’eau, sourcier d’oasis, prince des aurores

je serai plus beau, que soleil qui hisse, son zénith maure

au glorieux drapeau, si j’étais Rimbaud, méprisant mes chaînes

 

si j’étais Verlaine, chantre de bohême, musicien des mots

 

si j’étais Verlaine, où mes pieds me mènent, j’irai en traîneau

j’aurai de la peine, un cœur fou qui saigne, et ma coupe pleine

d’insolubles gênes, verserait sa vigne, en bas ma bedaine

ainsi chaque scène, verrai dans mes lignes, l’agonie d’un chêne

amoureux d’un cygne, résolument digne, mauvais comme la teigne

je rirai du destin, moquerai les catins, de cet humour malsain

de petit butin, mon regard lointain, plein de vilains desseins plutôt vains

au rocher bourreau, j’aurai mon supplice, dévalant la mort

je serai Sisyphe, toujours à zéro, mes tripes dehors

je peindrai ma colère sur des tourteaux de cendres

Ah ! J’insulterai la Terre qui ne veut rien comprendre

 

si j’étais Verlaine j’aurai de la flemme

si j’étais Rimbaud j’aurai de l’écho

si j’étais Verlaine j’en prendrai d’la graine

si j’étais Rimbaud j’aurai du boulot

 

Je ne promets pas de revenir bientôt à l'écriture de ce blog, qui me tient quand même à cœur, alors à tantôt.


Dimanche 9 décembre 2007

Exercice de conciliation entre un grand sentiment et un vent phénoménal :

l'amour est grand quand il essaime autant de fragments de lui même

que peuvent en disperser les vents par delà les sables mouvants

par delà les immenses crêtes et vers les nouvelles planètes

où convolent les goélands sous leur manteau de givre blanc

l'amour est grand quand il essaime autant de fragments de lui-même

que peuvent en disperser les vents sur la planète en se levant...


Mardi 23 janvier 2007

Traduction du refrain en kabyle de la chanson précédente (j'ai découvert un pays)

 - waalache ya bladi khelitek ya wayli / layli ya layli ouladek harbou menek

" pourquoi mon pays, je t'ai quitté ainsi / o sombre nuit, tes enfants t'ont fui "

 - layli ya layli waalache ya bladi / layli ya layli ouladek harbou menek / waalache ya bladi khelitek ya wayli

" o sombre nuit, pourquoi mon pays /  o sombre nuit, tes enfants t'ont fui / pourquoi mon pays, je t'ai quitté ainsi "

S'il vous plaît, laissez-moi un commentaire ou deux, qu'on puisse en discuter ensemble... Merci mille fois.


Lundi 22 janvier 2007

Voilà un bon mois de boulot de fait... ouf ! Entre le conseil grandeur nature d'un rayon vin pendant les fêtes, la rédaction des dossiers d'inscription aux différents concours des écoles d'éduc (que j'espère réussir, d'ailleurs!), la réécriture totale des chansons de Samyr (qui a rencontré un orchestre désirant l'accompagner sur scène), et la fête avec la famille et les potes, je peux dire que je n'ai pas chômé.

Cette chanson-ci est de moi, sauf le refrain en kabyle.

(au fait, je n'ai toujours pas trouvé le moyen d'avoir une calligraphie correcte, si quelqu'un pouvait me renseigner, car je n'ai pas vraiment le temps de m'en occuper, ce serait sympa. Merci d'avance.)

((la musique étant enregistrée, artisanalement bien sûr, si quelqu'un veut l'écouter, il lui suffit de laisser un commentaire, avec son courriel, et je la lui enverrai en courrier joint, au format mp3))

repeindre mon visage

- j'ai découvert un pays /en traversant les marais /je me dirigeais vers lui

j'ai accosté dans la nuit /d'un nuage j'amarrais

- c'est une contrée inouïe / tout le mal qui me blessait / dans le sable s'est enfoui

je me suis évanoui / quand le ciel se déchaussait

- dans mon pays c'est la nuit / j'y ai éteint les lumières / pour ne pas gêner autrui

j’ai recueilli l’eau de pluie / dans le souffle de la mer

- waalache ya bladi khelitek ya wayli / layli ya layli ouladek harbou menek

- quand la lune a resplendi / vaste comme épanouie / rousse comme un incendie

sous douze coups de minuit / fleur ouverte dans le noir

- j’ai recommencé à voir / en déposant le mépris / en décrétant l’amnistie /

l’impensable s’est produit / je revenais à la vie

- dans mon pays c’est ainsi / l’insouciance est consumée / les démons sont mes amis

le sommeil est interdit / le soleil ne luit jamais

- waalache ya bladi khelitek ya wayli / layli ya layli ouladek harbou menek

- sont oubliés désormais / l’orgueil et la frénésie / les errances et la folie

et les larmes et les cris / comme moi sont désarmés

- et l’immense poésie / naufragée parmi les morts / comme une terre Adélie

que ne dérange aucun bruit / me délivre son trésor

- il me faudra du courage / pour apaiser la magie / pour apprivoiser l’orage

il me faudra de la rage / pour stopper l'hémorragie

je voudrai tourner la page / et repeindre mon visage / avec des pinceaux d'amour

aux jolies couleurs sauvages / aux jolies couleurs du jour

- layli ya layli waalache ya bladi

layli ya layli ouladek harbou menek

waalache ya bladi khelitek ya wayli

Traduction du refrain à venir...

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