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ma terre a deux lunes

Publié le mardi 17 mars 2009


Mardi 17 mars 2009

 

Les jeunes allemands(es) sont trop de la balle.

 

Fi ! Les clichés des buveurs de bière en litres et demi, les supporters de foot racistes (comme à peu près partout) les collectionneurs de Mercedes et de BMW, les papes limite fachos (ça, c’est pourtant une réalité - cf. cette pauvre fille brésilienne de 9 ans, violée, dont la famille et les médecins sont excommuniés, avec l’approbation divine de l’église catholique romaine) … Accueillants, les allemands, ils sont :

 

Stuttgart.

 

Jour de pluie, plus un sou en poche. Un type rond comme le père noël veut nous vendre un fanzine local. Il est ventripotent autant que nous sommes maigres. On baragouine de lui expliquer qu’on a plus un lové, qu’on a dormi dans le froid et dans la rue… Dés qu’il nous comprend (à cette époque, on parle mal l’allemand) le gars sort 50 marks de son portefeuille (belle somme) et nous les donne !!!  Sans contrepartie aucune. Je crois saisir qu’il nous répond que, lui aussi, il a été jeune. Et qu’il nous souhaite la meilleure chance du monde pour la suite de notre périple.

 

On fait quelques courses et on se remet au sec. Un autre mec passe devant nous et nous demande « ein cigarette bitte ». Je lui file, il nous regarde : « vous êtes français ? » - « ouais » - « mois aussi, vous savez où pioncer ? » - « ben, pas trop » - « je vous emmène au squatt »…

 

3ième étage, un home d’une vingtaine de piaule avec un salon grand comme un hall de gare.

 

Ici logent des kepons, des immigrés, des instits, un gars et sa gonzesse qui vivent à poil toute la journée… L’accueil est chaleureux et inconditionnel : nous faisons des bouffes, participons au ménage, montons fumer sur le toit, buvons des coups et dormons au propre. Le proprio de cet immeuble, pas con - plutôt que d’envoyer la milice ou d’arroser une bande de skins pour virer les indésirables - leur a offert de réhabiliter l’édifice à leur rythme, en les payant, et en leur proposant de garder le dernier étage pour eux (ça, on verra pas de sitôt en France…). Nous restons une semaine et faisons l’amour.

 

Köln.

 

Quelques années plus tard. Nous somme trois : copine, un pote de ma ville et wam, un peu paumés. Nous avons passé la nuit dans un champ d’asperges humides, et nous avons fait la route en stop. Notre mission: joindre Maastricht et prendre du bon temps. A la dèche, nous rencontrons un jeune. On sympathise, on boit des coups, on rigole et on fume. Il nous remet d’aplomb (la langue n’est jamais un obstacle). Nous le saluons. Le lendemain, pétant la forme, nous réalisons notre objectif (on s’écrira après).

 

Aachen -  Aix la Chapelle -Aken (trois frontières : Deutschland, Belgique et Nederland - trois prononciations).

 

Chronologiquement entre Stuttgart et Köln, en passant par Freiburg (où nous avions rencontré un  objecteur de conscience antinazi-supercool). Nous avons 20 ans. En Allemagne existe le ticket « wochenende » (« week-end » comme son nom l’indique) qui permet à cinq personnes, pour une somme modique, de voyager sur toutes les lignes ferroviaires régionales, du vendredi minuit au dimanche même heure. Nous avons décidé de rallier la Hollande avec nos vélos (les trains allemands permettent de les embarquer) manière de faire la fête comme il faut.

 

En route, nous croisons celle d’un clochard magnifique, guitariste et chanteur, polyglotte, qui nous invite à passer, avec lui, la nuit dans cette incroyable cité où s'expose le buste de Charlemagne. On accepte. Direction place de la cathédrale. Je ne me rappelle plus quel mois nous sommes, mais il fait plutôt bon.

 

Tous - TOUS les jeunes vivants de la ville sont là, c’est ce qu’on nous dit et, au vu de la foule présente, nous y croyons : fêtant, partageant des bières consignés, des clopes (souvent roulées). Nous rencontrons Sab et sa bande de chums - qui nous hébergerons les quelques années suivantes, lorsque nous y retournerons, comme en pèlerinage.

 

Nous dormons chez elle, visitons la région, goûtons au bonheur des petits déjeuners nordiques : fruits, pain noir, fromage, céréales, charcuteries, etc…  Ces amis le sont resté au point que nous n’y reviendrons plus dans le seul but de jouer nos touristes français au pays des libertés, mais bel et bien pour les rencontrer et partager de purs moments avec eux.

 

Malheureusement, un bref séjour dans notre « ville à nous » Mulhouse, les a depuis extrêmement déçus : la mentalité, l’ambiance et certaines gens mal fréquentables qui leur sont tombés dessus - on parle d’hospitalité française… Puis nos vies ont pris des chemins différents et on ne s’est plus revus (c’est grandement dommage).

 

Perpignan.

 

La semaine dernière, une jeune allemande est venue profiter d’une semaine de vacances dans la cité ensoleillée. J’ai retrouvé chez elle cette simplicité d’être, de parler, d’aller vers l’autre, qui me fait toujours autant vibrer de reconnaitre chez quelqu’un. Bon retour à Munchen, et à bientôt.

 

Tout ça pour dire (note aux copains que j’entends baver) en quelques mots : que voyager en Allemagne c’est véritablement le pied, que très loin de nos clichés habituels, les jeunes y sont vraiment-vraiment forts, que j’y ai appris une langue et une culture emprunte de poésie, de profondeur et d’amitié, que « vive ARTE » et que cetera !

 

Au fait, le 19 mars 2009 : manifestation nationale interprofessionnelle, j’espère reconductible (la Guadeloupe et la Martinique y sont arrivés, la Réunion s’y penche… Alors pourquoi pas nous ?) SOYONS Là !!!

 

Pressé par le temps (et par, je crois, une radiosensibilité croissante qui m’empêche de penser à autre chose qu’aux brûlures qui, jour après jour, envahissent mon corps - à moins qu’il ne s’agisse d’une phobie, comme le prétendent l’OMS, les ministres de nos santés publiques et les opérateurs mobile, 3G, WIFI… qui nous remplissent chaque jour un peu plus notre atmosphère de rayonnements micro ondes forcément inoffensifs - ou une réaction au stress travaillé par l'IRTS - ou un virus galactique ?) ceci n’est qu’un court résumé d’une intense période « d’errance » et de voyages, que j’aurai un jour prochain, à cœur de partager avec vous.

 

+++ filou

Un blogue Littérature/Poésie par Mon Blogue.com

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