On était vingt cinq mille, jeudi à Perpignan, pas très bruyants mais nombreux (comme une colère sourde) deux millions cinq dans toute la France, onze mille en Guadeloupe. Certes les revendications divergeaient, mais elles se rencontraient quand même en un point : salariés, chercheurs, étudiants, usagers, tous n’en peuvent plus de la politique dirigée par ce président qui n’écoute que lui.
Je suis content de ne pas avoir la télé.
Au fait, je n’ai plus de ligne internet chez moi, et je m’ennuie de ne plus vous écrire souvent. Je débute mon stage long lundi à sept heures (à sept heure vingt / à cette heure vaine / mange mon pain / mange ma peine) en protection de l’enfance. Ce mois d’IRTS m’a de nouveau crevé, j’espère que je retrouverai vite un semblant de forme. En attendant, j’ai commencé à trier mes liens z’amis, dans le but de refaire leur mise en page et d’en ajouter, mais c’est fastidieux et ça prendra du temps…(le tiers du boulot est fait)
Tiens, je crois que c’est le truc le plus triste que j’ai écrit depuis des lunes : je suis incapable de juger si c’est bon mais je l’avais sur le cœur - à vous de dire…
Le secret
le soir est pas sûr
le soleil est trop fort
j’range la voiture
auprès d’un arbre mort
un tas de factures
sur le tableau de bord
je les rature
d’un trait qui vaut de l’or
j’ouvre la porte
pour aérer un peu
les mouches sortent
dans l’odeur de mes pneus
comme une alarme
je fonds en larmes
comme une alerte
brûle tes lettres
pourquoi la vie
n’a plus goût d’interdit ?
pourquoi ma vie
goûte l’ennui ?
tombe la nuit
je rentre à la maison
tombe la pluie
la ligne d’horizon
j’ouvre la porte
les années mortes
l’heure des aveux
le pot au feu
tu as compris
mais tu ne m’as rien dit
tu as prédit
la fin de nos envies
tu m’as dessoulé
tu m’as consolé
je t’ai oubliée
je t’ai oubliée
pourquoi la vie
n’a plus goût d’interdit ?
pourquoi ma vie
goûte l’ennui ?
pourquoi l’usine
a renvoyé ses hommes ?
pourquoi Martine
as-tu viré ton homme ?
est-tu tombée
dans mes bras par dépit ?
est-tu tombée
comme la pluie
pourquoi la vie
n’a plus goût d’interdit ?
pourquoi ma vie
goûte l’ennui ?
minuit résonne
je vais sur le balcon
les cloches sonnent
j’ai fait le con
les gosses ont grandi
ils sont partis
c’est la folie
qui m’a conduit
pourquoi la vie
n’a plus goût d’interdit ?
pourquoi ma vie
goûte l’ennui ?
pourquoi la mort
qui me traine dehors
se joue de mon sort ?
ne frappe pas mon corps ?
vient le matin
je n’ai pas dormi
comme le train
la vie fait du bruit
je prend les factures
je prends la voiture
je m’en vais c’est sûr
jusqu’à ce soir
viendra midi
et son soleil maudit
viendront sept heures
fermer mon cœur
le ciel plombera
le soleil patatras
je brûlerai mon or
comme un trait du sort
et je rentrerai
et je te dirais
je t’aime encore
je t’aime encore
à +++filou

