je voulais parler d’un sujet un peu léger
écrire un conte, sans acompte, sans projet
chanter je sais pas, le mystère
la liberté, la bagatelle
je ne voulais pas parler d’elle ni me taire
je ne voulais pas parler d’elle, mais je l’ai fait
parce que la belle était rebelle, voire décoiffée
parce que son cœur était en pleur
parce que mon cœur était plusieurs
et qu’à plusieurs on est toujours un peu meilleur
ne voyez dans cette sentence aucune ruse
aucune prouesse de langue, aucune harangue
pas de mélancolie diffuse
pas même un bateau saoul qui tangue
un alexandrin ça vaut bien dix mots d’excuses
je voulais parler d’un sujet un peu léger
sans strapontin, faire un refrain, sans préjuger
mais à vrai dire, le pot au rose
à découvrir le fond des choses
je ne voulais pas parler d’elle mais j’en cause
pardonnez-moi, mais quand ma mie me magnétise
quand elle joue, avec ses moues, qui m’hypnotisent
quand elle maudit ma raison d’être
quand je dois fuir par la fenêtre
en essayant de m’agripper à ma valise
je voudrai lui parler de moi, tout bonnement
sans m’évader, sans la braquer, sans boniment
de mon avenir avec elle
faire une jolie ritournelle
mais elle m’emmêle avec ses maux qui m’ensorcellent
alors désolé si mes mains sont implorantes
si vous trouvez ma prosodie un peu navrante
consentez-moi de la dédier à mon amante
permettez-moi de l’offrir à ma ravissante
les mots d’amour ne charment que ceux qui les chantent
ne voyez dans cette sentence aucune ruse
aucune prouesse de langue, aucune harangue
pas de mélancolie diffuse
pas même un bateau saoul qui tangue
un alexandrin ça vaut bien dix mots d’excuses

