Tel que vous me lisez, vous devez savoir qu'en général je parle de politique quand un sujet me concerne en tant qu’individu, ou qu'il concerne ma future profession d'éducateur spécialisé. Mais bon, là, y'a sévèrement matière à s'interroger.
Personnellement, en ce moment, je côtoie des étudiants et des étudiantes en formation professionnelle, qui tirent absolument tous - et toutes - la langue, et qui arrivent très difficilement (surtout grâce à une bonne dose de solidarité) à subvenir simplement à leurs besoins primaires, du manger et du loger.
En plus, je bosse auprès de populations pas excessivement riches, voire carrément nécessiteuses, que je regarde s'appauvrir de jour en jour, sans que personne ne puisse rien y faire.
Aux premiers, quand ils réclament un semblant de "gratification" (c'était le sujet des manifestations des travailleurs sociaux en formation de l'an dernier, qui n’ont touché aucun de nos politiciens ni de gauche ni de droite) on répond : "désolé, on n'a plus d'argent, soyez déjà contents qu'on vous prenne en stage - signez une décharge".
Aux seconds, quand ils réclament le peu de solidarité publique qui leur permettrait de nourrir leurs familles, même pas décemment, on répond : "désolé, on n'a plus d'argent, démerdez-vous - faites un projet".
Et voilà pas, qu’après le mémorable bouclier fiscal de 15 MILLIARDS d’euros accordé par notre omniprésident aux classes les moins défavorisés de notre pays, pour ne pas dire les plus aisées, j’entends que l'Europe débloque 300 MILLIARDS d'euros pour combler les trous générés par les plus flambeurs et les plus inconscients d'entre tous: nos banquiers.
Pour mémoire, il s’agit de ces employés endimanchés qu’on n’aime pas trop rencontrer, qui ont quasiment le droit de vie et de mort sur des populations entières, qui ont le monopole de la gestion de notre petit-peu-de-fric, et qui nous martèlent de taxes et d'intérêts exorbitants à propos de nos découverts qui, eux, ne dépassent habituellement pas quelques centaines d'euros.
Et j’apprends aussi que nos supercopains américains tombent de leur manche 700 MILLIARDS de dollars pour rembourser les dettes des plus hautains et des plus irresponsables d'entre tous: leurs banquiers.
Si je compte correctement : 300 milliards plus 700 milliards égalent 1000 MILLIARDS de sous-sous dépensés à pure perte.
Lesdits sous-sous qui, en prime, loin de favoriser le crédit dont pourraient bénéficier « les petites gens » pour s’en sortir, sont réinvestis par ces voleurs à 3% d’intérêt, auprès des banques centrales - dont je me demande bien ce qu’elles ont de central, moi, ces banques ?
Alors, je me pose deux questions :
D'abord, d'où vient ce pognon qui manque partout ailleurs, et dont l’absence revendiquée sert d'excuse au désengagement des états de l’aide qu’ils sont sensés devoir à leurs citoyens ???
Ensuite, est-ce qu’on ne nous prendrait pas un peu pour des ânes ???
Si quelqu'un avait une réponse à m'apporter, elle ne compensera pas mon déficit bancaire chronique, ni mon découvert alimentaire présent, mais elle aura peut-être le mérite de me rassurer ; et de ne pas me conforter dans cette opinion que j’ai parfois de moi, d’être quelqu’un de mauvaise foi, qui ne considère que mon avis.
Merci d’avance, filou.

