J’ai rajouté quelques liens que j'ai à cœur de partager, il suffit de cliquer sur les liens z’amis de "materrea2lunes" un peu à gauche, voilà, comme ça. .. Sinon j’ai scanné en deux fois un dessin que j’avais fait en début d’été, mais je n’arrive pas bien à faire ressortir les couleurs, dommage -et du coup je m'apperçois que monblogue ne les affiche pas (une prochaine fois...) et j’ai extrait de ma malle un vieux truc, que je poste, parce que ça fait du bien de s’envoyer des fleurs quelquefois (non, sérieux, je n’écris plus comme ça, c’était une période où je me relisais beaucoup trop, j’étais jeune). A tantôt, Filou.
légendes
(je dit que des adultes ont perdu la raison
qu’en voulant la bâtir il ont fait leur prison
je dit que leurs dents dures sont comme leur cœurs, usés
à force de creuser, qu’ils font face à un mur
je dit que les enfants dans les glaces infinies
de leur space opéra tutoient les éléments
je dis que carrément, et c’est très important
de traverser les rêves - au fond les interdits…)
je dis que les chanteurs sont comme les enfants
‘faudrait toujours en chœur, qu’on leur donne le La
je dis que les auteurs sont comme les oiseaux
et qu’ils crèvent de peur quand on s’approche trop
et qu’ils crèvent le sens quand on a plus de mot
qu’on a brûlé l’essence et qu’on a plein le dos
je dis qu’ils coagulent où saigne la beauté
que leurs pavots se frottent aux herbes des sentiers
qu’ils défrichent un terrain qu’on a pulvérisé
dans leurs cerveaux : l’amour, aux genoux cabossés
je dis que les poètes habitent la banquise
des ours affamés, des tigres sibériens
des trophées légendaires qu’on nomme avec estime
impressionnants et rares, aussi, qu’on assassine
qu’ils finissent empaillés dans les bibliothèques
ahurissants captifs de cirques littéraires
je dis que leur désir éternel est mortel
et qu’il va embraser l’horizon suffoquant
les livres consacrés, les lèvres des squelettes
les regards occultés à contempler le gel
je dis que leurs visions s’entrechoquant provoquent
la chute imprévisible de corps errants, célestes
et parfois le vertige, et parfois le déluge
sous des bordées de sable et des cordes de sel
je dis que ces enfants sont comme les comètes
qui font tourner la tête aux mathématiciens
je dis qu’ils ont raison de pleurer leur Eden
peuplé de musiciens, de trapèzes et de clowns
’faudrait qu’on applaudisse à leurs tours de magie
et qu’on les remercie pour leurs invocations
‘faudrait que les adultes aient vent de leur folie
que nos passions se hissent, et que nos vies résonnent
(nous resterons enfants et plus rien ni personne
ne saura nous blâmer d’être comme nous sommes)

