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ma terre a deux lunes

Publié le vendredi 17 octobre 2008


Vendredi 17 octobre 2008

 

J’ai rajouté quelques liens que j'ai à cœur de partager, il suffit de cliquer sur les liens z’amis de "materrea2lunes" un peu à gauche, voilà, comme ça. .. Sinon j’ai scanné en deux fois un dessin que j’avais fait en début d’été, mais je n’arrive pas bien à faire ressortir les couleurs, dommage -et du coup je m'apperçois que monblogue ne les affiche pas (une prochaine fois...) et j’ai extrait de ma malle un vieux truc, que je poste, parce que ça fait du bien de s’envoyer des fleurs quelquefois (non, sérieux, je n’écris plus comme ça, c’était une période où je me relisais beaucoup trop, j’étais jeune). A tantôt, Filou.

 

légendes

 

(je dit que des adultes ont perdu la raison

qu’en voulant la bâtir il ont fait leur prison

je dit que leurs dents dures sont comme leur cœurs, usés

à force de creuser, qu’ils font face à un mur

 

je dit que les enfants dans les glaces infinies

de leur space opéra tutoient les éléments

je dis que carrément, et c’est très important

de traverser les rêves - au fond les interdits…)

 

je dis que les chanteurs sont comme les enfants

‘faudrait toujours en chœur, qu’on leur donne le La

 

je dis que les auteurs sont comme les oiseaux

et qu’ils crèvent de peur quand on s’approche trop

et qu’ils crèvent le sens quand on a plus de mot

qu’on a brûlé l’essence et qu’on a plein le dos

 

je dis qu’ils coagulent où saigne la beauté

que leurs pavots se frottent aux herbes des sentiers

qu’ils défrichent un terrain qu’on a pulvérisé

dans leurs cerveaux : l’amour, aux genoux cabossés

 

je dis que les poètes habitent la banquise

des ours affamés, des tigres sibériens

des trophées légendaires qu’on nomme avec estime

impressionnants et rares, aussi, qu’on assassine

 

qu’ils finissent empaillés dans les bibliothèques

ahurissants captifs de cirques littéraires

 

je dis que leur désir éternel est mortel

et qu’il va embraser l’horizon suffoquant

les livres consacrés, les lèvres des squelettes

les regards occultés à contempler le gel

 

je dis que leurs visions s’entrechoquant provoquent

la chute imprévisible de corps errants, célestes

et parfois le vertige, et parfois le déluge

sous des bordées de sable et des cordes de sel

 

je dis que ces enfants sont comme les comètes

qui font tourner la tête aux mathématiciens

je dis qu’ils ont raison de pleurer leur Eden

peuplé de musiciens, de trapèzes et de clowns

 

’faudrait qu’on applaudisse à leurs tours de magie

et qu’on les remercie pour leurs invocations

‘faudrait que les adultes aient vent de leur folie

que nos passions se hissent, et que nos vies résonnent

 

(nous resterons enfants et plus rien ni personne

ne saura nous blâmer d’être comme nous sommes)

 

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