Je me permets de publier, dans sa forme première, le poème que Tenebrum Draco a sympathiquement mis sur son blogue, car finalement, il date un peu, mais je l’aime bien Et il reflète assez mon état d’esprit de l’époque. Si des chums de Saint Jean passent ici par hasard, qu’ils me laissent un message avec un courriel, j’aimerai vous revoir. Mille fois merci. Bonne nuit. Filou.
L'île d'Orléans
Voiles sur le Saint Laurent
Déjà minent de partir
Au soleil d'été mourant
Les érables vont rougir
Dans les herbes les grillons
Qui tantôt vont s'endormir
Aux sons d'humbles carillons
Semblent vouloir retenir
Quelques gouttes d'élixir
Quelques délicieux zéphyrs
Et les rayons qui s'étirent
Et les vagues de frémir
Sous la brise d'automne
Emportées par la houle
Aux flots du fleuve donnent
Comme la chair de poule
Voiles sur le Saint Laurent
Déjà minent de partir
Au soleil d'été mourant
Les érables vont rougir
...
Avec mes yeux plissés qui continuent de voir
Sous le soleil, ce lion, qui domine l'azur
Avec l'esprit géant, brûlé de désespoir
Qui transcrit en pensées songes et larmes pures
Et vos saines joies blondes, et vos doigts de velours
Avec, ma chère, votre amour jusqu'au bout du monde
...
A sept heures, le ciel se penche sur le fleuve
Quand l'eau se laisse aller, dans ses bras sans nuage
Le ciel, dans son reflet respire, ses effluves
Ivres, sensiblement, embrasent le rivage
Le vent, devenu frais, s'étire en effleurant
Les rouges amants doux, bientôt pourpres et oranges
L'astre, qui tout le jour, comme s'évaporant
Parsemait les flots saouls de libellules étranges
Récite maintenant, faiblement, en douceur
En s'évanouissant, quelques vers en couleur
Puis, les cloches brûlantes, criantes, alarmées
Séparent virulentes, leur étreinte brillante
Les romances indolentes et les soupirs charmés
Sonnent les insolentes, la lune concurrente
Le soleil, rugissant, s'incline sous l'éther
Reprend nonchalamment ses rayons, et la terre
Immense, refroidie, dans les ténèbres noires
Tremble d'abandonner son amoureux céleste
Plus tard, la nuit experte en matière de loirs
L'écoutera dormir, sans demander son reste
Un ferry égaré, aux machines bruyantes
Aux cales débordées d'exotiques féeries
Imprimera au fleuve une vague effrayante
Qui n'indiffèrera que les chauves-souris
En haut la lune luit, boule de feu, bougie
Survole éblouie, la côte d'Haïti


