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ma terre a deux lunes


Dimanche 14 juin 2009

Dé-gou-té je suis.

Les élections européennes se sont déroulées comme prévu(es ?).

Comme prévu, le parti socialiste (ça sonne tellement creux - ou faux - pourquoi pas changer l’appellation ?) s’est pris une ramassée. Et c’est bien fait !!! Leurs querelles de M… commencent à vénèr tout le monde.

Comme prévu, la droite à StrarKo (dixit Karl Zéro) a fait ses choux bleu-blanc-rouge d’une gauche morcelée, qui, au total des voix, passe en tête.

N’empêche, le seul parti (j’aime pas ce mot) d’opposition à la droite victoriante (de mon invention) et qui se dit « de gouvernement » (de leur invention) se pose quand même des questions. Et louche vers sa droite, manière de récupérer des votes centristes. Encore une fois, M… !!!

La vraie leçon de ces élections, c’est qu’il y eu plus de 60% d’électeurs abstentionnistes. 60% !!!

Et eux, venant des quartiers populaires, désolé de le re-répéter aux ténors du PS, ils louchent à gauche (ou à l’extrême droite). N’en déplaise aux biens pensants, aujourd’hui, quand on cause politique (gros mot) avec les gens des quartiers, on parle de révolution. A qui d’entendre…

Moi j’ai déchiré ma carte d’électeur avec mes dents (c’est pourtant un droit auquel je tiens depuis que j’ai l’âge de voter - et même avant) je ne voterai plus. Ou alors, il faudra me convaincre avec assez d’arguments et de parler franc (pour ne pas dire vrai) d’aller m’en refaire une.

PS (pas le même) : merci les Verts d’avoir un peu parlé d’Europe, d’écologie, d’économie, de société et de leurs projets.

RePS : enfin, comme prévu, à force de botter en touche, l'union syndicale a perdu les deux tiers des manifestants qu'elle avait rassemblés ces derniers mois.

+++filou


Vendredi 29 mai 2009

 

du Blog de Claude-Marie Vadrot

Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'écologie,de protection de la nature et de société; derniers livres publiés: Guerres et environnement (Delachaux et Niestlé), L'horreur écologique (Delachaux et Niestlé), "La Grande Surveillance" (Le Seuil),une enquête sur tous les fichages (vidéo, internet, cartes bancaires,cartes médicales, telephone, etc). Et enfin "Enquête sur la biodiversité" (ed Scrinéo, coll Carnets de l'info). Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis et à Médiapart.

Là: Au jardin des Plantes il est désormais interdit de penser et de parler: histoire d'un cours interdit

(en date du) MARDI 31 mars

Je suis inquiet, très, très inquiet...

Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l’Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l’Education Nationale, dans une opposition difficile à Valérie Pécresse, j’ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l’origine de la protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j’enseigne depuis 20 ans), dans l’espace du Jardin des Plantes (Muséum National d’Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon, avec ce « cours hors les murs », de faire découvrir ces lieux aux étudiants et d’être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.
Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j’ai eu la surprise de me voir interpeller dés l’entrée franchie par le chef du service de sécurité tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles...
- « Monsieur Vadrot ? ».
- euh...oui
- Je suis chargé de vous signifier que l’accès du Jardin des Plantes vous est interdit
- Pourquoi ?
- Je n’ai pas à vous donner d’explication....
- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette interdiction ?
- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum
- Il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’un cours en plein air, sans la moindre pancarte...
- C’est non....
Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers l’entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une heure et demie, dans la rue, devant l’entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l’histoire du Muséum, l’histoire de la protection de la nature, sur Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus, seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et je décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers, m’interdisent à nouveau l’entrée.

Evidemment, je finis pas me fâcher et exige, sous peine de bousculer les vigiles, la présence du Directeur de la surveillance du Jardin des Plantes. Comme le scandale menace il finit par arriver. D’abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog. Cela commence à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes. D’autres enseignants du département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs et Alain Bué, insistent et menacent d’un scandale.
Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur du Muséum (où je pensais être honorablement connu), commençant sans doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par nous faire une proposition incroyable, du genre de celle que j’ai pu entendre autrefois, comme journaliste, en Union soviétique :
- Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étudiants...
Je promets et évidemment ne tiendrais pas cette promesse, tant le propos est absurde.
J’entre donc avec l’horrible certitude que, d’ordre du directeur et probablement du ministère de l’Education Nationale, je viens de faire l’objet d’une « interdiction politique ». Pour la première fois de mon existence, en France.
Je n’ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point cet incident était extra-ordinaire et révélateur d’un glissement angoissant de notre société. Rétrospectivement, j’ai eu peur, très peur...


Dimanche 24 mai 2009

Salut. J’aimerai bien relater quelques évènements palpitants que je vis en ce moment, mais trop professionnels ou trop privés, il vaut mieux que je les taise.

Cependant, néanmoins, ceci-dit – Samyr, si tu me lis – j’ai assisté l’autre soir au festival Sirocco, à ce que j’appellerai une naissance : celle d'Aman. C’est une première scène et déjà quelque chose de magique s’est produit, quelque chose de sincère entre les musiciens et le public. Aman ira loin – je croise les doigts…

Sinon, en ce moment, c’est l’actualité qui me tanne. Elle me laisse la mauvaise impression que ma société et ses représentants font tout pour m’emprisonner dans mon chez-moi, entre mon micro-onde et ma télé (que je n'ai pas) et que ni wam ni mes congénères n’en sortirons plus jamais autrement que pour pieusement nous rendre à nos boulots déconsidérés et sous payés. Je me trompe ?

Pour faire court, je trouve :

Absurde – Ce prof de philo traîné en justice et passible de cent euros d’amende, pour avoir admonesté des représentants de la force publique, qui s’acquittaient de leur besogne avec le zèle qu’on leur connait depuis le résultat des dernières élections présidentielles, en leur répétant poliment « Sarkozy, je te vois » – tandis que le président en question ne se déplace plus à un meeting sans s’assurer qu’un cordon de sécurité de 10 km entoure sa petite personne et vire les préfets qui ont eu la faiblesse de laisser s’approcher des manifestants mécontents un peu trop près du cortège de ses aficionados, de moins en moins nombreux et de plus en plus agressifs vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas leur vision de l’économie et du monde. Juste absurde. Quoi, traiter quelqu’un de Sarkozy serait devenu une insulte en droit français ? Une dicrimination ? Sarkozy ! Sarkozy ! etc…

Rigoliques – Ces députés grand teint qui croient qu’en apprenant la marseillaise à nos chères têtes blondes et en drapant tous nos lieux publics de chiffons bleu-blanc-rouge, on inculquera aux générations à venir le respect des règles d’une république dans laquelle leur propres parents ne se reconnaissent plus. Qu’ils ne seront plus les victimes des abondons d’un système de moins en moins équitable envers eux et leurs familles, qu’ils n’habiteront plus dans des banlieues bientôt dignes d’en remontrer aux favelas d’Amérique Latine, que leurs adresses et leurs origines ne seront plus des freins, sinon des obstacles insurmontables pour accéder à des cycles d’études valorisants et à des emplois corrects, qu’ils ne seront plus attirés par les sirènes de la délinquance organisée ou de la révolution. Si ça ne me rappelait pas les meilleurs passages des propagandes de la guerre froide, je pourrai trouver ces propositions sinon débiles, du moins rigolotes.

Inquiétant – ces enfants qu'un troupeau d'agents de police a ramassés à la sortie de l’école pour un présumé vol de vélo, comme n’importe quels criminels, et qui n'ont du subir que deux heures de garde à vue dans un sinistre commissariat, pendant que leurs parents n’étaient pas prévenus. Crotte, il y en avait un en maternelle et l’autre en primaire. Il paraît que la procédure a été strictement respectée. Strictement, c’est peut-être le problème. J’entends depuis quelques jours des gens autour de moi dire que c’est normal, qu’il en faut de l’autorité, pour que nos gamins arrêtent de tout casser, que de notre temps… De leur temps les chiards n’étaient pas élevés à renfort d’émissions populaires, cellulaire en main, à mater sur MTV des rappeurs du dimanche, dont les seules aspirations sont de niquer des « fesses bien dures » sur des banquettes de bagnoles de luxe après avoir sniffé de la coke, tué un flic et un juge et ramassé des énormes paquets de dollars. La fabrique des comportements, j’appelle ça. Vous avez écouté les derniers exploits  lyriques d’un Eliem ou d’un Ben Laden, icones des jeunes et des plus jeunes ? Moi si. Après ça, expliquer à un gamin que l’idole à laquelle il s’identifie lui raconte n’importe quoi, pourvu que ça plaise à une maison de production, à une chaîne de télé, et que ça rapporte un max de fric (ce qui, soit dit en passant, est l’objectif que tout bon citoyen des civilisations capitalistes est en devoir d’atteindre) lui faire entendre qu’il a le droit d’écouter, de regarder, d’acheter les clips, les disques, les magasines spécialisés, les posters, les places de concert, les sonneries de téléphone, etc… mais qu’il ne doit, sous peine d’être réprimandé par les adultes et par la loi, jamais reproduire même un centième de ce qu’on ce qu’on lui présente tous les jours et toutes les nuits comme un modèle de développement personnel… Je vous le donne en mille : c’est impossible (on frôle l’injonction paradoxale globale). Inquiétant d’écouter un ministre proposer, sans siller, de résoudre la violence à l’école en plaçant des portiques pour détecter les armes à feu et en transformant les directeurs d’établissement en officiers de police judiciaire, sans qu’aucun journaliste ne vienne souligner la dérive sociétaire fasciste que cette idéologie droitière sous-tend. Interviewant, au contraire, des profs qui plébiscitent ce genre de conneries totalitaires (je me demande franchement d’où ils les sortent, ces gogos de l’enseignement qui pensent remplacer les compétences en psychologie et /ou en éducation qu’ils ont oublié d’acquérir, par une paire de menottes et des barreaux aux fenêtres) – Inquiétant.

Dangereux – Cette manie omniprésidentielle de placer tous ses proches et amis d’obédience ultralibérale, déjà possesseurs de la plupart des richesses produites par les employés de ce pays, aux postes de direction des principales entreprises du CAC 40 et à la tête de tous les réseaux de communication et d’information publics et privés (Bouygues Lagardère et Bolloré, ses amis de 20 ans, tiennent déjà le pavé d’à peu près tout ce qui se publie dans les presses et dans les médias rentables. Si ça ne lui suffisait pas ? Il lui faut également France télé, France radio, France journaux, France net, France mon c…). Au passage, en votant pour ce précieux cadeau accordé aux artistes les plus hautains et les plus chiants du PAF (paysage audiovisuel français : traduisez la merde à Bigard, à Renaud et au reste de ces connards qui continuent de nous faire croire qu’ils aiment bien les pauvres et qu’en achetant leurs putains de disques et leurs spectacles à deux cent balles, on contribuera à sauver une soi-disant exception culturelle française, devant laquelle le monde entier se prosterne avec une intellectuelle condescendance, et qui remplissent hypocritement, mais hypermédiatiquement, les caisses de ces gentils enfoirés de bénévoles qui, eux, distribuent comme ils peuvent de la bouffe aux gens, chaque hiver plus gravement touchés par cette crise qui ne dit pas son nom, mais qui est aussi et surtout la leur, à ces « artristes  du show bisness » qui ont gommé depuis longtemps le mot partage de leur vocabulaire – Quoi ? Y a plus de sous pour mettre de l’essence dans la Ferrari ?) donc, en soutenant cet HADOPI (petit nom de cette grande loi liberticide sensée mettre un terme aux téléchargement illégal des œuvres – rien que d’écrire ce mot, je m’arrache les ongles) ces messsieurs et ces messsdames qui, à mes yeux, n’ont plus rien avoir avec ce que représente un artiste et encore moins avec ce que saurait produire (de bon) une culture, grassement payés par des boîtes de prodes dont le capital éléphantesque appartient aux patrons précités, vont imposer aux entreprises et aux foyers de ce brave pays de configurer un logiciel mouchard dans leurs ordinateurs, directement connecté aux serveurs d'une commission chargée d’éplucher les faits et gestes virtuels de chacun. Très populaire et très chinois comme procédé, je dis – Et je répète : Dangereux !

Obsolète – La politique de réformes, promise et imposée par la France qui bouge (ah !ah !ah !) de destruction du tissu social et de dérégulation économique, menée tambour battant par les ministres en place (pas pour longtemps...) qui conduit tous les corps de métiers de ce pays à s’exprimer comme ils le peuvent, dans la rue, dans les urnes, sur la toile, dans l’espoir que ce massacre s’arrête à temps. Et qu’on puisse restaurer les quelques meubles encore sains des institutions et des entreprises qui valent le coup qu’on les soutienne, voire qu’on les subventionne. Plutôt que de laisser dépenser l’impôt des moins riches (les riches, eux, en sont quasiment exonérés depuis le fameux « bouclier fiscal » autrement nommé « package Johnny Hallyday ») en des opérations de sauvetage de banques et de dirigeants irresponsables, en salaires présidentiels, en commissions aussi dispendieuses qu’inutiles. Les étudiants sont dans la rue. Les enseignants et les chercheurs sont dans la rue. Le social est dans la rue. La santé est dans la rue. La justice n’en peut – ni n’en veut plus. Les travailleurs et les chômeurs crient leur ras-le-bol. LA FRANCE VA EXPLOSER. Et ces ministres, dont certains de gauche, de nous marteler inlassablement que la populace attend leurs réformes avec impatience, qu’ils ne vont pas assez vite, que c’est la faute à l’Europe (mais quand même pas trop, parce qu’il faut aller voter pour leur assurer leurs super retraites communautaires – et les frais des restaurants à Bruxelles, à Strasbourg ou ailleurs). Obsolète, l’ultralibéralisme. En échec : la crise systémique que nous traversons le prouve.

Révoltant – Le sort des « sans papiers » que la France et ses polices traquent sans relâche, les rafles à six heures du matin, les suicides, la politique du chiffre à tous prix. Ils vont jusqu’à empêcher des touristes de rejoindre leurs pénates pour remplir les grilles de présence des camps de rétention. Entendez bien la nuance, en détention, vous avez été jugé ou vous êtes en passe de… vous avez des droits. En rétention, vous n’en avez aucun. Révoltant d’entendre, au détour d’une réunion, les représentants des associations de défense des parias du 21ièmesiècle ; réfugiés politiques, économiques, climatiques, tentés par les mirages du pays des droits de l’homme ; ces bénévoles vous dire qu’ils assistent presque quotidiennement à des scènes de maltraitance voire de torture (question d’éthique et d'interprétation) envers des êtres humains, des parents, des enfants. Révoltant le « délit de solidarité » dont sont accusées toutes les personnes qui ont approché de près ou de plus près des immigrés en situation de précarité extrême, et qui les ont aidés, nourris, et même – comble de la dégénérescence morale – que certains et certaines d’entre-nous ont aimés, allant jusqu’à commettre le sacrilège de se marier avec (en blanc comme de coutume) et qui sont redevables de leur humanisme devant la justice (j’ai, par le passé et il n'y a pas si longtemps, eu des contacts réitérés, hébergé et soutenu des amis et des amies dont les nationalités d’origines semblent plus que douteuses, aux vues des critères actuels de régularisation, certainement des terroristes en puissance, des profiteurs(euses) de la générosité publique : je ne m’en excuse pas, j’assume et je recommencerai). Révoltants ces français qui dénoncent leurs voisins à la préfecture. Révoltantes les manœuvres politiciennes pour cacher tout ça, les bavures à la pelle, les réminiscences d’une histoire pas si lointaine... REVOLTANT.

Ecœurant – Enfin, cette gauche qui se dit de gouvernement, qui perd notre temps dans des débats d’égos stériles. Ces syndicats qui nous jouent la temporisation, de peur d'abandonner leur précieux privilège de représentation des salariés. Affolés par la perspective d'une vraie grève générale. Comme aux pires heures de la collaboration entre Solidarnosc et le pouvoir communiste. Et cette « extrême gauche » de la désunion des votes qui veut nous faire passer des vessies trotskystes pour les lanternes éclairées des récents adhérents du parfait nouveau parti anticapitaliste, qui ne sont pas du tout des anciens de la ligue communiste révolutionnaire et qui n’ont, mais alors absolument pas, les mêmes réponses aux identiques lectures des pareils problèmes, ni les méthodes de ces derniers, dont ils n'ont jamais fait partie. Tout ce beau monde ferait bien de se sortir les doigts de l’anus (désolé) pour ces élections européennes qui pourraient éventuellement servir de contre-pouvoirs et qui, la faute à Voltaire, vont finir en fiasco. Je ne les porte pas forcément toujours dans mon cœur, mais heureusement que les verts José Bové et Daniel Cohn-Bendit relèvent le niveau, merci pour nous. Et là je dis : je suis carrément écœuré.

Voilà j’ai presque fini. Je poste un dessin et un truc sarcastique, histoire de me faire pardonner de n’avoir rien dit depuis des mois (mes études et mon stage en protection de l’enfance m’accaparent) +++ filou.


Dimanche 24 mai 2009

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Dimanche 24 mai 2009

Quelques réactions et citations glanées ci et là à propos de la loi sur le téléchargement illégal qui a été lâchement adoptée par nos artistes nationaux et nos députés UMP.

“HADOPI ; c’est pas une loi, c’est du pipi de chat.“ (Charles Baudelaire)

“HaaDooPii ? What’s this fucking bullshit ?“ (E.A.Poe)

“Oh oui! Oh oui! Protège mes droits, HAPOPIiii!!!... “ (Rocco Siffredi)

“HAADOOPI ? Kelle cholie Muzike.“ (P.J.Goebbels)

“Ha-Do-Pi. On n’y avait pas pensé !“ (Pol Pot et Mao Tsé Toung)

“Loin du cœur et loin des yeux…“ (Les Enfoirés)

 “Hadopi? Je suis contre ! “ (Coluche)

“HAAADOOOPIIi, HAAAADOOOOPIIIIi...“ (La castafiore)

“Pomme de reinette et pomme d’api…“ (un enfant)

“HADOPI, j’l’emm… cette loi à la c… Vas t’faire enc… J’config un proxy.“ (un ado)

“Surréaliste, non ? “ (Salvador Dali)

Hadopi  ? Ben mon trouffion, ça me troue le fion !“ (Napoléon Bonaparte)

“HADOPIs-aller.” (Alphonse.A)

“HAlDo-Pizza, 01-23-54-89-13.“ (10/24h, 7/7j, livraison gratuite)

 “HADOPI, YES HE CAN!“ (Georges W.Bush)

“ Hadopi. Enfin cette loi controversée mais  plébiscitée par la France entière, soucieuse de ses artistes et de son exception, a été courageusement adoptée par les députés de la majorité. Tout de suite un interview de Christian Clavier, ce grand acteur qui… “ (les J.T. du 20h)

“Hadopi ? Je m’en fous.“ (mon voisin)

“Prochainement dans vos écrans, HADOPI.“ (l’industrie du cinéma)

“On aurait pas osé, Sarkozy l’a fait.“ (l’industrie du disque)

“HADOPI? Vendeur comme titre.“ (l’industrie du livre)

“Je m’aime!“ (Nicolas S.)

À vous… +++ filou


Mardi 17 mars 2009

 

Les jeunes allemands(es) sont trop de la balle.

 

Fi ! Les clichés des buveurs de bière en litres et demi, les supporters de foot racistes (comme à peu près partout) les collectionneurs de Mercedes et de BMW, les papes limite fachos (ça, c’est pourtant une réalité - cf. cette pauvre fille brésilienne de 9 ans, violée, dont la famille et les médecins sont excommuniés, avec l’approbation divine de l’église catholique romaine) … Accueillants, les allemands, ils sont :

 

Stuttgart.

 

Jour de pluie, plus un sou en poche. Un type rond comme le père noël veut nous vendre un fanzine local. Il est ventripotent autant que nous sommes maigres. On baragouine de lui expliquer qu’on a plus un lové, qu’on a dormi dans le froid et dans la rue… Dés qu’il nous comprend (à cette époque, on parle mal l’allemand) le gars sort 50 marks de son portefeuille (belle somme) et nous les donne !!!  Sans contrepartie aucune. Je crois saisir qu’il nous répond que, lui aussi, il a été jeune. Et qu’il nous souhaite la meilleure chance du monde pour la suite de notre périple.

 

On fait quelques courses et on se remet au sec. Un autre mec passe devant nous et nous demande « ein cigarette bitte ». Je lui file, il nous regarde : « vous êtes français ? » - « ouais » - « mois aussi, vous savez où pioncer ? » - « ben, pas trop » - « je vous emmène au squatt »…

 

3ième étage, un home d’une vingtaine de piaule avec un salon grand comme un hall de gare.

 

Ici logent des kepons, des immigrés, des instits, un gars et sa gonzesse qui vivent à poil toute la journée… L’accueil est chaleureux et inconditionnel : nous faisons des bouffes, participons au ménage, montons fumer sur le toit, buvons des coups et dormons au propre. Le proprio de cet immeuble, pas con - plutôt que d’envoyer la milice ou d’arroser une bande de skins pour virer les indésirables - leur a offert de réhabiliter l’édifice à leur rythme, en les payant, et en leur proposant de garder le dernier étage pour eux (ça, on verra pas de sitôt en France…). Nous restons une semaine et faisons l’amour.

 

Köln.

 

Quelques années plus tard. Nous somme trois : copine, un pote de ma ville et wam, un peu paumés. Nous avons passé la nuit dans un champ d’asperges humides, et nous avons fait la route en stop. Notre mission: joindre Maastricht et prendre du bon temps. A la dèche, nous rencontrons un jeune. On sympathise, on boit des coups, on rigole et on fume. Il nous remet d’aplomb (la langue n’est jamais un obstacle). Nous le saluons. Le lendemain, pétant la forme, nous réalisons notre objectif (on s’écrira après).

 

Aachen -  Aix la Chapelle -Aken (trois frontières : Deutschland, Belgique et Nederland - trois prononciations).

 

Chronologiquement entre Stuttgart et Köln, en passant par Freiburg (où nous avions rencontré un  objecteur de conscience antinazi-supercool). Nous avons 20 ans. En Allemagne existe le ticket « wochenende » (« week-end » comme son nom l’indique) qui permet à cinq personnes, pour une somme modique, de voyager sur toutes les lignes ferroviaires régionales, du vendredi minuit au dimanche même heure. Nous avons décidé de rallier la Hollande avec nos vélos (les trains allemands permettent de les embarquer) manière de faire la fête comme il faut.

 

En route, nous croisons celle d’un clochard magnifique, guitariste et chanteur, polyglotte, qui nous invite à passer, avec lui, la nuit dans cette incroyable cité où s'expose le buste de Charlemagne. On accepte. Direction place de la cathédrale. Je ne me rappelle plus quel mois nous sommes, mais il fait plutôt bon.

 

Tous - TOUS les jeunes vivants de la ville sont là, c’est ce qu’on nous dit et, au vu de la foule présente, nous y croyons : fêtant, partageant des bières consignés, des clopes (souvent roulées). Nous rencontrons Sab et sa bande de chums - qui nous hébergerons les quelques années suivantes, lorsque nous y retournerons, comme en pèlerinage.

 

Nous dormons chez elle, visitons la région, goûtons au bonheur des petits déjeuners nordiques : fruits, pain noir, fromage, céréales, charcuteries, etc…  Ces amis le sont resté au point que nous n’y reviendrons plus dans le seul but de jouer nos touristes français au pays des libertés, mais bel et bien pour les rencontrer et partager de purs moments avec eux.

 

Malheureusement, un bref séjour dans notre « ville à nous » Mulhouse, les a depuis extrêmement déçus : la mentalité, l’ambiance et certaines gens mal fréquentables qui leur sont tombés dessus - on parle d’hospitalité française… Puis nos vies ont pris des chemins différents et on ne s’est plus revus (c’est grandement dommage).

 

Perpignan.

 

La semaine dernière, une jeune allemande est venue profiter d’une semaine de vacances dans la cité ensoleillée. J’ai retrouvé chez elle cette simplicité d’être, de parler, d’aller vers l’autre, qui me fait toujours autant vibrer de reconnaitre chez quelqu’un. Bon retour à Munchen, et à bientôt.

 

Tout ça pour dire (note aux copains que j’entends baver) en quelques mots : que voyager en Allemagne c’est véritablement le pied, que très loin de nos clichés habituels, les jeunes y sont vraiment-vraiment forts, que j’y ai appris une langue et une culture emprunte de poésie, de profondeur et d’amitié, que « vive ARTE » et que cetera !

 

Au fait, le 19 mars 2009 : manifestation nationale interprofessionnelle, j’espère reconductible (la Guadeloupe et la Martinique y sont arrivés, la Réunion s’y penche… Alors pourquoi pas nous ?) SOYONS Là !!!

 

Pressé par le temps (et par, je crois, une radiosensibilité croissante qui m’empêche de penser à autre chose qu’aux brûlures qui, jour après jour, envahissent mon corps - à moins qu’il ne s’agisse d’une phobie, comme le prétendent l’OMS, les ministres de nos santés publiques et les opérateurs mobile, 3G, WIFI… qui nous remplissent chaque jour un peu plus notre atmosphère de rayonnements micro ondes forcément inoffensifs - ou une réaction au stress travaillé par l'IRTS - ou un virus galactique ?) ceci n’est qu’un court résumé d’une intense période « d’errance » et de voyages, que j’aurai un jour prochain, à cœur de partager avec vous.

 

+++ filou


Dimanche 1 février 2009
[ 25000 ]

 

On était vingt cinq mille, jeudi à Perpignan, pas très bruyants mais nombreux (comme une colère sourde) deux millions cinq dans toute la France, onze mille en Guadeloupe. Certes les revendications divergeaient, mais elles se rencontraient quand même en un point : salariés, chercheurs, étudiants, usagers, tous n’en peuvent plus de la politique dirigée par ce président qui n’écoute que lui.

 

Je suis content de ne pas avoir la télé.

 

Au fait, je n’ai plus de ligne internet chez moi, et je m’ennuie de ne plus vous écrire souvent. Je débute mon stage long lundi à sept heures (à sept heure vingt / à cette heure vaine / mange mon pain / mange ma peine) en protection de l’enfance. Ce mois d’IRTS m’a de nouveau crevé, j’espère que je retrouverai vite un semblant de forme. En attendant, j’ai commencé à trier mes liens z’amis, dans le but de refaire leur mise en page et d’en ajouter, mais c’est fastidieux et ça prendra du temps…(le tiers du boulot est fait)

 

Tiens, je crois que c’est le truc le plus triste que j’ai écrit depuis des lunes : je suis incapable de juger si c’est bon mais je l’avais sur le cœur - à vous de dire…

 

Le secret

 

le soir est pas sûr

le soleil est trop fort

j’range la voiture

auprès d’un arbre mort

un tas de factures

sur le tableau de bord

je les rature

d’un trait qui vaut de l’or

 

j’ouvre la porte

pour aérer un peu

les mouches sortent

dans l’odeur de mes pneus

comme une alarme

je fonds en larmes

comme une alerte

brûle tes lettres

 

pourquoi la vie

n’a plus goût d’interdit ?

pourquoi ma vie

goûte l’ennui ?

 

tombe la nuit

je rentre à la maison

tombe la pluie

la ligne d’horizon

j’ouvre la porte

les années mortes

l’heure des aveux

le pot au feu

 

tu as compris

mais tu ne m’as rien dit

tu as prédit

la fin de nos envies

tu m’as dessoulé

tu m’as consolé

je t’ai oubliée

je t’ai oubliée

 

pourquoi la vie

n’a plus goût d’interdit ?

pourquoi ma vie

goûte l’ennui ?

 

pourquoi l’usine

a renvoyé ses hommes ?

pourquoi Martine

as-tu viré ton homme ?

est-tu tombée

dans mes bras par dépit ?

est-tu tombée

comme la pluie

 

pourquoi la vie

n’a plus goût d’interdit ?

pourquoi ma vie

goûte l’ennui ?

 

minuit résonne

je vais sur le balcon

les cloches sonnent

j’ai fait le con

les gosses ont grandi

ils sont partis

c’est la folie

qui m’a conduit

 

pourquoi la vie

n’a plus goût d’interdit ?

pourquoi ma vie

goûte l’ennui ?

 

pourquoi la mort

qui me traine dehors

se joue de mon sort ?

ne frappe pas mon corps ?

 

vient le matin

je n’ai pas dormi

comme le train

la vie fait du bruit

je prend les factures

je prends la voiture

je m’en vais c’est sûr

jusqu’à ce soir

 

viendra midi

et son soleil maudit

viendront sept heures

fermer mon cœur

le ciel plombera

le soleil patatras

je brûlerai mon or

comme un trait du sort

 

et je rentrerai

et je te dirais

je t’aime encore

je t’aime encore

 

à +++filou


Jeudi 1 janvier 2009

 

... Pour la nouvelle année : (sans réinventer l'eau tiède)

 

Je sais pas vous, mais moi, j'ai souvent des idées de trucs-projets simples à réaliser, pas trop chers et (probablement) rentables, que je n’accomplis pas parce que je manque d'organisation, de temps, d'investissement, que je ne suis pas au bon endroit, au bon moment, etc... (en fait, je ne peux pas utiliser un objet, m'intéresser à un sujet, apprendre une technique, sans en imaginer une adaptation, une extension ou anticiper un nouvel ustensile remplaçant l’actuel – c’est comme pour les histoires, j'en ai tellement trop que je n’arrive plus à les écrire).  J'ai souvent partagé ces idées qui sont, pour certaines, devenues des réalités - tel copain se chargeant d’en développer une, tel autre d'améliorer son outil de travail avec (ou simplement, l'idée était dans l'air du temps, elle a été élaborée ailleurs).

 

En ce début de siècle de disette annoncée, ne pourrait-on pas faire fi de nos égos (de nos sacro-saints brevets ou propriétés intellectuelles) et se partager ces (plus ou moins bonnes) idées, qui finalement peuvent être utiles à chacun, et concrétisées par d'autres ? On dispose d'internet pour ça, et des communautés de développeurs le font déjà, pour rendre la toile accessible...

 

En allant plus loin, serait-ce inimaginable d'animer une sorte de comité de lecture, piloté par des "sages" (des gens hors de tout soupçon de récupération, genre - soyons dingues : des scientifiques de haut vol, des auteurs et des artistes reconnus, des chefs d'entreprises retraités et/ou des anciens présidents, des groupes d'étudiants et d'enseignants des grandes écoles ...) qui seraient chargés de trier ces concepts (pour les relayer auprès d'associations et ou de micro-entreprises qui voudraient s'en emparer) de lever des fonds, et de redistribuer les bénéfices aux "apporteurs d'idées" et aux membres affiliés à ces opérations, sous formes de "bons" de financements de projets à vocations solidaires et sociales, d'aides à la recherche, de productions d'artistes…? Une sorte de sel ou de réseau d'échange réciproque des savoirs, axé sur la promotion des nouvelles (petites) entreprises (favorisant l’insertion par exemple) et dépassant les frontières... Il faudrait commencer par définir ensemble des critères (éthique, utilité, faisabilité, coût max de départ, suivi des assocs, etc).

 

Voilà pour le rêve.

 

Sinon je me rends compte que j'y suis allé un peu fort dans la critique de la pédagogie IRTS du post précédent, mais je ne vais pas l'effacer car, avec un peu moins d'énervement dans la forme (j'ai pu enfin me reposer un peu) j'en pense autant.

 

Je recommence à bosser sec aujourd'hui, donc je ne sais pas si je reviendrai écrire bientôt sur monblogue, mais je l’espère. Je penserai néanmoins à réorganiser mes liens z'amis et à en rajouter des nouveaux très bientôt (ils sont, pour l’instant, bien au chaud dans mes favoris).

 

++++ filou


Dimanche 28 décembre 2008
[ 33 ans ]

 

Bonjour.

 

Je n’ai rien écrit depuis plus d’un mois, et je m’en excuse. J’ai du choisir entre la poursuite de ma formation et le reste de ma vie sociale. J’imagine que c’est pas prêt de s’arranger.

 

Mes collègues et moi avons inaugurés une nouvelle forme de stage professionnel, qui nous a réunis à 6 pendant 2 mois pleins : 3 assistantes de service social et 3 éducateurs spécialisés en devenir, pour réaliser un projet de développement social local, dans un quartier de Perpignan, le Bas Vernet. Pour ma part, j’ai arrêté de dormir et j’y ai laissé toute mon énergie. Je suis épuisé. J’ai passé la semaine dernière à ne plus pouvoir lever un doigt, et je me suis mis à la bourre sur les rendus que je dois finaliser pour le début de l’année. D’autant que l’Institut Régional du Travail Social - réforme du diplôme oblige - a refusé de nous délester du reste du boulot, énorme, qu’on doit fournir pour le réussir, leur examen maudit. Sur les 10 derniers jours de l’avant, je ne me suis pas arrêté de rédiger, autrement que pour aller en cours ou pour dormir, comptabilisant 4 nuits blanches quasiment d’affilées, me dégoûtant d’écrire.

 

Je trouve absurde de galérer autant pour repousser des évaluations, quand certaines équipes ont taffé 70 heures par semaine sur leur commande. Absurde d’avoir des formateurs qui ne sont pas coordonnés et de devoir satisfaire, dans les mêmes devoirs, aux impératifs de 2 grilles de notation contradictoires. Absurde d’envoyer des étudiants au charbon pour faire avaler une réforme à des institutions qui n’en veulent pas vraiment, et en fin de compte, d’être estimé sur notre capacité d’y arriver. Absurde de n’avoir plus aucune vie privée, de mettre mon physique et ma psyché à Z. pour répondre aux contraintes (x2) de la DRASS de l'IRTS et des lieux de stage. Absurde de prétendre enseigner les pédagogies "nouvelles" dans des salles bondées, en cours magistraux de quatre heures pleines. Absurde d’avoir à signer des rendus de 40 pages à 6 mains, 6 écritures, 6 regards, alors que des auteurs parfaitement reconnus n’y arrivent pas. Absurde de résumer l’introduction à la psychanalyse en 2 pages ½. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? C’est déjà un résumé de 25 ans d’observations. Absurde de devoir pondre un rapport détaillé, référé, annoté, dés que quelqu’un pète ou rote ou fait quoique ce soit d’autre.

 

M… J’ai l’impression de me plaindre comme un papy de mauvaise foi, mais je vous assure que c’est ce que je ressens.

 

En définitive, notre résultat est là : on a pu mettre plus de 20 acteurs (institutionnels et associatifs) et des habitants autour d’une même table, pour in fine élaborer quatre jours d’animations conjointes, parfois ludiques, parfois sérieuses, et faire vivre la cité du Bas Vernet. Avec un budget frôlant le zéro absolu, comme la température du moment - au fait, il a neigé à Perpignan !!! Je crois d’ailleurs que cette obsession du partenariat-réseau qui s’empare des instances du social et du médico-social découle de ce constat amer: y’a plus un sous dans les caisses. Il faut faire avec les bonnes volontés de chacun, en réunissant les compétences et les heures de travail gratos. Vive l’éthique ! Heureusement qu’on en a…

 

Là, je me rends compte que j’ai plein de trucs à raconter, mais que je vais devoir faire le tri.

 

D’abord, une petite nouvelle de moi : j’ai 33 ans cette nuit. Du côté des deux heures 1/2 du matin, horaire de Paris. Et ça fait même pas mal (pas encore ?) de toute façon je ne sens plus la douleur. La seule chose qui m’embête c’est que, contrairement à mon habitude (j’aime bien les habitudes, pas toutes, mais certaines – boire du café la journée longue, fumer des clopes, rejoindre les potes au bistrot le soir, ne jamais être d’accord sur rien…) cette fois, je ne vais pas échaper à la commémoration de ce 1/3 de siècle passé en compagnie de ma famille et de mes proches, ne pouvant prétexter de bosser ou d’être malade. En plus, comme ma nièce adorée est née le 24 décembre et qu’on a fêté sa première année le jour J, sans interférer avec les cadeaux de noël qui, je ne sais pas pourquoi, me dépriment toujours autant (peut-être à cause de tous ces gens qui crèvent de faim, de froid, de guerre, d’exploitation, etc...) - la décision a été prise un peu latéralement (c'est-à-dire sans moi) de se rattraper le 29. Sourire. Ce qui me tue, c’est que la dernière fois que j’ai fais mine de m’attacher à ma date d’anniversaire, ça m’a coûté mon couple. Et je ne suis pas prêt de recommencer.

 

Bon, c’est pas le sujet. En action sociale comme ailleurs, ce stage m’a confirmé l’importance d’écouter l’autre. « Je n’impose ni n’oppose, je propose, v’la aut’chose, une pause. Je dispose de mon temps, de ton temps, pour me taire, pour te taire… ». Ça a l’air de rien, ou d’une banale vérité, et pourtant… Je crois sincèrement que ce que nous avons réalisé, aurait été impossible si nous n’avions pas campé sur cette position, tant au sein de l’équipe que vis-à-vis de nos interlocuteurs. ECOUTER !!!

 

Tout le monde a des compétences : 2ième lapalissade. Les laisser s’exprimer, sans juger, les accompagner chouia, je crois que c’est le sens de mon taf d’éduc. Chacun de nous, ou presque, évolue dans un groupe, avec ses valeurs, sa culture, son avis et ses possibilités (ou non) de compromis. Libérons la parole, disait Sigmund. Il avait raison.

 

L’action collective est devenue (pour moi) l’axe de travail autour duquel je veux tourner, absolument. Avant toute autre chose. On m’a plusieurs fois critiqué à propos de mon approche d’animateur culturel (je suis un « petit débrouillard » très fier de moi) m’opposant la relation individuelle, comme étant celle (et seule) de l’éducateur spécialisé. Je crois qu’elle a son importance et qu’elle est même primordiale, cette relation duelle. Mais je suis sûr que, chacun existant dans un quartier, dans une ville, dans une campagne : plus ce territoire est vivable (capable de changements, ouvert aux autres et aux innovations, sécurisant – pas en termes de police, mais en possibilités d’être formé selon ses besoins, ses désirs, de trouver un emploi, d’être entendu par les responsables publics, de bénéficier d’infrastructures et d’animations…) plus les habitants s’en saisissent - de leur banlieue ou le de leur bourg - moins la société se trouve en face de situations familiales ou personnelles catastrophiques, nécessitant l’intervention des institutions.

 

Je pense aussi qu’on devrait regarder du côté des interdits. Renvoyant à l’époque de la prohibition de l’alcool aux Etats Unis, qui avait vu croitre exponentiellement la consommation des dives boissons, l’enrichissement des mafias, et par voie de conséquence, la violence : dans ce monde d’anticipation permanente des déviances et de législation compulsive, dans lequel évoquer ne serais-ce que l’ombre de quelque chose de mal est déjà répréhensible (par rapport à des normes collectives largement influencées par les médias et les discours idéologiques) je ne suis pas étonné de la radicalité et de la brutalité des passages à l’acte. On étouffe, il me semble.

 

Je m’écarte… Ce que je veux dire par là, sans vouloir donner de recette, c’est qu’aujourd’hui l’action sociale et médico-sociale, l’action culturelle, ne peuvent plus œuvrer sans entendre la souffrance et la volonté du public qu’elles sont censées accompagner. Et que, face à la crise (qui ne date pas d’hier) il serait grand temps de se saisir de tous les moyens qui sont à  notre disposition, pour faire avancer le chmilblick dans le sens d’une intervention collective, d’une mise en place d’outils à vocation économiques, solidaires et sociaux. Quitte, pour cela, à devoir exploser le cadre de la ville, du département, de la région, de l’état, de l’Europe ou je ne sais quoi, qui nous empêchent simplement de sortir la tête de l’eau – et de nous défaire de la main mise du politique ou de la gentille subvention.

 

En quelque sorte, nous pourrions être « situationnistes » sans paraitre agressifs, chercher une rentabilité au service de l’humain, répartir nos bénéfices, les investir dans les projets des autres, être usagers et entrepreneurs du service qui nous concerne. Et puisque la télé, la radio, les journaux, fabriquent la réalité qui nous sert de carcan, chercher à médiatiser ce qui marche pour nous, en étant originaux et tapageurs (c’est le seul moyen d’attirer leur regard).

 

J’insiste sur l’idée « d’outils » qu’on pourrait mettre en place, à l’image du marteau ou du tourne vis, que chacun peut s’approprier et améliorer, sans en détourner radicalement l’usage premier, qui est de taper pour l’un, et de tourner pour l’autre. Si l’utilisation qu’on donne à un outil collectif consiste, dans ses fondements, à favoriser le partage, le lien social, la solidarité, il suffit de laisser chacun, ou chaque groupe, l’adapter en fonction de son contexte, du diagnostic qu’il a lui-même réalisé de sa situation et de ses exigences.

 

J’ai vu que nombres d’organisations caritatives ont perdu leurs fonds en voulant spéculer à 10% chez un escroc notoire. La prochaine fois : qu’ils pensent à financer des actions qui auront pour objectif de s’autonomiser - puis de rendre les projets à venir des autres envisageables, en y investissant leurs gains à leur tour.

 

Je précise que je n’aime pas trop le mot projet, mais vu que c’est le vocable fourre-tout en vogue du moment, comme le partenariat-réseau, je veux bien l’utiliser pour causer à mon banquier ou au décideur d’une institution. Je vous invite aussi à vous saisir de ce terme et de tout ce qu’il revêt (projet personnel, projet d’entreprise, méthodologie de projet) pour avancer vos arguments auprès des huiles qui ne demandent que ça, du projet en veux-tu ? Que le capital finance l’action sociale, ce sera plus rassurant pour lui que la bourse, et c’est pas incompatible avec sa « sainte croissance » (on parle juste pas de la même) !

 

M’enfin. Vu que je ne suis pas sûr de pouvoir bientôt revenir écrire sur materreadeuxlunes (et j’ai encore 1 an ½ de privations à tirer) et comme vous êtes nombreux à passer par ici durant ces moments où je ne publie rien, je vous poste un poème un peu vieux - de mes 17 ans - qui discute de noël (c’est mieux de le lire après la date, le sujet peut fâcher certaines sensibilités : noël est la fête préférée des humains, ais-je lu aujourd’hui…)

 

Au fait, vous le saviez ? Que les moines en charge du Sépulcre de Jésus ne trouvaient pas mieux à faire que de se mettre sur le coin de la gueule à coup de cierges, jusqu’à s’envoyer à l’hôpital, pour nous prouver la pureté de leur foi (un peu comme dans les Thanatonautes, un des bouquins de Bernard Werber que j’ai bien aimé, et qui m’a beaucoup fait marrer). A suivre…

 

noël’n’da’street

 

notables empêtrés sur l’pavé,

dans les avenues surpeuplées,

je vois les port’monnaies craquer,

la foule à deux doigts d’s’étriper.

 

cartes crédit, billets, chéquiers,

ce soir on va s’en faire péter,

le bide à plus pouvoir goinfrer,

noël approche, ça va chier !

 

dans la cohue des magasins,

‘faut dépenser sinon ça craint,

l’argent qui sue dans l’creux des mains,

rattrap’ra bien un an d’chagrin.

 

on s’gavera de canapés,

dindons farcis, saumons, caviars,

marrons glacés, champagnes rares,

à qui les vomira le premier ?

 

demain le temps s’ra nauséeux,

la ville entière s’ra pleine de vieux,

de gueules de bois, de foies graisseux,

noël s’lira dans l’blanc des yeux.

 

moi j’voudrais êtr’ Robin des Bois,

j’voudrais aussi qu’on pense à moi

comment ça va ? t’as pas trop froid ?

y’a pas un bourgeois pour m’dire ça !

 

à vot’ bon cœur ! messieurs-mesdames,

à la santé de ceux qui rament !

je vous cache pas que je bois trop,

donnez-moi d’quoi, pour mon cadeau.

 

noël j’m’en fous ! c’est pas ma fête,

j’ai pourtant la barbe et les bottes,

j’suis comme Jésus de Nazareth,

rois mages en moins et sans la grotte.

 

noël j’m’en fous ! c’pas mes oignons,

j’pâture pas avec les moutons,

et j’crois pas à vot' paradis,

parce que l’bonheur, ça a pas d’prix.

 

à+++filou


Lundi 10 novembre 2008

Dix bonnes raisons de ne jamais croire un hippie.

1/ D’abord, et essentiellement, parce que le hippie n’y comprend rien au punk. Le hippie veut changer la société, sans s'impliquer. Le punk aussi d’ailleurs, et c’est pas une raison... No future, les Sex Pistols, la Reine d’Angleterre, les prolos, le hippie n’en a cure. Le punk non plus d’ailleurs, mais ne mélangeons pas.

 

2/ Le hippie n’est ni un hardos, ni un goth.

 

D’un naturel moins combattif, négatif ou violent - et peut-être parce qu’il n’aime pas le noir - le hippie est gêné quand le discours porte sur l’exhumation des morts, le dernier album de Napalm Death ou la suprématie des buveurs de Picon-bière sur le restant de l’humanité. Il partage toutefois certaines habitudes d’existence avec ces maniaques du Mad Max et du Hells Angel - comme l’usage immodéré de stupéfiants, les cheveux qui peignent la moquette, l’obligation de fuir quand un flic demande ses papiers – ou quand un rassemblement de jeunes à tendances antisociales commence à traiter sa reum. Celui-ci préfère, de toute évidence, le calme et la sérénité du dernier tube de Ravi Shankar, un joint, une bière et au lit. A la dure quoi…

 

3/ L'analogie le prouve : le hippie n’est pas révolutionnaire,ni adepte de contestation, d’ésotérisme ou de double Ricard. Tout au plus agite t-il ses dreads pouilleuses à la face de l’ordre établit, en lui tapant « une clope ou une feuille, man, ça peut toujours servir. Euh… t’as pas du… grand format ? ». Contrairement aux punks, aux hardos et aux goths, qui eux, conservent toute notre estime.*

 

*NA : L’auteur aimerait fréquenter moins d’anarchistes, afin de se sentir plus libre de donner son avis…

 

4/ Le hippie dénote en soirée.

 

Il n’a pas de style. Sapé dans l’armoire de ses grands parents ou à Emmaüs, le hippie se complet de velours verts et bruns, de chemises faites main par une communauté Sioux établie dans le Cantal et d’accessoires revendiquant ostensiblement son pacifisme obsessionnel : Collier Mercedes, piercing de l’illumination tantrique 24 carats, pins du Che en ambre jaune, emblème de Kurt Cobain agonisant près d’une seringue (parce que, il faut pas déconner, le hippie est capable de reconnaitre le talent quand il est dénué d’arrière pensée…).

 

Le hippie superpose des couches de fibres informes qui le grattent comme du poil urticant - et d’origines certifiées pour retenir l’odeur de la pipe, le doux fumet du compost d’ortie et la transpiration de ses bras. Ce qui, à contrario, le rend parfois attachant ou pitoyable.

 

5/ Il plombe l’ambiance : « Chakras, haschisch, musique de foncedé, trucs d’artisan bio : le gars qui te fait l’effet d’un spot sur les dangers de l’alcool et de la drogue ensemble. En direct «  ouais… ouais, les jardins de Babylone, ouais… Ils étaient perchés, ouais… Toi t’es pas redescendu… C’était quand ta dernière prise ?... Elle s’est pas effondrée la tour de machin ?... Les mecs, on pourrait pas le pendre, juste une fois ?... Quelqu’un lui a dit qu’on a fait du punch, là, ou il va me gaver toute la nuit ?… ouais… ouais… Les civilisations précolombiennes… blabla…».

 

6/ Le hippie a des croyances et des raisonnements débiles.

 

Tout y passe dans le désordre ! La lumière au bout du couloir. La mémoire de l’eau. Le tissage des laines de yack en Mongolie mineure. L’agriculture en appartement « qui sans me vanter, avec le savoir que l’observation m’a permis d’entrevoir, peut donner des résultats tout à fait… rentables… parfaitement, et naturels ! » Même quand tu remets son bordel en ordre, ça devient dur de te balancer sur du funk tranquille, dans un environnement « bon flow, bonne vibe » sans avoir envie de lui décoller « un coup dans ses b…… à ce bouseux avec ses sandales en cuir, son pain sec de merde et son lait crû du Larzac ! Laissez-moi… faut pas pousser … il gonfle tout le monde… je vais me le faire !».

 

(En plus, quand il est subsaharien, le hippie devient rasta, et là… Je passe)

 

Au fait, évitez les toasts au pâté, et les Mac Do. L’emmerdeur étant végétarien, il ne mange pas de sang ni d’OGM. Quoi ? C’est vachement marrant les OGM. L’autre jour j’ai fait un milkshake avec une fraise grosse comme une pomme. Et bleue. Et avec du saké transgénique phosphorescent et du caillé de chauve-souris mutante. C’était cool… **

 

**NA NA : José Bové, sors de ce corps !

 

7/ Le hippie est amour. Tout amour. Mais attention : pas le même que nous ! L’amour de Tout. L’amour du Tout ! Vous saisissez la beauté de l’exercice ? Moi non plus. N’empêche, j’ai une copine qui est sortie avec un hippie. Plutôt, elle est « entrée en amour ». Puis elle est ressortie en larmes. Bon elle était naïve, sans expérience, pucelle… Mais y’a pas qu'elle : imaginez toutes ces naïades et ces nymphettes innocentes, dont la quête du romantisme seventies s’arrêta ou commença celle du hippie « Moi ? Me marier ? Dans une grotte ? A poil ? En gobant des extas comme des hosties ? Avec des bagues en bois tressé ? A Goa ? Mais t’es malade ? ».

 

8/ Le hippie s’épanouit loin de la civilisation.

 

Vernissages, buffets libres, bars à putes, parcs publics, le hippie des villes nous renseigne peu sur son habitat premier. Et pour cause. C’est à la campagne qu’il nous faut chercher les reliques de cette euphorisante et pourtant fragile évolution des mœurs, que prônait le hippie dans sa brillante jeunesse : Lueur mystique, sexualité libre, débauche des sens, L.S.D : Lobotomie, Schizophrénie, Dépression. De l’espoir au slogan, du verbe à l’union, de la communauté de bien au divorce. Quand il n’y avait qu’un pas…***

 

***… Quand il n’y avait qu’un pas, qu’un seul chant, qu’une seule montagne, qu’un rocher et un buisson ardent… Non, ça c’était Moise - autant pour moi.

 

9/ Lorsqu’il fume de la merde, le hippie engraisse un mafieux qui fut hippie avant lui. Avant que ses dents ne moisissent et que ses longs cheveux ne tombent. Et qui, par un sens inné du buisines (ou pour se payer les soins d’un chirurgien - ou pour remplir la piscine à mémé) sut flairer l’opportunité d’être le héraut d'une avant garde contre-culturelle à forte valeur ajoutée. Quitte à devoir faire la sortie des écoles.

 

Le rythme effréné de renouvellement des leaders de ce milieu décadant, la mortalité précoce, les internements psychiatriques nombreux et malchanceux, ont encouragé le hippie à recourir à des techniques d’empowerment et de management modernes, orientées vers l’avenir. Et oui, c’est triste. Mais comment ferait-on sans lui, pour fabriquer des usines en Chine ou en Roumanie ? Et pour donner du travail à toutes ces petites mains oubliées du capitalisme ?****

 

****NA NA NA : C’est mon seul argument de poids !

 

10/ Enfin, comme nous l’avons évoqué, le hippie vieillit mal.

 

Sont-ce les promenades bucoliques au bord des champs verdoyants du Rif, les galéjades entre amis pendant les ablutions rituelles du Gange, les pérégrinations, pieds nus, le long des frontières afghanes escarpées ? Le Vietnam ? En tout cas : devenir hippie, ça pardonne pas ! Les partouzes, les voyages, les drogues : ça abîme ! Ça attaque d’emblée les neurones, on le savait. Puis ça s’en prend au corps. On maigrit, on grossit. Selon qu’on est en pré ou en post cure. On devient con et maniaque, mais ça c’est normal, c’est l’âge. Ça nous menace tous. Et c’est justement là que, comme chez tout le monde, c'était pas prévu - ça poigne ce qu’on a de plus cher : ses sous. Autant dire sa conscience.

 

Dés cet instant le hippie devient yuppie. Et il vote décomplexé pour des gens qui, sans les citer, trouvent que ça sent mauvais chez les pauvres, que les banlieues ça pue, que les impôts ça craint - et que les autres ils ont qu’à fermer leurs gueules de misérables.  C’est pourquoi, et pour en revenir au titre de cet album punk indémodable des années 70… Never trust a hippie !******

 

*****Note de mon avocat : Evidemment, tout ce qui précède est une blague

 

Pour Inter Note, salut. Filou.

 

PS : J’en profite pour faire la promotion de ma future parution « Le crépuscule des sorcières » qui, si tout se passe bien, sortira dès le siècle prochain aux Editions de l’Age d’Or « qu’est mort, mais qui reviendra encore, si on y pense très fort » (proverbe genevois).

 

 


Dimanche 2 novembre 2008

 

Avant que les étangs ne gisent gelés, je vous poste un truc que j’avais écrit près d’un fleuve tranquille, du côté de Baie Saint Paul, et qui donne une suite au précédent machin intitulé l’île d’Orléans que j’ai publié plus bas (... à ne pas lire au premier degré, quoique...) +++ filou

 

Le balcon vert

 

les fleurs ont échoué leurs pétales

démontées de leur piédestal

les polissonnes automnales

sur le pavé sont très banales

 

les vignes ont perdu leurs sarments

leurs feuilles et tout leur équipage

ont déserté au firmament

du vent délivrant les nuages

 

les oies sauvages volent en criant

les cormorans vont à la nage

y’a t’il vraiment un océan

au bout des lèvres de la plage ?

 

les corbeaux ont le souffle court

depuis qu’le champ s’est fait la malle

leurs légions n’ont aucun recours

sauf la basse cour, mon caporal !

 

sur les flots ronquent les bateaux

ancrés le temps d’une accalmie

ils reprendront la mer tantôt

les marées hautes l’ont promis

 

les bateliers parlent d’argent

la gloire des quais les fait mentir

les établissements piégeant

leurs derniers sous - ils vont partir

 

les bars font les portes ouvertes

comme des offertes entrejambes

l’amène bière est toujours prête

à être aimée, pourvu qu’on flambe

 

la ville engraisse ses agneaux

passant en paix – les pieds dans l’plat

les gouttières emprisonnent l’eau

dans les bras des toits des villas

 

les maisons ont des briques rondes

cachant à peine leurs formes nues

dans les salons - que du beau monde

autant de charmantes inconnues

 

les femmes ! les femmes ont le parfum

de l’aventure et la peau fine

des soies de Chine, le sein indien

ces dames ont la larme câline

 

ces dames ont la larme coquine

le tourbillon qui les étreint

ressemble à la brise saline

qui caressa nos mains

 

et moi, c’est décidé

j’arrête le L.S.D

j’deviens végétarien

enfin, j’en sais trop rien

 

 

Au fait : décidément mes problèmes de sous ne font qu’empirer (et j’ai encore un an et demi à tenir ce rythme) si quelqu’un avait un plan pour taffer au noir, le week-end à Perpignan, et s’il pouvait me le dire ici, ou m’envoyer un courriel, ce serait sympa… filou

 


Samedi 25 octobre 2008

 

Tel que vous me lisez, vous devez savoir qu'en général je parle de politique quand un sujet me concerne en tant qu’individu, ou qu'il concerne ma future profession d'éducateur spécialisé. Mais bon, là, y'a  sévèrement matière à s'interroger.

Personnellement, en ce moment, je côtoie des étudiants et des étudiantes en formation professionnelle, qui tirent absolument tous - et toutes - la langue, et qui arrivent très difficilement (surtout grâce à une bonne dose de solidarité) à subvenir simplement à leurs besoins primaires, du manger et du loger.

En plus, je bosse auprès de populations pas excessivement riches, voire carrément nécessiteuses, que je regarde s'appauvrir de jour en jour, sans que personne ne puisse rien y faire.

Aux premiers, quand ils réclament un semblant de "gratification" (c'était le sujet des manifestations des travailleurs sociaux en formation de l'an dernier, qui n’ont touché aucun de nos politiciens ni de gauche ni de droite) on répond : "désolé, on n'a plus d'argent, soyez déjà contents qu'on vous prenne en stage - signez une décharge".

Aux seconds, quand ils réclament le peu de solidarité publique qui leur permettrait de nourrir leurs familles, même pas décemment, on répond : "désolé, on n'a plus d'argent, démerdez-vous - faites un projet".

Et voilà pas, qu’après le mémorable bouclier fiscal de 15 MILLIARDS d’euros accordé par notre omniprésident aux classes les moins défavorisés de notre pays, pour ne pas dire les plus aisées, j’entends que l'Europe débloque 300 MILLIARDS d'euros pour combler les trous générés par les plus flambeurs et les plus inconscients d'entre tous: nos banquiers.

Pour mémoire, il s’agit de ces employés endimanchés qu’on n’aime pas trop rencontrer, qui ont quasiment le droit de vie et de mort sur des populations entières, qui ont le monopole de la gestion de notre petit-peu-de-fric, et qui nous martèlent de taxes et d'intérêts exorbitants à propos de nos découverts qui, eux, ne dépassent habituellement pas quelques centaines d'euros.

Et j’apprends aussi que nos supercopains américains tombent de leur manche 700 MILLIARDS de dollars pour rembourser les dettes des plus hautains et des plus irresponsables d'entre tous: leurs banquiers.

Si je compte correctement : 300 milliards plus 700 milliards égalent 1000 MILLIARDS de sous-sous dépensés à pure perte.

Lesdits sous-sous qui, en prime, loin de favoriser le crédit dont pourraient bénéficier « les petites gens » pour s’en sortir, sont réinvestis par ces voleurs à 3% d’intérêt, auprès des banques centrales - dont je me demande bien ce qu’elles ont de central, moi, ces banques ?

Alors, je me pose deux questions :

D'abord, d'où vient ce pognon qui manque partout ailleurs, et dont l’absence revendiquée sert d'excuse au désengagement des états de l’aide qu’ils sont sensés devoir à leurs citoyens ???

Ensuite, est-ce qu’on ne nous prendrait pas un peu pour des ânes ???

Si quelqu'un avait une réponse à m'apporter, elle ne compensera pas mon déficit bancaire chronique, ni mon découvert alimentaire présent, mais elle aura peut-être le mérite de me rassurer ; et de ne pas me conforter dans cette opinion que j’ai parfois de moi, d’être quelqu’un de mauvaise foi, qui ne considère que mon avis.

Merci d’avance, filou.


Mercredi 22 octobre 2008

 

dans la grisaille

un poème naît

un grincement de rail

le fruit de mes entrailles

sous la mitraille

une fleur fanée

un pétale émaillé

un oiseau blessé

que tu t’en ailles

je le relirai

ce poème imparfait

que je voulais brûler

fétu de paille

je le jetterai

du haut d’une muraille

pour ne pas le froisser

 

dans la grisaille

un poème naît

un éclat de métal

le fruit d’une bataille

que tu t’en ailles

et je t’aimerai

comme on aime le mal

et les oiseaux blessés

vaille que vaille

je continuerai

des fois que tu reviennes

me réveiller

viennent que viennent

les joies et les peines

où sombreront les tiennes

je coulerai les miennes

 


Dimanche 19 octobre 2008

 

Voilà, j’ai trop de boulot mais je tiens tout de même à faire vivre ce blogue, que vous êtes nombreux à visiter. J’y publie donc des textes d’il y a un peu longtemps que je relis avec  étonnement (c’est moi qui ai dit ça ???) Enfin, jusqu’à ce que je puisse me libérer suffisamment de ce que je fais actuellement pour compiler mes dernières expirations. J’ai mis un lien vers mes plaies listes, à babord, pour qui veut… à plus, filou.

le parc

 

de ma forêt ,seul - quasiment

sourdes, les branches sont en feuilles

- je pleure, les trèfles se recueillent

se remémorent précisément

 

au jardin d’enfant

le soir venant

deux jeunes amants

s’encrapulant

crapahutaient

à l’heure du thé

sur le sentier

de la beauté

 

on y vient pour voir comme en noir et blanc

quelques bleus sombrant dans du vert tranchant

et l’arc de lune et les réverbères

orangés nocturnes, en angles s’éclairent

 

au jardin méchant

je voudrai maman

mélanger mon sang

au sang des indiens

qui restèrent humains

malgré l’homme blanc

 

au jardin sergent

où sont maintenant

mes rêves d’enfant

où sont les cow-boys ?

les épouvantails

les grands, les agents

où sont les canailles ?

 

elles ont un penchant, les lumières

pour les couleurs évidemment

quand les amants se font la guerre

elles les regardent en s’émouvant

 

elles voient les éclats, les torrents

de rires, et sous leurs filaments

passent les êtres de poussière

enivrés d’amour et d’amer

 

au jardin touchant

si petit pourtant

sont d’immenses bancs

qui clouent les parents

sur place un moment

et font des enfants

des princes en suspends

des super errants

d’un monde en chewing-gum

un monde en pochoir

où l’on vient s’asseoir

saluer les fantômes

 

au jardin, d’essence, imprègne la terre

 

elles volent souvent, les lumières

dans les cheveux des jeunes gens

elles rient de ce que cette terre

exalte de tempéraments

 

et pour exhausser leurs tourments

elles font des détours, des travers

animant tout ce qui, brillant

vit dans cet énorme univers

 

au jardin, Marraine

Marine et Marielle

sont vraiment très belles

laquelle est ma reine ?

 

une longue veine de sève et de lumière pointe au ciel sur un boyau bouleau: le lierre

 

 

 


Vendredi 17 octobre 2008

 

J’ai rajouté quelques liens que j'ai à cœur de partager, il suffit de cliquer sur les liens z’amis de "materrea2lunes" un peu à gauche, voilà, comme ça. .. Sinon j’ai scanné en deux fois un dessin que j’avais fait en début d’été, mais je n’arrive pas bien à faire ressortir les couleurs, dommage -et du coup je m'apperçois que monblogue ne les affiche pas (une prochaine fois...) et j’ai extrait de ma malle un vieux truc, que je poste, parce que ça fait du bien de s’envoyer des fleurs quelquefois (non, sérieux, je n’écris plus comme ça, c’était une période où je me relisais beaucoup trop, j’étais jeune). A tantôt, Filou.

 

légendes

 

(je dit que des adultes ont perdu la raison

qu’en voulant la bâtir il ont fait leur prison

je dit que leurs dents dures sont comme leur cœurs, usés

à force de creuser, qu’ils font face à un mur

 

je dit que les enfants dans les glaces infinies

de leur space opéra tutoient les éléments

je dis que carrément, et c’est très important

de traverser les rêves - au fond les interdits…)

 

je dis que les chanteurs sont comme les enfants

‘faudrait toujours en chœur, qu’on leur donne le La

 

je dis que les auteurs sont comme les oiseaux

et qu’ils crèvent de peur quand on s’approche trop

et qu’ils crèvent le sens quand on a plus de mot

qu’on a brûlé l’essence et qu’on a plein le dos

 

je dis qu’ils coagulent où saigne la beauté

que leurs pavots se frottent aux herbes des sentiers

qu’ils défrichent un terrain qu’on a pulvérisé

dans leurs cerveaux : l’amour, aux genoux cabossés

 

je dis que les poètes habitent la banquise

des ours affamés, des tigres sibériens

des trophées légendaires qu’on nomme avec estime

impressionnants et rares, aussi, qu’on assassine

 

qu’ils finissent empaillés dans les bibliothèques

ahurissants captifs de cirques littéraires

 

je dis que leur désir éternel est mortel

et qu’il va embraser l’horizon suffoquant

les livres consacrés, les lèvres des squelettes

les regards occultés à contempler le gel

 

je dis que leurs visions s’entrechoquant provoquent

la chute imprévisible de corps errants, célestes

et parfois le vertige, et parfois le déluge

sous des bordées de sable et des cordes de sel

 

je dis que ces enfants sont comme les comètes

qui font tourner la tête aux mathématiciens

je dis qu’ils ont raison de pleurer leur Eden

peuplé de musiciens, de trapèzes et de clowns

 

’faudrait qu’on applaudisse à leurs tours de magie

et qu’on les remercie pour leurs invocations

‘faudrait que les adultes aient vent de leur folie

que nos passions se hissent, et que nos vies résonnent

 

(nous resterons enfants et plus rien ni personne

ne saura nous blâmer d’être comme nous sommes)

 


Mardi 14 octobre 2008

 

Je me permets de publier, dans sa forme première, le poème que Tenebrum Draco a sympathiquement mis sur son blogue, car finalement, il date un peu, mais je l’aime bien Et il reflète assez mon état d’esprit de l’époque. Si des chums de Saint Jean passent ici par hasard, qu’ils me laissent un message avec un courriel, j’aimerai vous revoir. Mille fois merci. Bonne nuit. Filou.

L'île d'Orléans

Voiles sur le Saint Laurent
Déjà minent de partir
Au soleil d'été mourant
Les érables vont rougir

Dans les herbes les grillons
Qui tantôt vont s'endormir
Aux sons d'humbles carillons
Semblent vouloir retenir

Quelques gouttes d'élixir
Quelques délicieux zéphyrs
Et les rayons qui s'étirent
Et les vagues de frémir

Sous la brise d'automne
Emportées par la houle
Aux flots du fleuve donnent
Comme la chair de poule

Voiles sur le Saint Laurent
Déjà minent de partir
Au soleil d'été mourant
Les érables vont rougir
...

Avec mes yeux plissés qui continuent de voir
Sous le soleil, ce lion, qui domine l'azur
Avec l'esprit géant, brûlé de désespoir
Qui transcrit en pensées songes et larmes pures

Et vos saines joies blondes, et vos doigts de velours
Avec, ma chère, votre amour jusqu'au bout du monde
...

A sept heures, le ciel se penche sur le fleuve
Quand l'eau se laisse aller, dans ses bras sans nuage
Le ciel, dans son reflet respire, ses effluves
Ivres, sensiblement, embrasent le rivage

Le vent, devenu frais, s'étire en effleurant
Les rouges amants doux, bientôt pourpres et oranges
L'astre, qui tout le jour, comme s'évaporant
Parsemait les flots saouls de libellules étranges

Récite maintenant, faiblement, en douceur
En s'évanouissant, quelques vers en couleur

Puis, les cloches brûlantes, criantes, alarmées
Séparent virulentes, leur étreinte brillante
Les romances indolentes et les soupirs charmés
Sonnent les insolentes, la lune concurrente

Le soleil, rugissant, s'incline sous l'éther
Reprend nonchalamment ses rayons, et la terre

Immense, refroidie, dans les ténèbres noires
Tremble d'abandonner son amoureux céleste
Plus tard, la nuit experte en matière de loirs
L'écoutera dormir, sans demander son reste

Un ferry égaré, aux machines bruyantes
Aux cales débordées d'exotiques féeries
Imprimera au fleuve une vague effrayante
Qui n'indiffèrera que les chauves-souris

En haut la lune luit, boule de feu, bougie
Survole éblouie, la côte d'Haïti


Mardi 14 octobre 2008

et un lien vers le blogue politique de Tenebrum Draco : http://sergio_de_rosemont.monblogue.branchez-vous.com/

a+ filou


Dimanche 12 octobre 2008

Bonjour. Je n'ai pas réellement le temps de m'occuper de "ma terre a 2 lunes" en ce moment, et je m'en excuse. Tenebrum Draco a publié un poème de ma composition, écrit pendant l'été indien de l'an 2000 à Saint Jean (Ile d'Orléans) sur son blogue (voir liens), merci beaucoup. Sinon, j'ai scanné (mal) quelques croquis limite psy, que je vous partage (j'ai inversé les couleurs et l'orientation du premier) à tantôt. Filou

avec Marianne M.


Mardi 30 septembre 2008

cent qualités mineures...

à+filou


Samedi 20 septembre 2008

 

le temps, le vent portent les feuilles

de mes dix sept ans révolus

l’amour, la joie, le bruit, les filles

Marie Christine, que je salue

 

mon cœur est noir et volatil

par effraction, le monde est neuf

je veux m’encanailler des villes

avec la nuit, avec la teuf

 

y’a Greg qui m’invite à clamser

à minuit pile sur sa bécane

si ça marche pas, c’est juré

on ira s’exposer le crâne

 

qu’est-ce qu’on a fait de nos symboles

quand on ne va plus à l’école

qu’est-ce qu’on a fait de pas sensé

quand on a quitté le lycée

 

le temps, les plaies portent les croûtes

de mes dix sept ans résolus

je me revois près d’une route

j’aimerai crever dans la rue

 

les punks ont le droit de cité

chez Mamy, le bistrot s’emplit

de désordre et d’âcre fumée

de nos désirs, de nos envies

 

on prend des cuites dans les parcs

et on se fout de bien parler

on a des allures de monarques

désenchantés, désopilés

 

qu’est-ce qu’on a fait de nos amours

quand on ne va plus dans la cour

qu’est-ce qu’on a fait de nos excès

quand on a quitté le lycée

 

le temps, la vie portent le mal

de mes dix sept ans désœuvrés

de l’allégresse, du métal

des cicatrices pour de vrai

 

les théorèmes sous les grands chênes

la poésie pour mettre en scène

la débâcle, mon général

le corps et l’âme en diagonale

 

personne n’a jamais gagné

mais c’est au combat qu’on grandit

qu’est-ce qu’on en fait, de nos cahiers

mon vieil ami, qu’est-ce qu’on en dit

 

qu’est-ce qu’on a fait de nos idoles

quand on ne va plus à l’école

qu’est-ce qu’on a fait de nos idées

quand on a quitté le lycée

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