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ma terre a deux lunes


Lundi 30 juin 2008

 

*J'ai retrouvé le livre original du passage ci-dessous "philosophes à vendre" (un livre à 10 balles" en livre de poche) et je l'ai relu. En fait, il ne s'agit pas vraiment d'un résumé, comme je le disais, mais plutôt d'une version, qui empunte quelques phrases à la traduction originale, en y mêlant ce que je voulais y mêler sur le moment (et dont je me rappelle mal, ayant écrit ceci après une méga blessure, sous l'effet d'antalgiques et de morphine). Mémoire...

 

‘Alu. Un petit résumé perso et ancien de la traduction d’une œuvre de Lucien qui m’est un jour passée devant les yeux, et qui à l’époque, m’avait paru manquer de rimes pauvres.

 

Le jour va choir, au marché des esclaves…

 

Zeus :              bien ! que reste-il à solder, l’heure avance !

 

Hermès :          Pyrrhon le roux –le fou ! un sceptique à tout prix.

 

L’acheteur :       que m’enseignera-t-il, ce barbu sans défense ?

 

Hermès :          il produira le doute, visant l’ataraxie…

 

L’acheteur :       hein ?

je comprends mal ceci, dis-moi philosophe,

quelles sont tes certitudes ? que rapporteras-tu ?

qu’apprendrais-je de sûr en écoutant tes strophes ?

avant de me ruiner, réponds-moi : que sais-tu ?

 

Pyrrhon :          rien !

 

L’acheteur :       que peut bien signifier cette étrange affirmation ?

 

Pyrrhon :          je dis qu’il n’existe absolument rien à mes yeux,

que je ne peux rien prouver, si c’est là ta question ?

 

L’acheteur :       je vois… tu te moques de moi ! nierais-tu, devant les dieux,

qu’envers vents et marées, ici nous existons ?

 

Pyrrhon :          j’insiste, à l’évidence, car je ne le sais pas.

qui prétend le savoir se trompe pour de bon !

 

L’acheteur :       alors tu me racontes que, vivants, toi et moi,

nous ne sommes pas ce que nous sommes ? ah ! dérision !

il me semble, philosophe, que tu perds la raison.

 

Pyrrhon :          j’ignore ce qui est vrai, aussi, sur ma balance,

je pèse le pour et le contre, mais leurs poids se compensent.

devant cet équilibre je ne jure de rien.

 

L’acheteur :       vraiment quel manque de confiance, si je te prends, demain,

que feras-tu d’utile, à mon service ?

que peut réaliser un homme, qu'autant de doutes entravent,

au point de ne connaître ni qualité ni vice ?

 

Pyrrhon :          tout ! excepté courir après tes mauvais esclaves.

 

L’acheteur :       si c'est un fugitif, il faut pourtant sévir.

 

Pyrrhon :          mais réfléchis, mon bon –je ne peux rien saisir !

 

L’acheteur :       si tu ne m’obéis pas, je devrais te punir.

 

Pyrrhon :          que pourrais-je y changer si tel est ton désir ?

 

L’acheteur :       tu me parais spécial, et lent à mettre en route,

mais tu ne boîtes pas, malgré la canne que je vois,

t’appuierais-tu dessus pour supporter tes doutes ?

crains-tu de trébucher où d’autres ont pavé la voie,

d’une vérité simple qu’il te suffirait de suivre ?

 

Pyrrhon :          il existe des sentiers qui valent le détours.

 

L’acheteur :       où mène ta pensée, Pyrrhon ? vers quelle dérive ?

 

Pyrrhon :          vers l’ignorance, acheteur ! toujours entre deux chaises.

ne rien toucher, ne rien sentir, ne rien ouïr, ne rien voir…

être à la fois aveugle, muet, sourd, et très à l’aise,

qui plus est, incapable de juger ou de prévoir.

informe comme un vers, amorphe comme un loir.

 

L’acheteur :       voilà qui impose de t’acheter, combien ?

 

Hermès :          une mine suffit pour payer ce vaurien.

 

L’acheteur :       cela ne vaut pas moins, tiens ! qu’en penses-tu maintenant,

que je te possède entièrement, sans conteste ?

 

Pyrrhon :          que possèdes-tu réellement ?

 

L’acheteur :       hé ? je t’ai acheté, ta sagesse et le reste…

 

Pyrrhon :          ça reste à discuter, je suspends mon jugement.

 

 

L’acheteur :       épargne-moi ta satire ! car j’ai versé l’argent.

                        ton assurance est preste.

                        pour toi j’ai déboursé plus cher que cette veste,

qui m’a pourtant coûté les yeux de la tête -vraiment !

 

Pyrrhon :          justement ! questionne un peu ton dû ?

tes esclaves ? ta raison ? tes atomes ? ta vertu ?

crois- tu qu’ils t’appartiennent -ou les séquestres-tu ?

moi je ne peux répondre, devant tant d’inconnu.

 

L’acheteur :       suis-moi ! mon serviteur ! ta voix devient grotesque.

voudrais-tu me délester de ma propriété ?

 

Pyrrhon :          la question est posée, j’examinerai presque,

la réponse en détail, si je me permettais

d’apporter du crédit aux discours –mais qui sait ?

 

L’acheteur :       je sais qui t’a vendu ! j’ai là tous les témoins.

 

Pyrrhon :          peut-être qu’eux aussi vivent d’illusions faussées,

à regarder de près –sont-ils réels, au moins ?

 

L’acheteur :       s’il faut te décider par la méchante façon !

je t’emmène de force… tu mérites le bâton !

 

Pyrrhon :          garde-toi de juger.

 

L’acheteur :       j’ai déjà décidé !

 

Hermès :          allons, dépêchons-nous ! le jour va se coucher.

il a dûment payé, cessons de nous fâcher !

dès demain nous mettrons à la vente, aux enchères,

pour nous reposer un peu, quelques gens ordinaires.

 

Votre serviteur qui, pour tout dire, vient de rouvrir la malle aux souvenirs encombrée de bilans depuis longtemps oubliés. Ça pince… à tantôt. Filou.


Dimanche 29 juin 2008

 

Benvinguts à Perpinyà

  

Ayé ! De mon nid perché j’ai une vue imprenable sur les Albères ensoleillées. La chaleur est écrasante et la mer est bonne. C’est les vacances !!! Pas pour longtemps car, très à sec, il faut vite que le trouve un job (si d’ailleurs quelqu’un avait un plan aux alentours de Perpignan, qu’il n’hésite pas à me prévenir). Je passe en seconde année d’éduc spé avec toutes mes validations et mes travaux à jour… ouf (heureusement que ça ce termine pour cette année, parce qu’à ce rythme, je n’aurai jamais pu tenir 15 jours de plus, à rédiger, rédiger, rédiger… sans jamais avoir le temps de digérer). Bon, fi des lamentations, je n’y résiste pas, vous postant une allégorie très perso (disons un essai de peinture) d’un villa-t-ge mondialement connu et mille fois peint chaque été (celui qui trouve le nom dudit lieu de villégiature gagne un poème manuscrit) - et une petite chanson réaliste.

 

benvinguts à Perpinyà

petit rosé, petit muscat

les roustes grillées dans les vignes

les parillades de sardines

 

bienvenue à Perpignan

syrah, mourvèdre et carignan

les lascars et les larrons

devant la place d’Arago

 

benvinguts à Perpinyà

hier on a bu la Cap d’Ona*

sous le porche du Castillet

avec les étudiants fauchés

 

bienvenue à Perpignan

y’a que comme ça qu’on est content

les maillots de bain dans le vent

pas loin des plages, le prince charmant

 

benvinguts à Perpinyà

ici tu manges du nougat

ici t’écoutes - écoute mon gars

la sardane et la maquina

 

bienvenue à Perpignan

au pays des fiers catalans

des touristes à travers champs

et des bagnoles qui s’rentrent dedans

 

benvinguts à Perpinyà

c’est l’heure de l’apéro, je crois

avec les copains du rugby

on va défier l’après-midi

 

bienvenue à Perpignan

terre du beau et du bon temps

des indiens et des gitans

et des anglais et des allemands

 

benvinguts à Perpinyà

salut rebelle i català

salut les fraïs, salut les nines

salut cousins, salut cousines

 

bienvenue à Perpignan

centre du monde en attendant

que le déluge nous inondant

nous ramène tous à Perpignan **

 

*Bière artisanale des Albères

 

**Mon peu de catalan étant oral, désolé pour les fautes…

 

PS : sinon, super beau match hier Toulouse-Clermont Ferrand, captivant jusqu’au bout. Festival country à Villeneuve aujourd’hui. Réunion nationale du NPA à Paris, en ce moment. « Déferlantes » en fin de semaine au château de Valmy, avec Keziah Jones, Paul Personne. Hubert Félix Thiéfaine, Le Peuple de l’Herbe, etc. Morcheeba aux « Estivales ». Sonic Youth aux « Méditerranéennes »… A très bientôt, Filou.

 

villa-t-ge à découvrir (c'est le nom de l'essai)

 


Mardi 24 juin 2008

 

Ça mérite peut-être une explication de contexte : D’abord, j’arrivais pas à dormir. Ensuite je revenais de la fête de la musique où j’en avais pris plein les oreilles, pour le plus grand bien de mes typans. Puis comme je m’étais attardé au spectacle du rappeur R-Can, dont les z’icos étaient excellents, et qui a réussi une impro de fou sur son dernier morceau, suivi d'un pur régal de funk, je me suis mis en tête de faire rimer des « angues » et des « ingues ». Mais comme j’étais quand même un peu ramasse en rentrant, j’ai laissé mon ordi choisir sa musique, et il est tombé sur Léonard Cohen, puis sur Neil Young. Pour accorder le tout, je me suis attaché à y mêler une sorte de sens sentencieux, qui n’avait rien à voir avec celui du premier jet. Et ça a donné ça :

 

ce qui est populaire ne se vend pas, se donne

ce qui est populaire n’appartient à personne

 

c’est le ping et le pong

des pales d’un vieux zinc

un hymne à la déglingue

de Cohen, un folk-song

 

c’est un disque qui tangue

comme au rythme des jours

comme une vie de zone

au sommet d’une tour

 

c’est une nuit d’ozone

quartier des amazones

un magasin de fringues

un cow-boy en santiags

 

- sans Dieu ni Gang

une main sur un flingue

et l’autre dans un string

- c’est une route longue

 

le continent autour

jouant du métronome

comme un magnétophone

qui crache du Neil Young

 

refrain ? c’est le big-bang

comme un cri de King Kong

un big-band qui fait bling

c’est le ying et le yang

 

comme au sortir d’un ring

un frisson qui secoue

qui rend ivres les fous

et délivre les langues

 

et libère les hommes

et libère les femmes

 

ce qui est populaire ne se vend pas, se donne

ce qui est populaire n’appartient à personne.

 

PS: j'ai enfin pris un moment pour foncer l'écriture du blogue, vos yeux m'en seront sûrement reconnaissants, et les miens pèleront moins. A + Filou

 


Mercredi 18 juin 2008

 

J’avais du temps devant moi aujourd’hui alors j’en ai profité pour fabriquer ces petits jeux de mots. J’ai aussi glané quelques graffitis dans mes cahiers de cours. Merci à Ténébrum Draco de passer les infos à tes lecteurs, c’est important. Je me pose la question de créer une veille informative, mais je ne sais pas encore auprès de quels sites me renseigner. Je verrai cet été. A tantôt, Filou.

ça a combien de pattes, un psychopathe ? / et ça a combien de tics, un neuroleptique ? / c’est sous quel récif, qu’on devient dépressif ? / boit-on du rosé, quand on est névrosé ? / ça a combien de couches, un français de souche ? / combien de ratures en littérature ? / c’est sous quelle emprise, que tu lâchais prise ? / comment tu manies ta mythomanie ? / ça a combien d’ailes, une ribambelle ? / et ça a combien d’œil, un écureuil ? / est-ce que les rapaces ont des carapaces ? / est-ce que les présidents ont tous des longues dents / il faut combien d’hommes, pour faire un symptôme ? / et combien de volts, pour qu’on se révolte ? / que devient la ouate, quand on met les watts ? / est-ce qu’on a bien rit des mutineries ? / pourquoi tant de zèle, chez les demoiselles ? / et de noms d’oiseaux, chez les damoiseaux ? / il a trop de listes, pour les socialistes . / et il y a trop de kystes, de l’avis des trotskystes . / on est pas adroit, quand on est à droite . / et on n’est pas manche, quand on est à gauche . / est-ce qu’on y était, dans la société ? / comment tu vois le ciel, quand tout est démentiel ? / ça a combien de tics, un psychotique ? / et ça a combien de pattes, un sociopathe ? / y’a combien de sphères dans un contre-transfert ? / combien de versions de la perversion ? / est-ce que ça se coke, un staphylocoque ? / est-ce que Astérix a des idées fixes ? / est-ce que Hölderlin était borderline ? / est-ce que ça se freine, un schizophrène ? / pourquoi ça se perd autant, les repères ? / est-ce que ça s’opère, un coopérant ? / est-ce que ça dialogue, un radiologue ? / est-ce qu’on y sera, quand ça fissurera ? / il n’y a pas de terre dans les ministères . / peuplerons-nous les îles, ou les asiles ? / elles ne sont pas niaises, les bolognaises . / il n’y a pas de voix off, chez les philosophes . / il n’y a pas de barbe, autour des rhubarbes . / ça n’a pas de prix, un trait d’esprit . / ça n’a pas de nez, la fausse monnaie . / combien faut-il d’anneaux, pour être parano ? / ça a combien de pattes, un patibulaire ? / et ça a combien de tics, un romantique ? - / - y'a   combien de pattes, chez ceux qui nous épatent ? / et y'a combien de tics, dans nos cœurs en plastique ?


Mercredi 18 juin 2008

nomade

mord-celle-ment

révoltes (1)

révoltes (2)


Dimanche 15 juin 2008

 

Voilà voilà qu’ça recommence… J’ai reçu ça, de la part d’un ami, sur ma boîte mail. C’EST EDIFIANT et ça se passe aujourd’hui dans l’école de la République.

 

Je vous transfère ce que ma directrice vient de nous envoyer. A lire et à faire suivre car vraiment vomitif... Transmis par la FCPE du 64, suite à une alerte des enseignants de l'école de Monein en direction des parents d'élèves, une expérimentation d'évaluations CM2 d'un type nauséabond (cf partie 4 du questionnaire). Le SNUipp 64 a questionné l'inspecteur d’académie sur les motivations et l'origine d'un tel questionnaire, celui-ci n'a pas souhaité répondre... Attention, 80 écoles en France étaient concernées par l'expérimentation... Ca interpelle sur le rôle qu'on veut faire jouer à l'école !!! Source :

 

http://www.fcpe64.org/spip.php?article493


Des enfants soumis « à la question » à l'insu de leurs parents ! Expérimentation à l'école primaire de l'évaluation CM2.

Jeudi 22 mai 2008.
Pire que BASE ELEVE, une nouvelle opération de fichage ose utiliser les enfants dans le cadre même de l'école. À l'école primaire sont arrivées, dans un gros carton, les évaluations dites expérimentales, concernant les CM2.

Rien que de très normal direz- vous. Sauf que, premier point surprenant, les dits documents, une fois complétés par les élèves devaient être retournés directement au ministère SANS QUE LES INSTITUTEURS LES AIENT CORRIGÉS. En outre, contrairement aux autres évaluations les parents n'avaient pas à prendre connaissance des évaluations de leur enfant....et pour cause ! Si les 3 premières parties sont somme toute assez anodines, la partie 4 révèle bien des surprises ! Elle s'intitule : PARTIE 4 QUESTIONNAIRE. On précise bien au bambin, qui a déjà fait auparavant 3 séries d'évaluations que « ici toutes tes réponses sont bonnes, il n'y a pas de mauvaises réponses ».

 

Et ça commence très fort avec des questions du type :


« Es-tu né en France ? »
« Ta mère est née en France ? »
« Ton père est né en France ? »
« Quelle langue parles- tu à la maison ? »
« D'habitude qui vit avec toi à la maison ?
a.. a) ta mère
b.. b) une autre femme tenant le rôle de ta mère
c.. a) ton père
d.. b) un autre homme tenant le rôle de ton père'

 

La ressemblance avec les questions qui figuraient sur la première mouture de BASE ÉLÈVES n'est certainement pas fortuite. Viennent ensuite des questionnaires concernant  « Ce que je pense des devoirs à la maison » morceaux choisis :  « A la maison j'ai vraiment l'impression de perdre mon temps » ou alors « je fais mes devoirs à la maison parce que j'aurais une mauvaise image de moi si je ne travaillais pas »

Également la rubrique « Ce que je pense de ce que je fais à l'école » avec des réponses comme « en classe je travaille parce que je n'ai pas envie que mon enseignant(e) me crie dessus ». Le questionnaire comporte 11 pages avec des questions QUI N'ONT RIEN À VOIR AVEC L'ÉVALUATION PÉDAGOGIQUE des petits CM2. De plus ces questions sont pernicieuses, retorses.

Quel est le but de ce questionnaire ? De quel droit le ministère de l'éducation fait-il remplir ces fiches qui interrogent sur la nationalité, les conditions de vie à la maison, sous prétexte d'évaluation pédagogique ? Les parents ne sont pas informés de ce que l'on demande aux enfants. Sans l'attitude courageuse et civique des enseignants de l'école de Monein qui ont alerté les parents, cette opération dite « expérimentale » se serait déroulée dans le plus grand secret. L'utilisation, fourbe, de l'ingénuité des enfants qui n'ont pas d'autre choix que de répondre dans ce contexte scolaire, la volonté délibérée de ne pas informer les parents et de maintenir cette opération dans l'opacité, rappelle des pratiques totalitaires en cours dans d'autres lieux et dignes d'autres temps. Sans parler de la culpabilité que pourraient ressentir les enfants face à un tel interrogatoire. Cette « expérimentation » touche ou va toucher certainement d'autres écoles mais elle se déroule dans la plus grande opacité. Il est de notre devoir à tous d'alerter parents, professionnels, élus et de dénoncer un scandaleux fichage des enfants.

Interrogé par le secrétaire départemental du SNUIPP 64 (syndicat majoritaire dans le premier degré), l'Inspecteur d'académie n'a pas souhaité répondre.... Vous pouvez consulter ce questionnaire CM2 à cette adresse

http://www.everyoneweb.fr/lec/

… Moi qui pensais être parano… Je n’en reviens pas… Réagissons !!!!!!!!!!!!!!!! Filou.


Dimanche 08 juin 2008

 

Ouaouh !!! J’ai relu le texte que j’ai « commis » l’autre soir d’ivresse, et j’ai bien voulu l’effacer, mais ma pote amie copine Marianne M. m’en a dissuadé. Je crois que j’étais un peu énervé, et même si c’est à peu près exactement ce que je voulais dire, il y a des moyens plus élégants de le faire. M’enfin ! Je demande encore ce qui peut se passer de si grave en France pour que les rues de ma ville soient à ce point quadrillées de forces de l’ordre en tous genres. Depuis 15 jours j’ai dénombré au moins 10 cars différents de CRS, des voitures de police nationale, de municipale, de gendarmerie, de douanes, des officiers à pieds, en civils, qui sillonnent les chemins jour et nuit. Aucune presse locale n’en parle, et j’aimerai savoir comment ça se passe ailleurs ? Je regarde peu la TV mais j’ai vu hier, dans le journal du soir, un spot de quelques secondes qui semblait dire que les CRS ont chargé la foule à Quimper - foule qui manifestait, pour ce que j’ai pu en comprendre (en si peu de temps - et en fin de journal) pour sauver son hôpital public. Ici, tous les pharmaciens mettent en garde contre la privatisation de la santé, en affichant des slogans assez clairs sur leurs vitres, comme « tombez malades aujourd’hui, demain il sera trop tard ». Autre sujet, de presse écrite cette fois, j’ai lu ces dernières semaines, y compris dans l’hebdo Marianne (que j’apprécie d’ailleurs) plusieurs attaques dirigées contre le NPA (nouveau parti anticapitaliste) initié par la LCR. Moi, qui ne suis encarté nulle part, et plusieurs de mes collègues, avons pourtant été invités à des débats et des forums d’information, où nous n’avons absolument pas ressenti le sectarisme ni la volonté de récupération, dont les journalistes semblent accuser la LCR. Les débats ont été riches, didactiques, et notre parole a été écoutée, sinon entendue. De mon côté, il me paraît possible de créer quelque chose de nouveau, avec le NPA, qui dépasse les clivages idéologiques de chacun. Et c’est peut-être urgent. Quand à la mobilisation des travailleurs sociaux en formation de l’IRTS de Perpignan, elle s’est essoufflée face à la contrainte de travail institutionnelle à laquelle nous devons répondre dans le temps imparti (plus personne ne dort, en tous cas pas moi, pour rendre la somme astronomique d’écrits qu’on nous impose de pondre à propos de tout et de rien). Pour ceux qui s’y intéressent, et vu qu’aucune avancée notable n’est en vue dans ce domaine (le directeur de cabinet de Xavier Bertrand nous a encore pris pour des Bisounours), je vais momentanément effacer les liens amis pour ne garder que celui de Perpignan, où ils sont de toute façon répertoriés. La mobilisation reprendra sans doute en septembre, quand une classe entière de collègues devra signer ses conventions de stage, et lorsque, évidemment, faute de sous et d’intérêt porté par nos décisionnaires, cela leur sera refusé. Je les remplacerai, dés que je peux, par des liens de potes (plus artistiques). Pour continuer sur le même sujet que les textes précédents, mais de façon plus légère, voici « le vent en pop » :

elles ont le vent en poupe

mauvaises gens

elles aiment Betty Boop

et Tarzan

 

elles regardent à la loupe

notre temps

elles ont les yeux soucoupes

détergents

 

elles ont le vent en pop

mauvaises gens

elles aiment le trip hop

et Rahan

 

elles se taillent des coupes

de mutants

elles se méfient des scoops

qu’on leur vend

 

elles mènent large au cap

des vivants

quand elles se sentent cap’

pas d'argent

 

elles se fument en clopes

émouvants

gracieuses escalopes

sans divan

 

elles ont le vent en poupe

chaud devant

elles aiment Betty Boop

et Jean Valjean

 

C’est certes un peu naïf, mais ça me plait. Au fait, je vois que vous êtes nombreux à visiter le blogue, pensez à laisser des comments, qu’on puisse partager quelques bouts d’idées, merci. Filou. Ps : à Ténébrum Draco, je reprendrais contact cet été, à plus, continue le combat.


Samedi 24 mai 2008

 Bref, j'suis un peu mal, et j'suis surtout très bourré ce soir. Je suis dégoûté parce ce qu'on a tout fait pour être médiatisés depuis deux mois, et que malgrè qu'on était plus de 3000 à Paname de départements unis et différents, des Pyrénées jusqu'à la Sorbonne (ces cons de CRS nous ont gazés, comme il faut, en réponse à des gens, pas racaille ni  travailleurs sociaux en formation, que personne d'entre-nous ne connaît ni d'Eve ni d'Adam - ce qui est inconcevable quand on vient d'écoles où s'qu'on se connaît personnellement tous - qui les ont, soit-disant, "agressé" - ce qui a leur a donné raison de répondre violemment aux pacifistes patentés que nous représentons) aucun média ou presque, n'a voulu parler de nous, ni de notre problème de formation, bientôt lettres mortes, du moins très bientôt caduques : système à la con. C'est un peu comme si les journaleux oubliaient qu'il y a de l'information en France à exprimer aux citoyens. Fascisme? Propagande? Sarkosisma? Beaucoup de questions que je ne me pose plus. C'est mort. Enfin, pour redevenir ou rester humains, si vous avez des airs à partager avec moi, je vous offre ces modestes paroles. Pensez simplement à m'envoyer les morceaux, si vous en faites avec, qu'on s'amuse un peu... S'il vous plaît... merci... D'avance et en retard. Simples révoltes!!! Grands pas sur la Lune!!! Merci encore et encore et encore et encore, de les partager avec moi. On est copains ou quoi ? Du texte d'avant voici la suite, que Julien.M. a commencé de balancer en musique. Envoyez -  si vous voulez - vos courriels, vos commentaires - pour écouter l'originale - ou please, encore mieux composez...

- entendez-vous, c'est arrivé / ce coup là nous sommes énervés

ils ont renvoyé les immigrés / ils emprisonnent le progrès

- entendez-vous quand ils mugissent / soldats et féroces CRS

quand ils s'en prennent aux filles, aux fils / à nos anciens - à nos promesses

- allons enfants de la fratrie / à la santé de nos victoires

à la mémoire d'un jour de gloire / allons enfants de la partie

- alors voyons, cet étendard / qui fut sanglant, qui fut un dard

pourquoi maintenant nous sépare / pour une poignée de dollars

- alors voyons, cet étendard / qui fut bleu-blanc-rouge d'espoir

peut-on le rendre un peu plus noir / contre-nous racisme et remparts

- réveille-toi, rebelle-toi Paris / rebellons-nous îles et villes

soyons les indiens, les kabyles / de notre faim soyons le cri

- réveille-toi, rebelle-toi Paris / soyons nos musiques et nos contes

soyons nos liens et nos rencontres / soyons la terre, soyons nos maîtres

N'ayez pas peur, exprimez votre symptôme, dites, compilons, changeons le monde, laissez des commentaires.. D'avance merci. A tantôt. Filou.


Dimanche 11 mai 2008

Coup de gueule !!!

Voilà, encore des jours à ne plus trouver le temps de m'occuper de moi ni de mes proches. Pas plus du blogue d'ailleurs. Retour sur la situation qui me préoccupe : depuis deux lunes, rien n'a véritablement changé. Le gouvernement renvoie la balle aux conseils généraux, les conseils généraux renvoient la balle au gouvernement : l'impasse. Les futurs travailleurs sociaux sont au centre du dilemme, même pas en position d'arbitres. Leurs stages s'évaporent comme neige au soleil, faute de financements, quand on ne leur signifie pas simplement qu'étant gratifiés (par quelques associations "compatissantes") ils interviennent en remplacement de professionnels (des galériens à 398,13 euros le mois, légalement - c'est-y pas bon ça?). Qui ne voit pas le recul de notre société, le retour à l'exploitation éhontée (dire "libérale") des femmes, des hommes et des richesses, qu'on nous impose à tous, branche de travail par branche de travail (accords d'entreprises, éducation nationale, éducation spécialisée, aide sociale à l'enfance, hôpitaux, justice, prisons, retraites, j'en passe et des meilleures...) en catimini, avec des sourires mieileux, des "vous en faites pas, c'est un peu raide à avaler mais ça va passer, comme d'habitude, par derrière..." ? C'est la MERDE !!! Excusez du peu. Ce n'est pas la vision que j'ai de mon avenir ni de celui des usagers (quand on ne se trouve pas dans l'obligation, depuis la loi de prévention de la délinquance, de dénoncer les familles à la "Stasi Sarkoziste" - ce que certains refusent, se mettant justement hors la loi, passibles de peines, d'amendes, et de ne plus pouvoir exercer leur métier). C'est GRAVE. Je ne peux pas personnellement cautionner les dérives d'un état dont les élus ne représentent que leurs comptes en banque. L'idéologie de ces gens est dangereuse. Je n'appelle plus ces façons de faire des "errements de nouveaux riches" venus au pouvoir, mais bel et bien du  FASCISME !!! Bref, je laisse les liens des collectifs jusqu'à la fin de la mobilisation et je me rends à Paris, direction La Sorbonne, le 13 Mai, manifester avec les collègues de toute la France qui sont pas contents, mais alors pas du tout. Pour lecture, je publie un poème qui me vient du coeur, que Marianne M. a déjà mis en musique (je vous envoie le mp3 sur votre courriel, si vous laissez un commentaire). Merci à celles et à ceux qui suivent de près ou de loin nos aventures, merci à celles et à ceux qui nous soutiennent, en riant un peu svp (ce qui, j'en conviens, n'est pas mon fort en ce moment). Pour préserver cette façon un peu  "passéiste" et solidaire de vivre ensemble, que nous sommes, je crois, nombreux à vouloir partager. N'en déplaise à nos élus, que je ne salue plus, mais alors décidément plus.

Abreuvant nos sillons

Nos bourgs et nos campagnes

l'Alsace et la Bretagne

Lille et le Roussillon

Paris, d'Est en Ouest

Nos fils et nos compagnes

Toutes les gens modestes

A vos pavés, Mariannes !

A bientôt, à Paris, en Province, pour dire que Non, mesdames et messieurs les politiques, vous ne pouvez pas tout le temps faire ce qu'il vous plaît de nous, en vous sucrant perpétuellement sur notre dos. Comme disait l'autre "il faut chercher l'argent où il se trouve, chez les pauvres : d'accord ils n'en n'ont pas beaucoup chacun, mais ils sont très nombreux" A plus.

PS : à voir et écouter absolument Desert Rebel, les rockers oubliés du désert. Une histoire de résistance portée par des musiciens réunissant Tryo, Mano Negra, Gnawa Diffusion et rebelles touaregs. Trop de la balle...


Samedi 26 avril 2008

 des cellules grises comme un ciel de Paris.


Jeudi 17 avril 2008

 Tous n'est pas là, suivez les liens, renseignez-vous, exprimez-vous, merci, Filou.


Dimanche 13 avril 2008

 

 Cette lettre n’est que le reflet de mon point de vue de citoyen. Même si je sais mon avis partagé par nombre de collègues, je n’implique en aucun cas la parole des collectifs qui s’organisent sur tout le territoire pour sauver leur profession.

Aujourd’hui dimanche, j’aurai aimé me lever tard le matin, profiter du soleil radieux de la journée, admirer les Pyrénées enneigées, faire des gazous à ma petite nièce, m’occuper de moi, écrire une chanson, aller voir les copains jouer au rugby, faire un peu la fête après, me détendre, comme tout étudiant d’une formation en alternance normalement constitué. J’aurai aimé faire tout ça mais, à vrai dire, le