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Lundi 18 janvier 2010
Un petit mot pour publier et saluer une chanson que mon frangin vient d'écrire et que je trouve top - et pour tomber le masque de mon second blogue (et oui, je n'ai pas vraiment l'occasion d'écrire en ce temps de labeur dur). Donc, la face sombre (mais parfois éclairée) du filoup : du givre au bord des livres et la poésie du tit'frérot :
J'trace la route sur des chemins, que le destin juge être miens, habillé le jour en troubadour, je m'joue de l'ame ou redoute des larmes, la nuit je file droit vers la lune, je part en vrille et fume ma brune, et quand je l'hume je tousse la brume.
Quand l'ennui m'guette les matins de fête, je jette des mots sur les salauds, qui nous expliquent avec leurs triques, que défiler c'est la santé, que l'art médit maudit l'armée, l'arme est ton premier bouclier, et que tuer c'est pas si grave, que c'est normal voir même vital.
J'trace la route sur des chemins, que le destin juge être miens, habillé le jour en troubadour, je m'joue de l'ame ou redoute des larmes, la nuit je file droit vers la lune, je part en vrille et fume ma brune, et quand je l'hume je tousse la brume.
Quand l'espoir brille sous les étoiles, je baisse les yeux et souffre un peu, en pensant a nos dirigeants, dans leur bureaux qui font leur temps, qui nous montrent du bleu et du blanc, moi je vois rouge je sert les dents, je souris avec émotion, quand j'pense a la révolution.
J'trace la route sur des chemins, que le destin juge être miens, habillé le jour en troubadour, je m'joue de l'ame ou redoute des larmes, la nuit je file droit vers la lune, je part en vrille et fume ma brune, et quand je l'hume je tousse la brume.
Quand l'ennui m'guette les matins de fête, je jette des mots sur les salauds, qui nous expliquent avec leurs triques, que défiler c'est la santé, que l'art médit maudit l'armée, l'arme est ton premier bouclier, et que tuer c'est pas si grave, que c'est normal voir même vital.
Quand l'espoir brille sous les étoiles, je baisse les yeux et souffre un peu, en pensant a nos dirigeants, dans leur bureaux qui font leur temps, qui nous montrent du bleu et du blanc, moi je vois rouge je sert les dents, je souris avec émotion, quand j'pense a la révolution.
Et quand l'odeur de liberté, que l'homme moderne a oublié, viens flatter le bout de mon nez, je sens qu'la joie viens me bercer, et avançant avec entrain, j'éléve la voie plus ou moins bien, j'éléve la voie je lève le poing, et je peux voir la biche d'arain. --> j'vois la bas leur régne qui prends fin.
J'trace la route sur des chemins, que le destin juge être miens, habillé le jour en troubadour, je m'joue de l'ame ou redoute des larmes, la nuit je file droit vers la lune, je part en vrille et fume ma brune... je part en vrille et fume ma brune, et quand je l'hume je tousse la brume.
Ps : lisez absolument "La conjuration des imbéciles" de John Kennedy Toole. Le genre de littérature que devrait rembourser la sécurité sociale (si j'ai le temps, je vous ferais un résumé, prochainement)
+++ filoup
Dimanche 27 décembre 2009
Bonjour et bonnes fêtes à tous. Comme vous l'avez remarqué, j'ai été avare de disgressions concernant ma vie perso, ces derniers mois - balançant des textes (anciens et neufs) de façon un peu brutale. C'est que je suis redescendu au huitième sous-sol des arcanes de mon esprit torve... Pardon.
En vérité, un stage professionnel qui traîne en longueur, dans une institution qui dysfonctionne pleins tubes, l'impression de me prendre 33 ans d'inutilité dans les dents, un sentiment d'entente exacerbée pour une femme, envers laquelle il valait mieux éviter de nourrir ce genre de sensation fausse (l'être et la-voir...) des orties trop nocturnes, etc... Rien de très bon à raconter.
J'ai tout de même narré, dans une nouvelle, mes déboires de minuit et de début d'après midi. Ce qui m'a permis de les exhorciser. Un tant soit peu. (M'apercevant - enfin - que je ne suis pas vraiment fabriqué pour vivre dans le bonheur. L'illumination, l'extase, le plaisir - je sais apprécier, et donner. Mais le bonheur ? C Kan ? )
Cependant, cet écrit impliquant une bonne moitié de mon entourage personnel, j'ai peur d'essuyer beaucoup de refus, de la part des potaux - et de la copine en question - si je me décidais à leur demander l'autorisation de le publier ici. Pour l'instant, je le garde pour moi.
Comme je me raccroche au peu de bonnes nouvelles que je reçois - comme aux branches d'un arbre qui se dérobent sous le poids de mes défauts majeurs - en voici une : du moins pour moi.
Jacquot, un bon vieux copain, passionné de littérature, suit, depuis l'an dernier, des cours parisiens en vue de devenir éditeur. Un exercice lui a été commandé : il s'agissait de rédiger une quatrième de couverture. Et ce petit salopard n'a pas trouvé mieux que de jeter son dévolu sur une nouvelle, plutôt acide, que j'avais postée ici le 20 septembre 2009, dont il fut l'un des premiers lecteurs : "Les mâles de la famille Defrance".
Assez bien réussi, empruntant mes mots, il paraît que toute sa promo s'est bien marrée. Du coup - avec son accord - je la reproduis ici. Si cela peut inciter certains à parcourir "l'essai humoristique" incriminé (du moins à dépasser l'amertume des premières lignes, faites pour rébuter le client). A vous de voir.
Au fait, vous êtes nombreux à me lire, chaque mois - plus de 2000 quand je publie, 1500 quand je n'écris rien - pensez à me laisser des commentaires, s'il vous plaît (même des pas élogieux, ça m'aide à avancer). Merci.
+++ Feeloup
Endavant-i-Endarrera Éditions
Quatrième de couverture
Pierre Desproges disait : « On peut rire de tout…mais pas avec n’importe qui ». Vérifions l’adage.
Les mâles de la famille Defrance s’en prend à la connerie humaine. Roman-épouvante, parfois épouvantable, ratisse ample : néo-nazis, pédophiles, étrangers, fanatiques, condition féminine, crise du libéralisme, handicapés mentaux.
Proposons un rapide aperçu de la famille :
Le cadet : Thibaut adepte du Lepen-ball, atteint d’une dégénérescence dermatologique qui le rend black. Il a d’ailleurs peur qu’on le renvoie au Burkina Facho.
L’aîné : Patrice. Handicapé mental, il ne comprend rien. D’ailleurs, la mère détourne l’aide qui lui est donnée par l’Etat pour s’acheter des pantalons Hermès et du parfum fastueux.
Le père : Laurent, la quarantaine, col blanc, croix chrétienne, costume noir et marchand d’armes, PDG de Defrance Armement (32 délocalisations connues à ce jour). Il a décroché la timbale entre la nympho mytho (la mère), l’attardé nazi (Thibaut) et l’aîné trisomique (Patrice).
Le grand père : Isidore. Physcien hors pair, collabo, qui s’est vendu aux américains, bien généreusement. Il avait du tarin le vioc. C’est grâce à lui que la saga familiale perdure.
Sans concession…Ah non, ça, JAMAIS ! Ce portrait de famille est une nouvelle pierre à l’édifice du crétinisme universel. Ami lecteur, si tu as l’âme trop sensible, passe ta route. Décapant, choquant mais si drôle, Filou de la Rao nous fait comprendre que le second degré n’est encore pas suffisant pour lire ce roman.
A tantôt +++
Samedi 14 novembre 2009
Bonjour, votre serviteur, qui, pressé par le tic-tac de l'urgente horloge de sa vie, est en train d'exhumer quelques vieilleries oubliées, dont celle-ci +++ filou
Banlieue grise
le soleil craque sur l’escalier palier du 22ième étage ici la ville est à nos pieds une vague étendue de nuages
le ciel d’équerre à l’horizon tourne précaire, vire à l’orage on dirait presque un pavillon malgré l’aspect qui décourage
l’asphalte flambant dans l’ozone les reflets frimant sur les chromes l’ennui, toujours, qui tue les mômes le quotidien, les autochtones
entre hall d’entrée et parking le soleil stone, le vice racole la rue s’éveille au son du King d’un autoradio rock’n roll
ici c’est plutôt black métal faut s’habituer au bitume avoir un mental impartial pour saisir la joie dans ces turnes
ici c’est pas Costa Del Sol ni les nuits chaudes à Ibiza c’est Cali, Kingstown, Liverpool quartier de la bérézina
c’est le Far West sans les cactus le désert du Mexique en moins dernier arrêt du dernier bus les bandits tapis dans les coins
ici c’est la désolation culturellement Smith et Weston la Sergio Léone Connexion M.J.C Ennio Morricone
c’est Chicago, c’est la mafia les triades et le Hells Angel personne ne souhaite habiter là personne ne veut du mauvais rôle
tu peux te bourrer de calmants t’arracher au rhum ou au gin quand t’as jamais vu l’océan t’échappes pas à tes origines
ma géographie c’est la zone mon économie : la défonce ma politique est autonome stratégie de l’autodéfense
toujours du shit dans mes Marteens du shit dans mes rêves de gosse du shit pour fumer mon spleen défier les lions dans la fosse
je suis black out, bientôt knock out lascar qui peut sauver sa peau ninja en fraction sur la route entre Beyrouth et Soweto
chacun essaie de s’en sortir j’ai eu mon bac du premier coup j’ai pas eu la chance de partir y’a pas d’embauche pour les voyous
y’a pas d’école pour délinquant tu pourrais sortir d’H.E.C t’as vraiment pas l’air innocent t’as le tampon de ta cité
brodé sur ton curriculum j’ai plus envie de travailler j’ai plus du tout confiance en l’homme je grille les tiges du condamné
je deale du plaisir synthétique je brasse des savons dans les caves ma clientèle est atypique junkies pathétiques et esclaves
triquars et bourgeois apathiques prêts à dénoncer père et mère si ça peut rapporter du fric pour se payer mes somnifères
les extas sont abrutissants le tosh coupé 200% la coke sent même le détergeant mais le business est incessant
j’attends impatiemment mon tour d’abandonner ce trou à rats où tu peux pas crier au secours sans finir au commissariat
ma vie est une capoeira qui tomberai-je au prochain round ? je prends des cours de close combat je sens la rage en moi qui gronde
quand je sors claquer des lovés tilt à ma face de loup garou embrouilles, vigiles, contrôles, papiers pas d’extra ball pour les zoulous
vision paranoïaque schizophrène et sans loi d’un monde en cul de sac où le pitbull est roi
je ne sais pas combien s’entassent d’assassins dans ces corridors ? 890 palaces dans 10 bâtiments - c’est la mort !
22 étages : ça prend de la place ! on dirait pas, mais ça fait de l’ombre une ombre crûe comme une menace un vautour autour de décombres
combien de furieux dans ces cages s’enferment avec leurs carabines ? prêts à risquer la prise d’otages au moindre bruit, même en sourdine
combien de miss monnaient l’hymen ? combien de rapace et de hyènes ? pour un fix, un casse, une peine qui franchira la ligne ?
la mairie construit un terrain aggloméré, rectangulaire une aire de jeu pour les gamins tout en ciment, le reste en fer
les derniers travaux de surface nous font marrer, tu les verrais crois-tu que le béton remplace des jardins, des champs, des forêts ?
le maire, élu depuis 15 ans je l’ai jamais vu en personne je capte vraiment pas ces gens qui vont voter pour un fantôme
quand TF1 tire à la Une le parfait portrait du posse je me demande combien de tunes gagnent sur nos dos ces nazis ?
paraît qu’on est sur assistés qu’on peut oualou pour les cités qu’on va quadriller les quartiers assurer la sécurité
paraît qu’on est pires que sauvages juste bons à tourner des cailles le cauchemar du voisinage qu’on désintègre à la mitraille
la vue d’un schmitt ou d’un corsage ça nous rend barges et criminels le jeune au pays du chômage ça fait longtemps qu’on l’a à l’œil
paraît qu’on a tort de se plaindre on a des allées, des platanes mais y’a pas Matisse pour les peindre dans ma banlieue : y’a pas Cézanne !
faudrait qu’un peintre soit dément triste à chialer plus que tu penses pour venir croquer nos tourments et pour partager nos errances
Mercredi 11 novembre 2009
nonchalamment, elle a forcé sa porte délicatement, il a grillé ses rêves elle a tourné la tête aux liqueurs fortes
âme, homme ou amant, que lui importe hier elle dansait, dansait -olé ! la fièvre et les latins lover au corps accorte
Darling, il est fort, il est dingue, tu flingues Darling, te désire, sur le ring, bang bang
sur la piste, froissé, point de suture qui ne peut plus cacher comme il crève une fleur amochée par l’écriture
elle a laissé sa porte entrouverte à l’aventure, elle a joué ses lèvres un halo de sa peau découverte
Darling, il est mûr, il est dingue, tu flingues Darling, te désire, se déglingue, bang bang
âme, femme ou maligne, féline hier elle dansait, dansait - o les signes ! son déhanché, branché, j’imagine
Darling, il est pur, il est dingue, tu flingues Darling, te désire, le dézingue, bang bang
Bon d'accord, je tourne un peu autour du même thème, mais je l'aime, celle là.
PS : allez sur le myspace de Narine et Léonie (en lien) c’est de la balle +++
Vendredi 6 novembre 2009
J’ai encore perdu mon cœur.
Où j’ai bien pu le mettre ? Oh, dans ton immeuble ! Je l’ai laissé seul !
Tu me jures de garder un secret ?
Mon cœur et moi sommes ninja. Nous avons l’art d’être des chats. Nous ronronnons, langoureusement, durant des heures. Dessous tes draps. Nous t’accordons notre pelage, pour te dire notre joie. Nous baillons de bonheur. De reconnaissance. Passionnés par tes yeux. Tes cils. Te griffant, toujours un peu. Quand la nuit sombre. Nous nous levons pour dîner, à la bougie.
Notre iris s’illumine.
Notre instinct nous rappelle à nos devoirs félins.
Courir les toits ! Battre campagne ! Prendre la vie ! Convier la lune à nos festins ! Notre destin ? Renaître, chaque fois, de nos virés terribles. Nos escapades à perdre haleine. Retrouver le sentier.
Dans nos rires, que tu n’entends pas, des regrets parfois. Pleurer tes doigts.
Épris d’indépendance. Et suppliant ta beauté. Il arrive que nous nous séparions. Lui, demeurant chez toi, silencieux. Tapis sous un meuble. T’observant te dévêtir. A moi. Le goût du sang. Prédateur des étoiles. Ennemi des lumières. Ruant. Croquant. Tuant. Sans bruit. Défiant ton bon sens. D’une ruelle à l’autre, invoquant la mort, dans un brouillard nacré. Auprès d’un cimetière. Respirant ton dernier souffle, aux pâles rayons du crépuscule.
C’est l’aube.
Loin de ta fontaine d’eau de pluie. Et de son réverbère. Tu te réveilles. J’ai perdu ma route. Je te devine t’étirer, te toiletter, partir. Vaquer à ton ennui. Humaine. Je ressens tes doutes.
Où est le chat ? Est-ce que tu le connais ? Me croiras-tu ? Le vin trompe. Miaulant, je parcours les trottoirs. Je veux retrouver ton lit, ton âtre doux. Le bord de ta fenêtre. Malgré mes moustaches, alertes - et mes bonds, agiles, je chancelle.
Et ces bras qu’on me tend. On m’attrape. Je ne me défends pas. Elle est si belle. Paraît fragile. Sur le pas de sa porte, elle veut me pendre au cou de son âme en mal de vivre. J’effleure sa poitrine. Elle sent la rosée. Son sein me caresse. Son geste va et vient, entre mes deux oreilles. Sensibles. Ses ongles se crispent sur mon poil gris.
Un instant, je m’apaise. Sitôt qu’elle a finit, je repars à la chasse.
Car j’ai perdu mon cœur. Sur le chemin de tes sens.
Quand vais-je te revoir ? S'il te plaisait de me garder. Dans ta cage d’oiseau. Pour m’écouter chanter. Je t’imagine m’apprivoiser.
Lui, hérissé de crainte et de désir.
Moi, à mesure que le jour flambe, le soleil me dardant d’épines. Zigzagant entre les gens. Me méfiant des voitures. Égaré, dans la cohue des femmes. Et des ombres.
Je devrais me cacher ! Je voudrais t’appeler ! Je ne sais pas rugir ! Je ne peux pas dormir !
Où as-tu mis mon cœur ?
+++ filou
Lundi 2 novembre 2009
Prenez du sel et du piment. Du poivre noir et, de Provence, des herbes fines au nez intense. Mélangez à la crème, les pétales d'une rose. Faites pleuvoir une pointe de curry. Un soupçon de curare. Une cuillière de citron vert. Puis, des champignons de forêt, délicatement rissolés. Laissez monter, un peu, cette émulsion vénéneuse. Trempez vos lèvres, pour voir. Rectifiez, selon votre goût.
Pour la viande. Choisissez une pièce, épaisse - mais n'en faites pas trop ! dans un grand morceau tendre. Déversez, sur la poêle, une huile un peu à part. L'olive et le raisin me vont tous deux si bien. Laissez là s'échauffer jusqu'à ce qu'elle frémisse, ardente. Jamais fumante. Puis, d'un geste appuyé, saisissez mes bords, à feu vif. Que mes sucs cristallisent. Car je me mange saignant. Réservez dans un coin chaud.
Dressez, dans son assiette, un lit de légumes saisonniers. Que vous avez, lentement, fait dorer, à votre douce flamme. Une salade fraîche, aux accents ensoleillés. Roquette, par exemple. Ciselez basilic, persil ou citronnelle. Saupoudrez délicatement d'un éclat de noisette. De vinaigre de Xérès. Allongez mon filet. Arrosez de son jus. N'oubliez pas ma sauce.
Si fantaisie vous prend, vous irez sublimer d'une pointe caramélisée. Quelques quarts d'ananas, que vous aurez rôti, avec un sucre roux. Accompagnez de vin, d'Alsace ou de Roussillon. Humez mes parfums, denses et légers, entrelacés. Vous pouvez déguster.
Bon appétit +++
Dimanche 1 novembre 2009
La poésie traverse la réalité. Elle est mensonge, qui conte une vérité. Pareille à la fièvre, elle m'appelle à vivre. Comme si mourir après... Quelques réécritures:
à la Salamandre samedi matin corset de satin femme au fond de teint
jeune cœur à prendre promesse d’esclandre piments et coriandre
à la Salamandre murs à moitié peints après-midi plein de tout et de rien
de nos assauts tendres jolies peines à pendre baisers sertis d’ambre
à la Salamandre troquet libertin entre le destin comme le soir vient
sans se faire attendre boire et se détendre nos braises répandre
à la Salamandre ta chute de reins tes lèvres tes seins si je comprends bien
émeraudes à vendre plantureux méandres gracieux corps à rendre
à la Salamandre dimanche matin décuve le vin oubli opportun
je dois me méprendre et toi de me fendre le cœur de prétendre
qu’à la Salamandre troquet reptilien c’est pour ça qu’on vient pour ça qu’on revient
de mars à décembre se prendre où se cambrent les culs et les membres
Dimanche 1 novembre 2009
y’a pas de lové sans complice ni sang ni peine sans sacrifice Ulysse s’est cassé sur lui glisse le chant des sirènes de police
y’a pas de lové sans complice Ulysse a tracé in extremis la malle s’est fait, la valise deux balles a laissées dans l’pare brise
le plan a marché jusqu’ici on œuvrait chez de vrais bandits le coffre a flashé, d’agonie un cri a lâché, on s’est enfui
d’odeur de poudre s’est remplie la rue, de foudres assorties pour nous absoudre, les képis viennent en découdre, petit, petit…
ils ont des flingues, des fusils qu’ils ont brandis sans préambule on est des dingues inassouvis comme on dit des têtes de mules
il est nom d’chien pas né celui qui nous f’ra cracher la pilule il est nom d’chien pas né celui qui f’ra un crochet en cellule
y’a pas de lové sans complice pas de coup mauvais sans justice pas de cerveau sans entreprise pas de liberté sans devise
y’a pas de lové sans complice pas de héros sans couardise pas de magot qu’on n’dévalise ni de gâteau sans sa cerise
la courroie hurle, le volant geint la nuit, la pluie, font des émules les keufs reculent, bravo l’engin comme il vrombit, le véhicule
Ulysse me signe le chemin d’instinct je suis chaque virgule nous sommes unis telles les deux mains d’un même destin de funambule
le traître feinte, je reste dupe les flammes encerclent la partie la tension moite, monte, décuple l’infâme a bâclé sa sortie
poker menteur sur fond d’arnaque bluff et patchaque sont de la passe la rue se tord en cul de sac les flics nous piègent dans l’impasse
Ulysse s’expulse de la voiture le rythme tape dans mes tempes il se retourne, et d’une injure vide son gun, puis il décampe !
y’a pas de lové sans complice peu de complices qu’on ne trahisse faudrait toujours douter, Janis avant d’sauter dans le précipice
y’a pas de lové sans complice nulle malice qui ne tarisse ils t’ont coincé, pauvre Janis par surprise s’est cassé Ulysse
le moteur claque et j’ai des crampes mon pactole vole vers d’autres azurs brusque, je braque – et de la trempe ! la bagnole file à folle allure
tremblant sous toutes mes coutures la caisse, comme dans un polar boule d’acier dans les ordures finit sa course dans un bar
-coma-
y’a pas de lové sans complice si un jour vous croisez Ulysse au nom du père, au nom du fils faites-lui la bise au nom du vice
y’a pas de lové sans complice si un jour vous plantez Ulysse faites-lui la nique et que lui pisse le sang par tous les orifices
Dimanche 1 novembre 2009
y’aura toujours décembre / pour succéder novembre / et toujours février / qui survivra janvier
dans un square enneigé / un soir, jolie frimousse / tu viendra abréger / ma repentance douce / tu viendra m’ériger / à six pieds sous les arbres / sous les stèles de marbre/ un abri, pour songer
à ce mois de décembre / qui succède à novembre / qui précède janvier / qui crève en février
peut-être qu’un lundi / en fin d’après midi / dans tes bras de Cassandre /quelqu’un qui sait s’y prendre / quelqu’un qui veut s’étendre / au ciel, par trop tenté / viendra se laisser pendre / à ton décolleté
un vieil ombre flambeur / qui, jadis encensé / par tes lèvres en cœur / reviendrait t’enlacer / un compadre sans peur/ que t’as pas oublié / ce souvenir, ma sœur / d’amour particulier
y’aura toujours décembre / pour dessouder novembre / et toujours février / pour ambiancer janvier
quand fermeront mes yeux / d’une fenêtre grande / ouverte sur ton lit / au jardin interdit / le poème maudit / désignera le feu / ton corps comme une offrande / une orange en décembre
y’aura toujours janvier / pour rappeler décembre / y’aura toujours novembre / pour remuer les cendres
et puis viendra l’été / et puis viendra l’été / et sa légèreté...
au courant du mois d’août / les messes seront dites / les preuves seront cuites / à tes joues de cajou /
et tes amours sans sweat / dont on voit pas le bout / tes cils, sans point de fuite / vacants entre deux moues
reviendront m’effleurer / et tes seins mordorés / et tes fluides salés / ta salive au bon goût / viendront s’évaporer / de mon torse andalou
pour combien de jaloux / surinés sans tabou / me vaudra le bonheur / de te revoir ma sœur ?
Dimanche 25 octobre 2009
Je voulais les poster hier, car ils vont avec le poème précédent (qui devrait être le premier) mais ils ne sont pas passés. Donc, les voilà. Ne me demandez pas pourquoi, écrire urge, en ce moment. D'autres (du même tonneau) à suivre, la semaine prochaine +++ filou
je suis un gentilhomme
j’ai pas volé mon homme
sur le fil du rasoir
du bar je vais m’assoir
je suis un gentilhomme
ne dois rien a personne
mais quand y’a la bagarre
je ne suis pas en retard
je suis un gentilhomme
je parle et je raisonne
mais quand je sens venir
dans un éclat de rire
je suis un gentilhomme
de l’école autonome
j’ai pas peur du trottoir
j’fais mêm’ peur aux anars
je suis un gentilhomme
avec un chapeau noir
et un cœur métronome
et un corps de guitare
je suis un gentilhomme
dans ma ligne de mire
les canons qui résonnent
les beautés qui s’étirent
je suis un gentilhomme
personne de me dire
ce que c’est qu’être un homme
je suis un être à part
je suis un gentilhomme
tristesse de savoir
ce que mon cœur accroire
de ton amour, à boire
Patron
patron, c’est la dernière
j’vais finir à l’envers
patron, c’est la dernière
dans la rue on m’veut plus
patron, c’est la dernière
mon amour, ma misère
patron, c’est la dernière
mon ami, mon frère
patron, c’est la dernière
elle est partie, je l’envie
patron, c’est la dernière
elle s’est enfuie, ma vie
patron, c’est la dernière
je m’en vais, je pleure
patron, c’est la dernière
du mauvais payeur
patron, c’est la dernière
au cimetière, mon père
au cimetière, mon frère
ma sœur, et ma mère
sur ma tombe de gangster
pleurèrent, pleurèrent
(bis)
Samedi 24 octobre 2009
Is a broken heart. Jean Leloup... J'adore cette toune.
j’arrive plus à dormir
j’arrive plus à manger
j’arrive plus à sourire
je ne sais plus pleurer
j’arrive pas à mourir
ni à vivre ou changer
j’ai besoin de te dire
je ne peux plus bouger
je ne veux plus maudire
et ne mendie l’ave
je ne sais plus écrire
que ton nom à crever
je ne veux que désir
ne souhaite que plaisir
à ton cœur assouvir
je veux t’entendre jouir
peut être que tu crois
aux chimères d’un jour
ou peut-être est-ce moi
qui doit passer mon tour ?
peut être que tu veux
juste vivre, après tout
est-ce facile ou mieux
que d’être amoureux fou ?
j’arrive plus à rêver
je suis pas vraiment drôle
je ne peux te prouver
je ne tiens plus mon rôle
je joue pas des épaules
les ailes, je les ai
je connais les étoiles
Lune m’a consolé
toi, tu crois un ailleurs
où le mot serait rire
je pâlis, comme j’ai peur
j’ai ton âme en délire
je ne cherche que d’or
et ne verbe qu’aimer
ne chéris que ton corps
moi, qui n’aime jamais
lors, je sombre à mon encre
comme dans les années folles
je redeviens le cancre
du banc de mon école
je m’abîme à ton ancre
et je nage à l’envers
je redeviens mon autre
je redeviens la guerre
je ne veux que désir
ne souhaite que plaisir
à ton cœur assouvir
je veux t’entendre jouir
je veux t’entendre vivre
je veux te revenir
te tenir comme un livre
ne plus te voir partir
mais peut être que deux
diamants, sur un bijou
c’en est trop pour les yeux
ça ne vaut pas le coup
mais peut être que je
tomberai à genou
ou peut être est-ce mieux
que d’être amoureux fou ?
Dimanche 4 octobre 2009
...
Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans, De vers, de billets doux, de procès, de romances, Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances, Cache moins de secrets que mon triste cerveau. C'est une pyramide, un immense caveau, Qui contient plus de morts que la fosse commune. - Je suis un cimetière abhorré de la lune, Où comme des remords se traînent de longs vers Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers. Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées, Où gît tout un fouillis de modes surannées, Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher, Seuls, respirent l'odeur d'un flacon débouché.
Rien n'égale en longueur les boiteuses journées, Quand sous les lourds flocons des neigeuses années L'ennui, fruit de la morne incuriosité, Prend les proportions de l'immortalité. - Désormais tu n'es plus, ô matière vivante ! Qu'un granit entouré d'une vague épouvante, Assoupi dans le fond d'un Sahara brumeux ; Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux, Oublié sur la carte, et dont l'humeur farouche Ne chante qu'aux rayons du soleil qui se couche.
(Charles Baudelaire) Pour le plaisir de le citer.
Salut.
Je suis tombé (du ciel) sur un fichier bien caché, dans un ancien disque dur, duquel j’ai extrait ce qui suit. Et qui date. J’avais pour projet, il y plusieurs années, de compiler un recueil. En mettant un peu d’ordre dans mes papiers. Mais à l’évidence, je n’aime pas les ordres. J’avais abandonné.
Bref, trois chansons sur un même thème, la dépression. L’amour perdu. Un truc qui ressemble à de la douleur.
D’ailleurs j’en avais écrit un, un soir d’anniversaire. 26 ballets. Ce qui prouve que, mes anniversaires non plus, je ne les aime pas.
Sinon, je m’excuse encore une fois du texte que j’ai publié le mois dernier. Mais il m’a bien fait marrer. Une collègue m’a dit ne pas l’avoir lu jusqu’au bout, parce qu’elle s’est surprise à en rire… C’était mon objectif. Laissez-moi votre avis, si vous le voulez bien.
C’est mal de se moquer des mâles de la famille Defrance ?
Sinon, de mon côté, je suis enfin en troisième année de formation d’éduc. La plus exigeante. Donc, il se peut que j’oublie souvent de remplir les pages de monblogue, ces prochains mois. Voili-voilou. A vous.
+++ filou
Dimanche 4 octobre 2009
casser mon cœur
à l’intérieur
je l’ai cassé tout seul
toujours l’amour
qui joue des tours
aux gamins pleins d’orgueil
je n’ai pas vu
lorsque tu m’as élu
chevalier de ta vertu
je n’ai pas vu
lorsque je t’ai déplu
je n’ai rien senti non plus
casser mon cœur
à l’intérieur
étouffer la douleur
toujours l’amour
qui fait la cour
aux oiseaux de malheur
je n’ai pas su
modérer mes remords
et je t’en ai trop voulue
je n’ai pas su
rattraper mes erreurs
je t’avais déjà perdue
casser mon cœur
au mauvais sort
j’ai sauté les pieds nus
toujours l’amour
crie au-secours
jamais de retenue
je n’ai pas pu
quand ton désir s’est tu
j’étais un vrai vampire
je n’ai pas pu
à ton âme j’ai bu
tu ne m’as pas vu venir
casser ton cœur
comme un accord
à ma corde pendu
casser ton cœur
et ton amour
contre mes idées reçues
tu n’as pas ri
quand tu m’as dit salut
j’avais du mal à croire
tu n’as pas ri
o - j’espère que tu
verra le bout du couloir
Dimanche 4 octobre 2009
Al
Alors, comme ça, ça va ?
j't'avais pas oubliée
ça fait longtemps, déjà
j’t’avais un peu pliée
dans un coin d’ma mémoire
qui ressort que le soir
la nuit, quand j’suis dans l’noir
enclin au désespoir.
Alors comme ça, tu r’viens ?
j’t’ai déjà pardonnée
tu vois, ça sert à rien
de remuer la plaie
j’dis ça, sans trop y croire
l’pardon, c’est qu’un moyen
d’éviter les histoires
d’épancher mon chagrin.
Alors comme ça, tu peins ?
t’es devenue artiste
tu vois, moi j’fais du pain
puis j’ai quitté la piste
toi, du soir au matin
tu manie les couleurs
moi, j’chéris mon levain
j’lui trouve un goût de fleurs.
Comme ça tu dis, comme ça !
qu’le bonheur est partout
j’réponds couci-couça
qu’il va me rendre fou
dés fois, dans ma p’tite chambre
un fantôme, dans l’ombre
m’envoie des regards sombres
c’est fou c’qu’il te ressemble.
Il parait qu’tu vas bien !
qu’ta vie c’est du sirop
qu’ton mec est plein d’entrain
j’suis toujours à zéro
les filles devront attendre
que j’renaisse de mes cendres
j’ai vraiment pas d’quoi m’plaindre
encore un an, il m’semble.
Je me souviens, guerrière !
quand je t’ai rencontrée
t’avais pas d’partenaire
tu voulais plus t’montrer
un punk t’avait fait souffrir
j’voulais t’en libérer
tu vois, c’est bien d’le dire
c’est dur à assumer
J’nous r’vois, mélancoliques !
comme si c’était hier
nos défauts et nos tics
nos mauvaises manières
tes qualités magiques
tes paroles engagées
tes caprices exotiques
ne m’ont jamais quitté.
Tu t’rappelles les chemins ?
toutes ces routes qui défilent
ensemble, main dans la main
nos baisers juvéniles
l’innocence d’une idylle
nos rêves de gamins
les stops de ville en ville
du jour au lendemain.
Tu t’rappelles de mon chat ?
qu’aimait trop la campagne
qui vit comme un pacha
la -haut dans la montagne
de notre caravane
où on n’avait pas d’douche
de nos voisins les ânes
et leurs amies les mouches.
Tu t’rappelle des hivers ?
et des printemps superbes
quand on se souciait guère
de nos mines en herbes
je sais : y’a beaucoup de bières
qui m’ont collées aux lèvres
tu sais, j’en suis pas fier
j’en ai encore la fièvre.
Pour sûr, j'ai déconné !
quand tu t’faisais la belle
mais durant ces années
j’te suis resté fidèle
et fidèle à moi-même
même si c’est le contraire
je ne suis pas la crème
de c’qu’on fait d’mieux sur terre.
Allez : t’éternise pas !
les souvenirs font mal
fais-moi la bise et vas
j’veux pas t’briser l’moral
vas t’en rejoindre ton graal
j’espère qu’il t’aime, au moins
si tu te fais la malle
n’hésite pas : j’suis dans l’coin.
C’est vrai qu’on s’est tout dit !
tu f’rais mieux d’repartir
comment va mercredi
samedi va s’repentir
et dimanche a raison
la vérité : je tremble
j’ai vingt-six ans-maison
qu’est-ce qu’on est, fin décembre ?
N’oublie pas ton manteau !
j’voudrais pas qu’t’attrapes froid
dehors c’est plein d’cristaux
de neige, enfin je crois
j’crois qu’il y a ton héros
qui t’attend dans la rue
salue-le comme il faut
désolé moi j’sors plus
Vas t’en, ma terre est p’tite !
mon monde n’ est pas géant
si jamais on est quitte
reviens m’voir en passant
au cas ou ton grand cœur
aurait besoin d’un gîte
cherche pas quatorze heures
n’oublie pas ou j’habite !
C'est clair, j'suis casanier !
je voyage plus souvent
les galères m’ont saigné
les veines aux quatre vents
ici, j’ai du travail
t’es libre de tes pas
avance, vaille que vaille
ne te retourne pas.
Je savais qu’le passé,
c’est pas bon à r’ssasser
j’en à peine assez
que tu dois te casser
écoute, juste un instant
ça fait vraiment plaisir
de causer du bon temps
et de te voir sourire.
allez casse-toi, p’tite sœur !
t’as raison d’être heureuse
de croire en ton bonheur,
moi, j’ai les idées creuses
j’ai l’humeur ténébreuse
la pensée vénéneuse
casse-toi, c’est déjà l’heure
et pense à moi, sister.
Comme ça, on s’sert la main ?
faut pas trop tenter l’diable
j’te souhaite que des câlins
que des choses agréables
moi, je reste dans mon antre
le pain vient de cramer
et puis, j’ai mal au ventre
c’est pas grave, j’m’en r’mettrai.
Comme ça, j’te laisse partir !
j’regarde par la fenêtre
j’aurais tant voulu t’dire
que j’t’aime, plus que peut-être
qu’ça sert à rien d’courir
autour de la planète
quand l’amour te désire
juste au pas de ma porte.
Alors comme ça, ça va ?
j’t’avais pas oubliée
ça fait longtemps, déjà
j’t’avais un peu pliée
dans un coin d’ma mémoire
qui me protège, le soir
du chaos et du noir
aussi, du désespoir.
Dimanche 4 octobre 2009
ma belle je t’écris
pardon si je te blesse
ma belle je t’écris
une lettre que je laisse
ma belle je t’écris
et je pars sans rien dire
ma belle je t’écris
ce que j’aurais dû te dire
plus jamais mon cœur
prisonnier ne sera
non jamais mon cœur
de prisonnier ne fera
nous étions unis
pour le meilleur et le pire
nous étions unis
par les larmes et les rires
nous étions unis
par la force du désir
nous étions unis
pour les tempêtes avenirs
plus jamais mon cœur
prisonnier ne sera
non jamais mon cœur
de prisonnier ne fera
ma femme je t’aimais
chaque jour le prouvait
ma femme je t’aimais
tendrement désirée
ma femme je t’aimais
par ton être attiré
ma femme je t’aimais
t’aurais-je trop rêvé ?
plus jamais mon cœur
prisonnier ne sera
non jamais mon cœur
de prisonnier ne fera
où sont les années
jolie poupée de cire ?
où sont les années
de tes joyeux sourires ?
où sont les années
qui égaillaient ma lyre ?
où sont les années
perdues dans tes soupirs ?
plus jamais mon cœur
prisonnier ne sera
non jamais mon cœur
de prisonnier ne fera
ma reine je t’aimais
comme un précieux trésor
ma reine je t’aimais
je chérissais ton corps
ma reine je t’aimais
mais ton amour est mort
ma reine je t’aimais
je t’aimerai encore
plus jamais mon cœur
prisonnier ne sera
non jamais mon cœur
de prisonnier ne fera
ma fleur je me trompais
par ton cœur ébahi
ma fleur je me trompais
j’étais au paradis
ma fleur je me trompais
souvent femme varie
ma fleur tu me trompais
avec mon ami
plus jamais mon cœur
prisonnier ne sera
non jamais mon cœur
de prisonnier ne fera
ma belle je t’écris
face au soleil levant
ma belle je t’écris
mes cheveux dans le vent
ma belle je t’écris
pleureront tes amants
ma belle je t’écris
que je t’aimais vraiment
plus jamais mon cœur
prisonnier ne sera
non jamais mon cœur
de prisonnier ne fera
Dimanche 20 septembre 2009
(Préface)
Pierre Desproges disait : « On peut rire de tout… mais pas avec n’importe qui ». Vérifions l’adage.
Au demeurant était l’auteur de ces lignes. Solitaire. Sensible. Désabusé. Très certainement alcoolique.
Un beau matin. Car les matins sont beaux.
Répondant aux injonctions enthousiastes de mon banquier, Jean Durivier. Trois rue des alouettes, Perpignan. Deuxième étage. Porte vingt quatre.
On fait moins le malin, maintenant. On téléphone après midi.
Je décidais. Par solidarité envers les financiers ruinés. De produire une œuvre. Académiquement littéraire. Foncièrement rémunératrice.
Il y a des recettes pour ça. Des tours de main. Des proses gagnantes. Qui aimantent l’attention des foules.
Je devais donc m’approprier un style. Me refaire une image. Et une santé. Devenir publicitaire.
Ayant infructueusement exercé ma plume sur les bancs de cette école, populaire en diable, qu’est la poésie française - je décidais, de prime abord, d’orienter mon écriture en direction d’un genre, apprécié du plus large public.
Le roman d’épouvante.
D’un revers de stylo. Je raturais cette idée fantasque. Je n’étais pas encore assez dérangé. Ne sont H.P.Lovecraft, ni Allan Poe, qui veulent.
Puis l’eurêka vint. La révélation.
J’allais m’en prendre à la connerie humaine. Pour rigoler. Camper les pires geignards, que je n’ai jamais rencontrés.
A commencer par moi.
Manquait le titre. Il s’agirait des mâles de la famille Defrance.
Le choix des thèmes s’imposa. Mais, je dus en éliminer certains. L’exercice consistait à ratisser ample. Sans heurter les susceptibilités de chacun. Du moins, pas toutes.
Le sida. Sujet scabreux. Trop contagieux. Il faut savoir passer du lubrifiant. Enfiler des gants. Avec le latex, on perd les sensations.
L’homosexualité. Matière sensible. Evitons de créer des ennuis avec le cercle des critiques. Ou avec les licenciés du sport de haut niveau. Le foot. Le rugby. La musculation. Bottés en touche.
Je réserve pour le prochain tome.
Non. Me suis-je, enfin, surpris à préjuger. Puisque j’ai grandi chez les pécores. Alsacos. Commençons par les néo-nazis.
Un prétexte subtil, pour me moquer des pédophiles. Et des étrangers.
Ensuite, les fanatiques. Les religieux à Dieu unique. Washington. Dubaï. Même combat. Identique punition. Le rire.
Quelques tacles bien placés sur la condition féminine. Façon : Femme au volant, mec au tournant.
La crise du libéralisme. Effet hilarant certifié.
Et un final en apothéose. Glissant. Comme un pet sur la toile cirée. Me payant les anomalies des handicapés mentaux.
En restant constamment ras du plafond. Me gardant d’élever le débat. J’avais enfin un plan. J’avais trouvé mon tube. Ma mine d’or.
L’humour malsain. Forcé que ça marche.
J’ajouterai ma pierre à l’édifice du crétinisme universel. D’ici un an ou deux. Je serai nanti. Rentier du mauvais mot.
Voilà. Vous êtes prévenus. Ames trop sensibles, passez votre route.
Ames insensibles, aussi.
(I)
(off, voix d’homme)
Dans lignée des descendants illustres du sexe fort de la famille Defrance, je veux le cadet.
(off, voix de femme)
Envoyez.
_______________________________________________________
(Un ado : cheveux longs, pilosité, jeans, rangers, fringues nazis etc.)
_______________________________________________________
Salut. Je m'appelle Thibaut.
J'suis en quatrième C. Dans la classe du professeur ARH. Notre prof' d'histoire-géo. En ce moment on apprend la guerre, de 39-45.
Qu'est-ce qu'on se marre, avec M'sieur ARH. Il vient du Bas-Rhin. On dit qu'il est bas du rein. Ou baryton. Qu'il barrit. Avec un accent BitzARH.
Comment on Ricard sa face! Il a un gros bide. Pachyderme. Et un gros nez. Ecarlate. On dirait le drapeau des Rouges. Je vais le faire en rebus :
Mon premier a le profil psychologique d’une tanche. (Sot.)
Mon second vend des nems. (Viet.)
Mon dernier. C’est le bruit que vous entendez, en marchant sur une mine anti personnelle. (Tic.)
Mon tout a cautionné le massacre des tchétchènes.
(Soviétique.) On dirait le drapeau des communistes. Eux. On les aime pas. Au siège du parti. Au bistrot.
On préfère les alsaciens. Rapport à leur implication. Dans le projet de domination de la race aryenne.
Celui du livre d'histoire. Qu'il nous a photocopié, M’sieur ARH. Avec les illustrations.
Un truc poussiéreux. Rempli de pages jaunes. Déchirées. On jurerait un annuaire. Qui aurait passé les soixante dernières années, enterré dans un bunker.
Mein Kampf.
Vous l'imaginez, M'sieur AHR. Avec son gros cul. Déterrer des trésors de guerre. Sur les plages de Normandie.
Il pourrait se faire exploser. En donnant un coup de pioche sur un obus !!! Un obus!!! PAF !!! Un jour de commémoration.
Cent cinquante kilos de graisse. Dans une mare de choucroute. Vision d’horreur.
On a ri, putain ! Avec les copains de la bande. On ironise de tout. D'absolument tout.
Surtout des juifs et des arabes.
Patout, il dit toujours : Il faut rendre à César ce qui appartient à Moktar. Sa djellaba, son fusil. Et retour en Arabie. Il est con. Il en rate pas une.
On l'appelle Patout, parce qu'il est pas tout formé. Il lui manque des morceaux. Avec ses cheveux gras, coiffés en frange. Sa moustache. Son brassard rouge-blanc-noir.
Dimanche 20 septembre 2009
On saisit immédiatement l'ambiguïté du garçon. Dans le fond de ses yeux. Totalement inexpressifs. On croirait une vache, ou un taureau.
Meuh. Il fait. Avant de parler.
Dix neuf ans. En quatrième. Largement dernier de la classe. Il est hors concours. Membre du jury.
En échec, à cause de sa timidité. De ses problèmes de sexualité.
En fait, il est bigame. Comme la croix. Il a deux gammes de sentiments. La colère et la rage. Pas évident. Pour draguer.
A notre âge. Les filles. Elles s’intéressent pas encore aux vraies valeurs du IIIème Reich. Elles parlent de flirt. De bisous. De poèmes.
Là, mon Patout. Il ne peut pas. Il est trop boxeur. Trop impulsif. Quand on lui parle de culture, il sort son révolver. Il tire son coup.
Il est un peu obligé de les forcer. De temps en temps.
Lui, généralement. C'est plutôt l’aller-retour poignet dans les toilettes des meufs. Vite'euf. Pendant qu’on monte la garde. Avec les chiens.
Parfois. On lui file un coup de main. On n’est pas rat.
Quand on peut faire quelque chose. Précipiter la rencontre. On organise un guet à pan. On serre les rangs. Quoi. On est discipliné.
On raccourcit les préliminaires. Ça a déjà failli se retourner contre lui. Son tempérament psychotique.
L'histoire de la petite Julie, de CM2. Celle qui se faisait battre par son papa.
J'étais là. Quand ça s'est passé.
Un matin, derrière le bâtiment. Où on va fumer. En face du primaire. Elle était sur la chaussée. Je ne sais pas ce qu'elle avait. Elle pleurait.
Elle était toute bleue avec des tâches violettes à la place des yeux.
Patout, il croit que s'est une maladie. Héréditaire ou génétique. Comme le psoriasis. Transmis de père en fils. Tu ne peux rien changer.
T’aurais vu son frère. Comment il la maltraitait dans la cour des petits. Une future star de la violence conjugale. Précoce : quatre ans et demi. Le rognon. Mozart du chantage affectif.
(Quand on est bien entouré.)
Je comprends. Qu'il ait sauté une classe. L'enfant prodige du bourre madame. Sa maîtresse n'en pouvait plus.
Après son huitième renvoi de maternelle. Son vieux s'en est mêlé. Dis-donc ! On l'a plus entendue miauler pareille, l'institutrice. Elle avait du mal à articuler. Ses ratiches ne collaient plus à leurs racines.
Ils l'ont mis en primaire, le génie. Pour surveiller sa sœur.
En un mois, il avait déjà des gardes du corps. Il avait recruté un gang. En leur vendant du cannabis.
Il avait monté son entreprise. Il disait. Un peep-show. Au garage à vélo. Il employait la gosse.
Tu l'aurais entendu. A la récré. Quand il s'adressait à la greluche. Salope. T'es une pute. T'es comme ta mère. Tu mérite de te faire cogner. T'aime ça.
Il s'accrochait à la jambe. Il essayait de taper les seins. Comme un adulte. Tout compris.
La starlette. Elle avait intérêt à lui porter son sac. Et à lui préparer sa bouffe. Sinon c'était double peine. Le frangin et ses copains pervers. Le paternel en rentrant au bercail. Sur dénonciation.
Elle filait droite, la 'tiote.
Ça Patout, ça l'a ému. C'était pile la gonzesse qu'il lui fallait. Sexuellement éveillée. Soumise. Qui chiale en silence.
Quand elle s'est trompée de toilettes. Qu'elle est rentrée dans celle des grands. Patou, j'ai vu son sang tourner.
Il a gratté par terre. Avec ses chaussures paramilitaires. Il a retroussé ses manches. Soufflé. Et il l'a suivie.
Haut les cœurs. Je vous décris pas la boucherie. C'était peine à voir.
Mais c’est de sa faute, cette cruche. Elle s'est débattue. Elle a commencé à hurler. On a du étouffer l’affaire.
On a jeté le corps dans le jardin de sa maison.
Le père a été condamné. On lui devait au moins ça. Pauvrette. Vengeance post-mortem.
Sûr. Qu’on l'a sorti d'un mauvais pas. Patout. En restant solidaire. Soudé comme un bloc. La lutte raciale avant tout. Pas d’hésitation.
Mais qui pouvait le deviner ? Qu’elle était hystérique.
Malgré tout. Ça lui a brisé le cœur. Son premier chagrin d'amour. Celui qu'on n’oublie pas.
Il lui a même creusé une tombe, dans la forêt. En sa mémoire. Il dit qu'on sait jamais. Que ça peut servir un jour. Si elle ressuscitait.
Depuis cet incident. Il n'est plus pareil. Ce week-end, on a voulu lui changer les idées. Le divertir.
Comme le jour où. En sciences de la terre, avec la prof, Carla Bruni-Sarkozy.
On l'appelle comme ça, la vioque. Parce qu'elle est toute fripée. Elle a un œil qui regarde dans le fond l'autre. C'est une taupe-model.
En plus. Quand elle s'exprime, on dirait du morse. Elle fabrique des sons. Un trait long, deux traits courts. Comme les chansons de Carla. Ou de Lynda Lemay.
La prof. Elle voulait nous faire croire. Qu'en Hollande. Ils cultivent des tomates, sous des serres. Et de l'ail, aussi.
Je lui ai répondu, au tac au tac. M'dame, M'dame. Les Pays Bas, tout ça. Ils sont un peu germaniques. Ils font pousser de l'Ail Hitler !
On s'est fendu la poire ! C'était trop drôle.
Elle a fait une tronche, Carla Bruni Sarkozy. En vérité elle s'appelle Shieffenblum.
Elle s'est mise à larmoyer. Elle s’est cassée en claquant la porte. On n'a plus eu aucune nouvelle. Maladie longue durée.
Donc, samedi. Patout, on l'a emmené, à la cité des Meringuettes. Pour plaisanter.
Faire du Lepen-ball avec les autochtones. Mais, ça n’a produit aucun effet.
C'était pourtant une idée de Pitbull.
Un marrant, lui. Toujours le mot pour déconner. Il a un humour. Mordant. Comme son nom. Surtout quand il accroche un bout de chair.
Il ne le lâche plus. Il sectionne jusqu'au bout. Huit cent kilos de pression. Entre les incisives. Les mâchoires coupantes. Comme des rasoirs Gilette.
La perfection au masculin.
C'est pas une côte d’imam. Ni une phalange de rabbin. Qui vont lui faire peur. Il est pas végétarien. Le bestiau. Il vaut mieux l’avoir en photo.
Le Lepen-ball ?
Ça consiste à chasser l'habitant. Dans son environnement. Avec des balles réelles. De calibre moyen. 357, fusil de chasse, canon scié.
Dimanche 20 septembre 2009
Rien de franchement méchant.
Ce qu'on trouve dans le commerce. Ou à l’organe du parti. Au Front National.
On fait un peu de bruit, c'est vrai. Mais les gens s'habituent. Il y en a même qui nous apprécient.
Le voisin du second. L'ancien d'Algérie. M'sieur Durangeot. Capitaine d'infanterie. Plus de dix ans dans l'OAS. Il milite encore.
Un exemple. Pour nous tous. Contraint de fuir sa colonie. En 58.
Depuis. Il subsiste comme il peut. Dans une cité d’expatriés. D’immigrés.
Coincé entre une famille de togolais. Qui communique avec ses délinquants, en tapant sur des tam-tams. (Ces africains ne connaissent pas la sonnette. Ce n'est pas leur culture.
M’sieur M'Gono. Il s’appelle. Voyance. Détail et gros. Retour de l’être aimé. Mais lequel ? M’sieur M’Gono. Il a six épouses.
Quand ils se mélangent, ça peut durer toute la nuit.)
Et une tribu entière de moudjahidin. Des bédouins. A peine ont-ils monté leurs tentes. A l'intérieur de leurs deux pièces. Pour le confort.
Ah. Ils sont stricts. Avec l’éducation des enfants. Le premier en médecine. Le second avocat. La troisième en lettres. Ainsi de suite. Au chômage. Tous.
Ils ne s’intègrent pas.
M'sieur AHR a une théorie, là-dessus. Il croit que c'est du à leur couleur.
Il dit qu’ils devraient faire quelques efforts. Se blanchir. Changer de nom. Sinon, ils resteront sauvages. Aucun patron ne voudra d’eux.
Pauvre M'sieur Durangeot. Il ne pouvait plus supporter. Il ne dormait plus.
Cerné. Par les ahanements, lubriques, des femmes du diseur de bonne aventure. Les appels du muffin, reliés sur Al-Jazira.
Il nous a appelés au secours.
Nous. On a répondu présent. Scout toujours. On s’est exécuté. Quand on peut rendre service. A un compatriote.
Ni maure. Ni remord. Un pour tous. Tous pour crétin.
Alors, on a brûlé leurs biens. Dans le local des poubelles. En respectant les coutumes locales. Pour attirer les journalistes.
Les policiers aussi. Nous apprécient.
De manière générale. Le préfet. Le maire UMP. Les stups. Le collège. La régie des HLM. Tout le monde reconnait la légitimité de notre combat. Pour la race blanche.
En une après-midi. On réduit significativement le taux de criminalité. Celui du chômage. La consommation de drogue. Le décrochage scolaire. Et on libère un logement.
Non, mais on rigole. On s'amuse avec les résidants. Bon. A certains moments. J’ai pitié.
Quand on habite ces immeubles. Qu’on n’a aucune perspective d’évolution. Aucun loisir. Pas d’emploi. On ne peut pas se fondre dans la majorité. Celle de droite.
Quand on apprend à parler, en émettant des onomatopées. Dans un langage codé. Le rap.
On est forcément victime de ses origines.
À la dernière sortie scolaire, M'sieur ARH. Il nous a fait visiter un endroit. Pour étayer ses propos. Sur la crise des banlieues. Le zoo.
Confondant de réalisme.
Le principe ? Ils sont élevés en semi-liberté. À ciel découvert. Ça ressemble à un centre éducatif renforcé. On étudie les mêmes spécimens.
Les éducateurs sont aussi là. Pour la distribution du manger.
Qu'est-ce qu'ils ramassent, ceux-là. Ils évitent les coups toute la journée. Ils pointent avec la peur au ventre.
En face. Ils sont féroces. Et rusés.
Attention. Il s'agit de ne pas se laisser déborder. En bande. Ils sont capables du pire.
Un moment d'inattention. Vous êtes encerclé. C'est terminé. Ils vous font subir. Comme avec les femelles. Dans les caves.
Recto-verso.
S'ils s’en prennent à des enfants ça peut virer au pugilat. Parce qu’ils jouent avec la nourriture. Ils ne sont plus consommables après.
Ecoutez. Si vous comptez promener votre famille, le dimanche. Dans ces périphéries de non droit. Prenez vos précautions.
Certains font partie de la mouvance Al Quaida. Ce sont des kamikazes. Ils mélangent des cocktails inflammables. Pour répondre aux provocations des ambulanciers.
Comme leurs cousins, Les Minimoys. Avec une face toute plate. Et des yeux rétrécis.
Remarquez. Les parcs animaliers font des efforts croissants, pour enfermer leurs bêtes sauvages. Les budgets sont en hausse.
Mondialement.
Grillages électrifiés. Champs de mines. Forces du maintien de l’ordre.
A la pointe ? Dans ce domaine.
Les USA et Israël. Incontestablement. Ils ont vingt ans d'avance.
Ils construisent des murs. Infranchissables. Durables. Pour se protéger de leurs primates. Les mexicains et les palestiniens.
Nous. On est emmerdés. Avec la mer Méditerranée. Bâtir un mur sur l'eau. Il ne tiendra pas. Faut immerger des pièges.
Mesdames. Respectez au moins les consignes élémentaires de sécurité. Quand vous sortez avec les petits.
Consigne n°1.
Si vous le pouvez. Restez chez vous.
Si vous ne le pouvez pas. Evitez les zones à risques. Le centre social. Les commerces. Les terrains de foot. De basket. Les devantures d'escaliers.
Les trottoirs.
Faites des détours. Vérifiez qu'on ne vous suit pas. Marchez en zigzag. Ne vous retournez jamais. Ils sentent la peur.
Consigne n°2.
Fondez-vous dans la foule. N'éveillez ni le désir, ni la jalousie.
Une combinaison intégrale, très en vogue en ce moment, vous couvrant de la tête aux pieds, résoudra vos soucis de différenciation ethnique.
Avec une burka. Personne ne vous reprochera d'être française.
Surtout ne parlez pas. Cela vous trahirait. Pensez à couvrir les enfants.
Consigne n°3.
Armez-vous. Bombe lacrymogène. Pulvérisateur de poivre. Tazer. En magasin de farces et attrapes.
Dimanche 20 septembre 2009
En suivant ces conseils. A la lettre. Vous serez parées. Vous pourrez flâner sereinement. Dans n’importe quelle zup. Y compris, passé quatre heures de l'après midi.
A proprement parlé.
Si je vous cause du racisme. De l'élimination d'une partie de l'humanité. De l’affrontement des cultures.
C'est parce que, moi aussi. Je souffre.
Je suis victime de ma différence. Par la faute d’une maladie peu commune. Une dégénérescence dermatologique. Je deviens black.
Je m’assombris, par plaques. A terme. L’intégralité de mon enveloppe physique est menacée. Une perspective catastrophique.
Mon grand père endurait cette infamie.
Durant l'occupation. Le hasard lui fit croiser le chemin d'une personne. De couleur ébène. A cette occasion, il se fit toucher.
La couleur s'incrusta. Il ne pu plus l'effacer. Comme un tatouage. Une scarification rituelle.
Il alla jusqu’à tenter de se suicider.
Je suis obligé de porter les cheveux longs. Et la barbe. Pour me camoufler. En sus des vêtements adaptés. J’ai du m’acheter un kéfir. Et un jogging.
Au cas où. Si je devais retourner ma veste.
Même mes amis sont espiègles. Au collège. On me surnomme Jésus. John Lennon. Cantona. Est-ce que j'ai une tête de rastafari ?
Au mieux, on m'affuble d'un affectueux Chabal. CHABAL... CHABAL... Moi. Thibault Defrance.
J'ai peur qu'on continue par m'appeler Dieudonné.
Qu'on me demande mes papiers. Dans la rue. Sans raison. En me tutoyant.
Qu'on veuille me renvoyer au Burkina Facho.
(II)
(off, voix d’homme)
Dans l'illustre engeance mâle de la famille Defrance. Supérieure en tous points à sa représentation féminine. Je veux le père.
(off, voix de femme)
T'aurais pas changé le texte, par hasard ?
(off, homme)
Je l'ai modifié. Mais je ne l'ai pas changé. L'esprit est le même. Je l'ai seulement amélioré.
(off, femme)
Tu te fous de moi ? On devait réciter le même texte, en début de chaque scène. Déjà que je n’aimais pas trop le message.
(off, homme)
Qu'est-ce que tu lui reproches ? A ce message. Il est clair. Précis. Vendeur. Les lecteurs plébiscitent.
(off, femme)
Les lecteurs peut-être. Mais pas moi. Tu ne le trouve pas un peu raciste. Et machiste ? Ce texte.
(off, homme)
Raciste et machiste ? Je vois pas. Lumineux. Erudit. Bien écrit.
(off, femme)
Tu vas me faire le plaisir d'imaginer une autre version fissa Avant la prochaine scène.
(off, homme)
Si ça peut faire plaisir au sexe faible. Je vais le reformuler. T'es contente ? Bon, il est où ? Le père. J'ai pas que ça à faire. On m'attend au bistrot. Pour taper le carton.
(off, femme)
Avec ta bande de poivrots. Je comprends mieux la réplique. Ils doivent fuser, les commentaires. Dis-moi ? C'est ton pote Gégé qui t'a inspiré. Où c'est copine gentiane ?
(off, homme)
Je fréquente qui je veux. Maintenant, appelle-moi le père.
(off, femme)
Ça va. T’énerve pas... Envoyez.
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(La quarantaine, col blanc, croix chrétienne, costume noir)
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Mon fils est débile. Il n'y entend rien, à la vie d’aujourd’hui. Il est aussi con que sa mère.
Moi. Entre la nympho mytho, l’attardé nazi, et l’aîné trisomique. J'ai décroché la timbale. J'aurai mieux fait de me porter pâle.
Le gamin. Il ne comprend pas. Il n’est pas armé pour.
Les bras tendus, les chemises brunes. Ce n'est plus le goût du jour. Adolf ne fait plus fureur. Il ne déplace plus autant de fans.
Au siècle jadis. Ça payait. Le Fascisme. La fortune de la famille lui doit beaucoup.
Cependant. Au jour d’aujourd'hui. C'est devenu ingrat.
L'extermination des masses a emprunté d’autres canaux. Elle s’habille mieux. Elle a sucré son discours.
Avec l’essor des nouvelles technologies. Elle a conquit la planète. Et elle fait un carton. Explosif. Elle caracole en tête des hits.
Sur MTV. Ce qui fait bander. C’est la nouvelle économie. Les médias. La politique du one man show. Il faut savoir s’y débattre.
Pour faire sa place.
Je vais vous dire. Ce qui marche. En période de crise. Ce sont les religions.
La main de Dieu.
De Rome à Téhéran, de Houston à Zanzibar. Les gens s'arrachent les imbécilités, que profèrent des types comme moi.
Je suis indémodable. A la pointe du progrès.
Je leur fait croire l'impossible. L’utopie. L’universel. Je promets au client une vie meilleure. Où ? Je ne sais pas. Où ça lui chante.
Quatre mille ans d'expérience du bourrage de crâne. Excusez du minima.
Des guerres, en veux-tu ? Des centaines de milliers de morts. Des peuples réduits à nous manger dans la main. Le monothéisme.
Marque déposée.
Saint Vincent de Paul Incorporation. Question manipulation mentale. On maîtrise le sujet.
Dimanche 20 septembre 2009
Faut pas croire. C’est pas simple. Le gars, au début. Il a du mal à gober la mouche.
La vie éternelle. Avouez que c'est du lourd. On vend pas à la sauvette. On a des techniques.
Et on calcule pas les heures sup’. Y’a des VRP qui l’ont plus détendue.
On peut comparer avec la pêche au gros.
L’appât. L’hameçon. Le fil en nylon invisible. Les gros bras planqués derrière le moulinet. Pour t’ambiancer. Quand t’es rétif.
Y’a carrément des pays qui élisent des présidents évangélistes.
Madagascar.
Des siècles de colonisation. D’esclavagisme. Il a fallu. Attends. Les types, qui n’ont rien à bouffer. Ils votent pour leur patrons.
Des témoins de Jehova. Adventistes du septième jour. Prédicateurs d’apocalypse.
Ils multiplient pas les pains. Mais ils savent remplir les coffres.
Comme disait l'autre. On doit chercher le pognon, où il se trouve. Dans les poches des pauvres. D’accord, ils n'en ont pas beaucoup, mais ils sont nombreux.
Notre secret ? L’organisation.
On coordonne l’ensemble de la chaîne de production. On valorise à tous les échelons. Et on met le paquet sur l’image.
Les temples. Les cathédrales. Les mosquées. Les synagogues. Où que t’ailles. On est implanté.
Des boutiques visibles. Dans les beaux quartiers. La musique de chambre. L’odeur de pâtisserie. On est incontournables.
Nous. On a misé sur un gars.
Un clodo. Agrafé à une planche de bois. Excessivement maigre. La bave aux lèvres. Le genre de galérien qui inspire la compassion :
Pour l'identification du consommateur cible. De l’auditoire.
Le coco, disons. Il est financièrement raide. Sa grosse a des moustaches. Il est atteint d'une maladie incurable. La pauvreté, par exemple.
Il se compare plus facilement à un lépreux.
Notre père qui est aux cieux. Faites que je gagne au loto. Que ma femme meure avec mes enfants. Que votre nom soit sanctifié. Que votre volonté soit faite. Emballé c’est pesé.
Dans le domaine d’activité. On est leaders.
Le seul obstacle. Demeure dans la gestion du personnel. Question main d’œuvre. On est gourmands. On a recours à l’intérim.
On a du ordonner des prêtres de couleur. On n’avait plus le choix.
Sinon. On a une combine. T'as entendu parler d'Herbalife ? Si tu veux. Le système pyramidal. Le don de soi. Le prosélytisme. Ça se touche.
Y’a des parrains. Des filleuls. Des nièces. Des tantes.
La patchaque de la dette. Que les adeptes remboursent ad vitam. Comme le gogol doit couvrir les agios. Il offre de son temps. De sa force de travail.
Disons. Tu vas toquer chez le prolo.
Pas n'importe comment. Y'a des règles. Propre sur toi. Sourire en coin. Tu connais ton texte. T'as la brochure publicitaire. La photo de famille du repas d’anniversaire.
Un jour de Pâques.
Tu l'embobine avec la conception christique du foyer idéal. La pouffe au sourire Colgate. Qui le cocufie plus. Les grognards qui gémissent pas. Le toutou qui remue la queue.
Faut pas oublier que, le gars. Celui qu'est prêt à t'acheter l'encyclopédie de la rédemption. De l'amour d'autrui. Des petits oiseaux. Le tralala.
Il est certainement un peu désespéré. Il a des complications incroyables. Sinon. Il ne t'ouvre pas. Il ricane. Il t'invente une excuse.
On prend pas, non plus, les gens pour plus cons qu'ils ne sont.
On propose nos services au type qui en besoin. Le dépressif. En priorité.
Sa connasse le lâche pas. L’aînée enchaîne les CDD. Dans l’industrie pornographique. La pubère se drogue. Le juge a placé son dernier, qui dormait dans le placard. Son break ne démarre plus. Le bar l’a interdit d’ardoise.
On pose les bonnes questions.
Quand t'en as flairé un comme ça. Tu le lâches plus d'un centimètre. Le tour est presque joué. Tu rentres chez lui.
Ah oui. Tant que t’es sur le pas de la porte. Tu risques un retour de planches. Mauvais pour l’amour propre. Inutilement douloureux.
Bon, t'es dans la place. Tu déballes le matos promotionnel. Sur la table du salon. Tu récites ton passage. Le mongol signe le chèque.
Tu lui files l'autocollant. Avec le poisson. Pour décorer le camping-car.
Cadeau commercial. Gratuit.
T’admires la patte du professionnel. Le tour de passe, qui fait basculer la vente. Qui instaure la confiance.
Direct. Tu lui fais miroiter un poste. Au demeuré. De l’avancement. Client privilégié de la résurrection.
Le naïf raffole des gestes de la direction. Tu fais plaisir. Ça coûte des nèfles.
Après. Tu convertis Blanche neige et les sept cloques. En les frappant.
Le ceinturon ? Non. Le mari s'en occupe. Ou le concubin. Trop tôt, pour lui voler sa place de dominant.
Si tu veux participer ? T’enroules un journal. La croix. Le figaro. Penthouse. Selon le niveau culturel du bonhomme. Et tu vises les parties molles.
Tu la joues pas Noir Désir.
Carglass répare, Carglass remplace. Tartine de gel autour du point d’impact. Mais on fait pas des miracles.
Quand la tole est froissée. On garantit pas d’avoir la pièce, pour remplacer. Ça peut douiller sévère. Plus cher qu’un prototype neuf.
Sept ans de cabane. Tu perds la plus value de la transaction. Et ton bonus.
T’y vas mollo. T’éclates pas le pare-brise. Tu vérifies, seulement, qu'elle soit terrifiée.
Je le répète. Dans notre job. Le danger vient du sexe menaçant.
La légende de la vierge Marie. Elles n’y croient pas. La mère de Jésus. Enceinte. Par l'action du Saint Esprit. Elles ne peuvent pas.
La greluche. Elle s'est statistiquement faite engrosser du premier coup. Par son connard de conjoint.
Rajoute. Que ça n'a pas du durer plus de cinq minutes. Qu’ensuite. Elle en a pondu un. Par an. Pendant trois quart de décennie.
Elle n'arrive pas à avaler ces absurdités. D’immaculée conception.
D'ici que quelqu'un arrive à détricoter ce tissu de mensonges. Le prochain prophète sera né.
Dimanche 20 septembre 2009
C'est de notoriété.
Les livres saints ont été rédigés. A destination des hommes et des marmots.
Comme les femmes n'écoutent jamais rien. Elles parlent. Mais elles n'écoutent pas. On les attire autrement.
Avec de l’or. Des bijoux. Des promesses. Une baraque plein pied. Meublée Ikea. Une piscine. Des vacances à Palavas. Une carte de fidélité.
Aux galeries Lafayette.
N’empêche. Il y a plus rigoureux que nous. Concernant les Cendrillons. Les collègues musulmans. Ils ne font pas de cadeaux.
Ils les lapident sur la place du village. Ils les égorgent au stade Coubertin. Pendues sur la scène. Elles font partie du spectacle. De la belle œuvre.
Nous. On ne peut plus faire ça. Depuis les conventions de guerre. Vas savoir. Ça les protège partiellement.
On aurait pu admettre quelques dérogations. Dans le cadre privé. Des tortures domestiques. Une liste autorisée. Labélisée par l’église.
Au lieu de ça ? Il ne nous reste que les poings pour cogner.
Nous nous exprimons de cette manière. Nous. Les hommes.
Crochet du droit. Uppercut. Coup de boule. Nous avons conçu cette communication. Pour nous défendre des grognasses.
Je suis d'accord. La femme est complémentaire de l'homme.
Monsieur chasse. Madame jacasse.
Dieu pardonne aux pêcheurs pénitents. Que nous sommes. Et il dicte à la couveuse.
Sur ce point. Ils se rejoignent. Darwin et Dieu. C'est la théorie de l'évolution. La compétition. L'adaptation.
Les ouailles n’ont pas, toutes, la chance de naître blanches. De sexe masculin. Complètement humain.
Humaine ? C’est pas pareil. Juste en dessous.
Faut nous comprendre. Trente mille ans d'oppression matriarcale. Nous ne supportons plus.
Vous êtes allé traquer le gibier du précambrien ? Ça sous-entend d'être un minimum suicidaire. D'avoir les baluches rudement boursouflées.
Depuis la nuit des temps. Monsieur ramène la côte de mammouth.
Madame soigne ses blessures. Cuisine la quiche. Couche les lardons. Finit la lessive. Sert le pinard. Et viens lui faire une gâterie. C'est la nature.
Quand elle veut bien l'écraser cinq minutes.
Je suis désolé. C’est une réalité. Le jour où elles se rebiffent. On est foutu. On ne pourra pas fuir. Il n’existe pas de refuge.
Excepté la mort. Et l’alcoolisme.
Il faut, à tous prix, empêcher leur émancipation. Nous. Nous proposons le mariage.
Perpète. Pas de liberté conditionnelle. Du temps pour méditer.
Une gestation après l’autre. On alourdit la peine. Parce qu’on prohibe la contraception. Et l’avortement.
Comment les garderait-on auprès de nous ?
Il faut bien leur occuper les bras. Sans le poids des larves. Rien ne les empêche de nous quitter. Elles deviennent frivoles. Elles courent plus vite.
Par contre. Pas de faux départ, les mecs. L’engagement est réciproque. On ne préconise pas la rupture du lien sacré.
Même si tu va tremper Popaul. Hygiéniquement. Il vaut mieux ferrer la bonne. D’emblée.
Celle qui t’emmerdera pas, les quarante ans à venir.
Faut réfléchir. Avant d'agir, sur un coup de nerf. Les gars. Se détendre. Boire un verre.
Cinquante pour cent des premiers rapports, avec une partenaire. Durent moins de cinq minutes. Ça valait la peine de claquer deux mille balles chez Bocuse ?
Et l'addition. C'est dans neuf mois. La patronne ne fera pas crédit.
C'est dangereux. Pour les mômes, votre comportement. Ils auront une vie pourrie. Vous aussi.
Vous leur en voudrez. Vous insulterez la génitrice.
Vous la battrez pour qu'elle les garde. Dans le but de retrouver le dixième de votre liberté.
Dés que l'ambiance commence à s'échauffer. Que la musique est sympa. Que la tension monte. Y’en a plus un pour rattraper son colistier.
On dirait des flics texans. Pas de sommation. Je vide mon chargeur.
C'est pas un automatique, l’engin. Plutôt un pistolet du XVIIIème siècle. Pour le charger. Bonjour.
Faut entrer le plomb dans la gorge. Bourrer la poudre. Quand le canon est prêt. A passer la revue. Faut encore espérer, que ça ne lui pète pas au museau.
Sans prévenir. La mécanique peut s’enrayer.
D’accord. Y'a des secoueuses, qui s’en acquittent avec un certain brio. Mais pas toutes. Les péripatéticiennes. Pour parler d’elles. Le plus vieux métier du monde.
Ça vient du grec péri-pathos : autour des pattes. Et du latin esthéticienne. Qui signifie ticket de métro.
Des deuxièmes mains. Certes.
Parfois. On a des bonnes surprises. Avec les véhicules d'occasion.
Suffit que le garagiste soit perfectionniste. Il a équilibré les niveaux. Remplacé la courroie. Pas trop trafiqué le kilométrage. Passé l’aspi dans l’habitacle. C’est rôdé.
Ça embraye plus vite. Tu peux conduire plus nerveusement. Où j'en étais ?
Bon. T'es rentré chez Monsieur Con.
Tu lui as servi la soupe. T’as baratiné la ménagère. Maintenant. Si tu suis ma logique. T'es parrain.
D'un filleul. Qui fera des filleuls. Qui feront d'autres filleuls. Tu grimpes dans la hiérarchie. Pyramidal.
T'as ton plan de carrière.
Après. Tu suis des formations. Tu claques le fric qu'il te reste. Plus t’escalades. Plus t'accumules les chances de ramasser le gros lot. De rencontrer le patron. En haut de l'ascenseur social.
Mais y’a qu’un seul tirage. Faut pas se tromper d’étage.
Comment tu fais ? D'abord. Tu t’allonges dans le monte charge. En décédant. C'est pour ça. T'as qu'une occase.
Non. Chez nous on ne suicide pas.
Y'a des concurrents qui proposent le menu. Sirius. Terminus. Le temple solaire. Des originaux.
Mince. On n'est pas dans la guerre des étoiles.
Dimanche 20 septembre 2009
Maître Yoda est une marionnette animée. Luc Skywalker est un comédien. Ce sont des films de fiction. Hollywoodiens.
L'enfer et le paradis ? Oui. Ça ça existe. Pour de vrai. On n’a jamais été démenti. C'est prouvé.
Par Saint Paul. Saint Jean. Saint Thomas. Saint Glinglin. L’intégrale de nos grands scientifiques.
Les exégètes.
Exégète ? C'est quasiment chercheur. En mieux. Le chercheur se trompe.
Selon les siècles. Il prouvera que la terre est ronde. Qu'elle orbite autour du soleil. Qu'elle n'est pas le centre de l'univers.
L’embarras du chercheur. C’est qu’il doute sans cesse.
L'exégète ne doute pas. Il n'en a pas besoin. Il détient la vérité. Elle est révélée. Dans les pages du livre.
Pour lui, la terre est plate. Le soleil orbite autour. Et la femme est inférieure à l'homme.
La nuance entre l'enfer et le paradis? Objectivement. Une question de température.
Y'a un lieu tempéré. Orné avec goût.
La tapisserie bleue. Les nuages en coton. Les loupiotes avec des ailes dessus pour s'endormir. Côté anges ?
Y'a plusieurs écoles. Les collègues musulmans préfèrent les vierges. En tenue d'Eve. Epilées sous les bras.
Les copains juifs voudraient qu'on sépare les mâles. Des mal-baisées.
Chez nous. C’est open bar. On prend tout le monde. De sept à soixante dix sept ans. Après ? Non. On ne rentre plus. On n’est pas une maison de retraite.
On n'a pas d'aide-soignante.
Les fauteuils roulants. Les incontinences. Ça ne ressemble à rien. L'archange Gabriel se tapant les trois huit. Pour torcher le cul des handicapés. Ce n'est pas sérieux.
On a une institution respectable. A faire tourner. Merde.
Avant sept ans ? Ils n'ont pas d'âme. Comme ces habitants de l'île de Madagascar. Les... Lémuriens.
A l'opposé. Quand l'ascenseur pointe au sous-sol.
Ça baigne dans une lumière de bordel glauque. Les battants sont peints en rouge. Y’a pas la clim. Le type se parfume au souffre. Et il écoute du gothique, plein caisse. En picolant du sang de porc.
Faut aimer.
T’y tombes ? Quand t'as fait une grosse bêtise. Je sais pas.
Si tu nous a signé un chèque en blanc. Si tu nous quittes. Si tu as maltraité des enfants. Quoique là. On a du improviser une règle un peu spéciale. Une exception.
Rapport au fait, qu'on en avait beaucoup. Qui se sont frottés aux jeunes paroissiens. Comme les instituteurs.
Sans approuver. On relativise.
Toute l’année. Ils subissent les assauts des sauvageons. C'est pas facile à éduquer. Les soldats de Dieu.
D'autant qu'on en a besoin. En ce moment. Au rythme où on les renouvelle.
Ils insultent votre mère. Vous lancent n'importe quel objet contendant au visage. Des couteaux. Des godemichés. Des armoires. Sans voir le mal.
Lorsqu'il il y en a un de gentil. Les pères. Ils succombent à la tentation.
Comme tout le monde. C'est humain.
Donc. On a du raccourcir le délai des excuses. A un an. Procédure automatique. Informatisée.
Si le fauteur, repentant, a fait toutes ses prières. Le rite habituel. Le tintouin. Jésus le pardonne.
Ça nous économise des frais de psychanalyse... D’escrocs.
À cinquante euros de l'heure. Deux séances par semaine. Ça flaire l’arnaque de précision. Leur truc. Ou je m’y connais pas.
Question d'enfumer le couillon. Ils ont des choses à nous apprendre. Les freudiens. Les lacaniens. Y’a de quoi envisager d’échanger sa cuti.
Je ne nie pas. Un divan coûte cher. Dans ce cas, on se débrouille.
On va chez Emmaüs. On vole les économies d'une personne âgée.
Comment on a manigancé ? Pour amasser tout ce qu'on possède. On a fait marcher notre imagination. Développé notre créativité.
Tiens. Entre nous. Le fondamental du buisines de la confession. Le classique de la profession. La martingale. Je te le donne en mille.
C’est la guerre de religion.
Le nécessiteux. Il est affolé. On le massacre. On immole ses proches. Il ne peut plus se défiler.
Qui ? Sinon Dieu ? Et les représentants la maison, lui tendraient la main ? Nobode.
Ils nous lèguent tout.
Les comptes en banque. Les œuvres d'art. Les bibelots. Même le matelas rempli d’oseille. Deux paters. Trois aves.
Ils crèvent tranquilles. Légers. Béatifiés.
Si y'a des survivants. Tu refuses le paquet. Parce qu’on manque de personnel. Y'a des cimetières et des orphelinats. Pour eux.
Ah ? It’s time. Je dois repartir taffer. Parce que j’ai deux emplois.
Avec la poule de luxe. Les résidus de capotes percées. La montre en titane. Le château. La Merco’s.
J'ai intérêt à me sortir les doigts du derche. Je te le dis. Pour faire suer l’artiche.
Salut.
(III)
(off, homme)
Dans la famille Defrance. Honteusement dirigée par la cheville de fer de Madame Jambe en l'Air. Qui se croit tout permis. Comme de détourner le fric qui devrait servir à la pension du petit Patrice. Trisomique. Pour acheter des pantalons Hermès. Et du parfum fastueux. Contraignant cet être courageux à cumuler deux emplois. Je re-veux écouter. Le détenteur immuable du pouvoir de décision hiérarchique. Et biologique. De cette famille. Le père. Pour qu'il puisse s'expliquer. Une fois pour toutes.
(off, femme)
Euh. T'as picolé ?
(off, homme)
Non. J'ai pas picolé. J'ai bu l'apéro avec les copains. C'est pas pareil.
(off, femme)
Dimanche 20 septembre 2009
T'es bourré. Je m'en doutais. Quand tu commences à trinquer vers dix heures du matin. Je sais comment tu termines. Tu t'achemines vers quoi. Cette fois. Le cabaret ? L'hôpital ? Ah non. Laisse-moi deviner. Tu vas mater des cassettes de cul chez Gégé. Moi, je peux rentrer torcher les mièvres.
(off, homme)
Chérie. T'énerves pas. Oui. J'suis bourré. Et quoi ? Y'a pas de mal.
(off, femme)
On verra. En attendant tu vas me relire la phrase de l'auteur. Parce que tu vas finir par avoir des emmerdes.
(off, homme)
Je peux pas.
(off, femme)
Tu ne peux pas. Je voudrais bien savoir pourquoi.
(off, homme)
Parce que je l'ai perdue. Voilà. Avec Gérard. On a fait un petit tour en bagnole. Manière de s'aérer les bronches. Et on s'est fait serrer par la flicaille. C'est tout.
(off, femme)
Tu t'es fait contrôler ? Dans cet état. T'as de la chance de ne pas être en cellule. Ils ont du garder la bagnole ?
(off, homme)
Ah non. Je me suis couché sur les papelards. Mais j'ai sauvé la mécanique. Je sais leur parler. Aux ras du front. Je suis câblé. Tout en douceur. La caresse positive. Il me restait une bouteille de gnole. Derrière le fauteuil. J’ai débouché l’astuce. On a conclu le contrat. Et marre.
(off, femme)
C'est du propre. Ne me dis pas que tu as conduit dans cet état ?
(off, homme)
Poussin. Tu sais pertinemment que Gérard n'a plus de permis. On lui a retiré. Quand on l'a envoyé au zonze. A cause des trois idiots. Les cyclistes. Qui se sont jetés sous ses roues. Quatre grammes huit par litre de globules rouges. Imbattable. Le phénomène. Il en frime encore.
(off, femme)
Donc, t'as repris le volant. Au mépris de la sécurité des autres.
(off, homme)
Mais bibiche. Tu sais bien que je conduis mieux. Quand j'ai lampé un petit canon. Pour déstresser. J’affine le geste. J’optimise la trajectoire. L'assurance revient. Non. Je me suis pas laissé dégonfler. Avec Gégé. On est rentré dans le premier bistroquet. Une bouteille de blanc à huître. Cinq-six mousses et padam ! Requinqués. Un digeo. On est rentré.
(off, femme)
Résultat. T'es ivre mort. Et c'est moi qui conduirai au retour...
(off, homme)
Négatif. Trop périlleux. Suffit que je m'endorme du côté passager. Que tu ne penses pas à regarder la route. Ça t'arrive régulièrement. D'oublier de suivre les clous. On risque d'y laisser notre peau. Tous les deux. Je veux être seul, responsable de mon décès. Qu'on se le dise.
(off, femme)
Ça s’améliore. Etant donné que t’enfonces dans la galanterie. Je prendrai le bus. Par contre, tu t'occuperas des gardons. En m'attendant. Mais tu les colles pas au congélo. C'est pas des Mister Freeze. On a déjà du amputer l'annulaire de Jonathan. A cause des engelures.
(off, homme)
Excuse moi. Je ne pensais plus à lui. Je dormais. Puis tu fais chier. À la fin. Passe-moi le père.
(off, femme)
Ok on en reparle. Je te rappelle qu'il reste encore une scène. Evite de ronquer. Envoyez.
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(Le même qu'avant, avec une cravate et une veste classe)
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Mon autre mi-temps. Je suis chef d'entreprise.
Notez-bien. Je ne tire aucune gloire de cette distinction. La médaille du mérite. Le ruban rouge de la république. Je m’en fous. Je suis un grand patriote.
Oui. Un peu de fierté. De participer à la croissance de mon pays. Sur le dos des hindous.
Tristes portraits.
Ils vous dévisagent, en retenant leurs larmes. Pour économiser l’eau. Vous mendient de quoi nourrir leur fratrie. Douze bouches rachitiques. Abandonnés à leur sort. Dans les bidonvilles de Bombay.
C’est mon côté main sur le cœur. Philanthrope. Trop bon.
Tandis qu’ils viennent assembler des composants toxiques. Dans mes usines. Ils ne se prostituent plus. Ils n'ont pas le temps.
Ils ne vivent pas assez longtemps.
Des purs produits du monétarisme international. Sniff. Mes poupées à moi.
Je suis ? Fabriquant. Commerçant. Exécutant. Parmi tant d’autres. Defrance Armement.
Un savoir gardé, depuis trois générations. Trente deux délocalisations.
En cumulant les petits pays. Dont on ne parle pas. Où les gens ont la décence d’être exploités, dans l’indifférence générale.
Patrimoine national. Et familial.
Depuis la collaboration du grand père. Pendant la guerre. Un physicien hors pair. Il étudiait les atomes. Un jour il a eu l'idée d’en casser deux.
Il a réuni les crédits. En Espagne, en Italie, au Japon. Il a remué sa tambouille. Quand il a senti le vent tourner. Il vendu le concept aux américains.
Il avait du tarin. Le Papy.
Hiroshima. Nagasaki. Il sautait de joie devant sa radio. Quand la nouvelle est arrivée.
Isidore Defrance. Il criait. Il était joyeux. Isidore Defrance.
Des milliers vies grillées. Sur des dizaines de kilomètres. En une traînée d'allumette.
Plus rien. Il a succombé à une attaque cardiaque.
Les amerloques. Ils ont une conception différent, de la notre. Du barbecue. On sentait la friture jusqu'à Stalingrad.
Normal. Chez eux. Tout est fait en grand. Les choses vont plus vite. On prend l'avion. On déclenche des guerres. On organise les plus épatantes crises du capitalisme.
On bousille la planète. On fait ce qu'on veut. Que de l’événementiel historique.
1929. Le jeudi noir. Rien que le titre. T'entends les gars tomber des bureaux. Sur Wall Street.
Septembre 2001. Le plus gros coup de com du XXIème siècle.
Dimanche 20 septembre 2009
J'évoque le sujet. Fonction de mon autre gagne pain. Dans le monde des affaires. De l'esprit.
Ma caille ! Ça a relancé l’entreprise. On s'est goinfré. Des airbus entiers d'adhérents. Qui déboulaient dans les enseignes. Un tsunami.
Strike.
Et les décérébrés. Ils ont voté pour nous. Deux fois de suite. Yankee.
Quand ouvre une manne comme ça. Avec la rivalité. On trouve toujours des compromis. Ça arrange toutes les parties. On s’unit.
Pendant que nous. On va trifouiller dans leurs puits de pétrole. Pour soutenir l'économie de marché. Eux. Ils embauchent du kamikaze.
Par milliers. Net d’impôt.
Et la droite orthodoxe. Au milieu. Elle construit. Elle consolide les fondations. Elle répare les tours. Plâtre les murailles. Colonise la Palestine.
Je vais vous dire.
C'est pas au berceau des trois religions. Cotées en bourse. Qu'on ira les déloger. Chrétiens, ni musulmans, ni juifs.
La guérilla urbaine. Ils ne connaissent que ça. David terrassant Goliath.
Jérusalem. Ils ont épuisé les pharaons. Les romains. Les croisés. Le califat.
Tous les tyrans du monde ont lorgné sur la citadelle. Sauf les incas. Et leur foi reste intacte. Comme au premier jour.
Tsahal. Ils épouvantent les gamins du monde entier.
Faut pas les chauffer. Les trouffions. Ils se servent de toi comme bouclier humain.
Hamas ? Ils sont pas mal aussi.
En rugby. On dirait qu'ils ont un bon esprit. Combattif.
Ils s'avouent pas vaincus. Quitte à prendre une branlée en bout de match. Ils lâchent tout ce qu'ils ont dans les tripes.
Ils voudraient pas rétrograder. Ce serait con.
Ils ont leur place dans le top quatorze. Vingt ans fêtés. Depuis la première intifada. Tu sais que les gars. Ils doivent l’avoir dans les crampons. La pression.
Ils veulent le bouclier.
Côté longévité. À part les afghans. Les tibétains. Les basques. Je vois pas ? Les corses ?
Dans leur situation. On se débine pas sur un échec. C'est pas sport...
Non. Pour en revenir au sujet. Côté organisation. Les Américains sont assurément les meilleurs. Et la crise économique de 2009 ? C’est pas la classe VIP ?
Les banquiers. Pas senti approcher. Pas vu. Pas pris. Mais t'as quand même mal. Dans la région du bas ventre.
T'as l'impression de t'être fait baiser.
Abracadabra.
Le golden boy de Citroën. Qui vend des 4x4. En pleine crise pétrolière. Ne vante l'augmentation du coût du brut. Il fourgue le DVD. Le GPS. La tablette pour poser ton gobelet.
Le trader. Il fait pareil.
Les hedge-founds. Quand il les recelait. Il oubliait bien de baver au nigaud, que c'étaient des poches d'anthrax. Prêtes à exploser.
Que ça allait définitivement ruiner des millions d'afro-américains. Et d'hispaniques.
L’encravaté. Il turbine pas dans l'immobilier. Il est dans la bulle spéculative.
Il se fait livrer les œufs pourris. Pas chers. Il arrose de Chanel. Du papier cadeau. Un confetti. Et il cède en l'état.
Sans reprise. Ni échange.
C'est pour ça. Qu'on les rémunère des millions. On ne leur arrive pas à la cheville.
J'en connais un. De ces enchanteurs. Qui ont fait le coup. Un ami d'enfance. Un frère d'arme.
Je l'ai vu sous la douche. Je témoigne de la virilité. Il nous l'a mis profond. Prince Charles.
Ils vont déguster, les déshérités. Les maladifs. Pendant les répliques. Parce qu'il y en aura. C'est une onde de choc. L'énergie doit se dissiper.
Les magiciens.
En moins de six mois. Ils ont braqué, sans se mouiller : Les misérables. Les épargnants. Les fournisseurs. Les clients. Les actionnaires. Les états. Les banques centrales.
Personne n'a moufté. Qu'est ce qu'on s'est marré.
Des gens sensés auraient dépoussiéré la guillotine. Restauré la potence. Dressé des tribunaux exceptionnels.
Des états généraux.
Là. Oualou ! Silence radar. Bravo l'artiste. Chapeau bas.
J'avoue. Sur le ton de la confidence. Ça ne sort pas de la pièce. Avec les gueules d’amour. On a remis ça.
Suite au succès du best-seller. On anticipe le second volet.
D'ici six mois à deux ans. Vous verrez. Remake au cinéma. Effets spéciaux. La totale.
Tout ce que je peux confier. Sans lâcher la mèche : On s’adresse au même public. Les souffreteux.
Les paresseux vont boire la tasse. On les essore. On les rate pas.
On sait faire ça. Dans la famille.
Au fait. Vous avez connu mon père ? Laurent Defrance.
Sans son abnégation. Defrance Armement, n'aurait pas résisté. Aux procès d'après guerre.
On vous a entretenu du gaz moutarde ? Celui qui Ahh, Ahh. Qui coupe le souffle.
Le daron a racheté le brevet. En 1945. A un boche.
Qu'il avait sauvé d'une embuscade. Tendue par tirailleur sénégalais.
Un animiste. Ne parlant pas notre langue. Qui lui jeta un sort vodou. Une maladie gravement invalidante.
Il devint Peul.
Il du se cacher des siens. Ça a beaucoup marqué mon fils.
Quel exemple d'abnégation. Mon paternel. Indémontable. Jusque sur les sentiers de l'exil.
Oui. Lui aussi a connu l'humiliation. Le rejet. En rejoignant le Führer à Berlin. Echappant à l'ire des forces impérialistes. Anglo-saxonnes.
Si je vends des armes ? Non. Je ne dirais pas ça. Certains voyous détournent le mode d'emploi. Mais ils dénoncent l’assurance.
En cas de dégâts collatéraux. On n’est plus responsable.
En stock ? De pas ordinaire ?
De mémoire Il doit traîner des instruments de dissuasion. Une cinquantaine de bombes H.
Dimanche 20 septembre 2009
Les seules de la gamme, qui n'ont pas été officiellement testées. Sur des populations. A ce qu’on sache.
Actuellement. On deale essentiellement de l’artillerie d’appoint. Du chirurgical. Homologué pas la NASA. Mais, on tient le cap.
Moralement.
C'est plus aisé, de faire comprendre au téléspectateur, qu'on va opérer dans la retenue. Au laser. Des ponctions civiles quasiment négligeables.
Dans des agglomérations de sans papiers. De terroristes.
On a appris à fignoler la pub.
Le marketing de la dissuasion. Sans l’argumentaire de persuasion. C’est creux. Pour que le process soit efficient. Tu dois peser dans les débats.
Montrer les crocs.
Fomenter des invasions surprises. Des guerres éclair. À la faux-cul.
Régulièrement. Tu balances le fond des cuves. Sur le voisin. Avant que la came soit périmée. Tu vides la réserve.
Tu braques les caméras du monde entier, sur les boutons d'acné d'un dictateur. Le pecum visualise. Il comprend qui est le maître.
Nous. On localise le cancer. À trente bornes. A la ronde. On désinfecte le périmètre. On fait les points suture. Puis on se casse.
Mais, les gens sont contents. Quand on s'en va.
Ils dressent les nappes. Rallument les bougies. Ils se sentent impliqués. Dans la reconstruction.
On a fait place propre. Pulvérisé les hôpitaux. Anéanti l’infrastructure. On peut les autoriser à s'entretuer un petit peu. A régler les désaccords de cadastre. En famille.
On a fait notre possible.
Hein ? Vingt deux heures ? Crotte. J'ai oublié de chercher Patrice à l'institut pédagogique.
(IV)
(off, homme)
... ... ... ... ... ... .... ... ....
(off, femme)
Tap.Tap.Tap.
(off, homme)
rrr...rrr...rrr...rrr...rrr...rrr
(off, femme)
Debout. Feignant.
(off, homme)
Putain. Ça va. Crie pas. J'avais les écouteurs au fond des pavillons. Tu m'as fait mal. Oh...Toi. T'as un truc dont tu veux me parler ? Je me trompe ?
(off, femme)
Ça fait un quart d'heure que je te parle. En t'écoutant ronfler.
(off, homme)
Je ne ronfle pas. Je t'écoute. Je ne réponds pas. Simplement. Tu ne devineras jamais. De quoi je viens de rêver. Tu te souviens de Dominique ? La jeunesse qui gardait le grand. Quand on partait faire des galipettes. Qu'on s'aimait bien.
(off, femme)
L'époque où persistait du désir ? Palpable ? Je m'en rappelle.
(off, homme)
Te moque pas de moi. Tu ne ressens pas ce que je ressens. Tu ignores les épreuves terribles. Que je traverse.
(off, femme)
Quinze ans. Que tu les traverses. Sans ramener la médaille. T'as du repérer tous les sentiers. Et les tavernes.
(off, homme)
C'est ce que je disais. Tu ne peux pas me comprendre. Tu es infoutu capable de ressentir un sentiment. Le portrait de ta mère. Froide. Distance. Amère. Un cœur de pierre. J'ai envie de te cracher dessus.
(off, femme)
Essaye. J’ai pas peur. Et si tu veux partager tes rêves. T'as qu'à les débiter fins. On a du boulot.
(off, homme)
Tu ne te douteras pas. Domi et Bibi. La pisseuse et moi. On était en train de s'envoyer. D'une puissance. Vlan. Je m'aperçois qu'il y a quelque chose qui cloche. Elle avait une tête affreuse. Domi. Tu te rappelles ? Mais, je ne m'étais jamais aperçu qu'elle était aussi rembourrée. Elle avait des ces jantes. Tu me suis ?
(off, femme)
Ah. Ouais.... Je commence à saisir. Le Marquis de Sade se réveille.
(off, homme)
Tu ne crois pas si bien dire. Ecoute. Mon subconscient avait remplacé sa face hideuse. Par la tienne. Le mix des deux. Les hanches de la pucelle. Avec ton joli sourire. Ça m'a rempli de sève. Je crois que ce soir. C'est pas la casserole de tous les jours, qu'on va remplir de haricots. Je suis en forme.
(off, femme)
Bien. Tu te la carres derrière l'oreille. Tu sors les doigts de ton slip. Et tu fais profil bas. Parce que je rentre en bus. T'a encore trois grammes de prune dans le sang. Sans peser le reste. En prime. L'auteur à téléphoné. Il laissé son paraplégique à l'asile. Je vais devoir le chercher. C'est sur mon chemin.
(off, homme)
Trisomique.
(off, femme)
Ouais. Il n’est pas, non plus, très latéralisé.
(off, homme)
Poussine. L'auteur. Tu peux lui poser un lapin. Un jour par semaine. Son gondolé. Qu'il soit chez-lui, ou dehors. Allongé dans la neige. Il n'intellectualise pas la différence. Il n'est pas fait comme nous. Il ne ressent pas.
(off, femme)
Je te signale, que c'est grâce à l'auteur. Que tu es là.
(off, homme)
Grâce à lui ? Il en a d'autres en espèce ? Je n'ai jamais demandé à être dans son livre. Moi. Ça ne me concerne pas. Il nuit à mon image. Nous disputer. Devant des lecteurs.
(off, femme)
Dimanche 20 septembre 2009
J'ai pas entendu la même version. Quand il t'a proposé la place. Et gnagnagna. C'est sympa de ta part. Mais tu comprends. Je ne peux pas me séparer de ma moitié. Faudrait qu'elle m'accompagne. Patata. Faudra la gratifier…. Au final. T'a une ligne à répéter. Quatre fois d'affilée. Et t'a pas essayé de la mémoriser. J'ai tiré le gros lot. T'es vraiment le plus demeuré des Defrance. Cousin lointain. Tellement lointain, que t'as pas hérité d'un bouton de manche. Non. Mais t'as raison. T'as toujours raison. Je suis une conne.
(off, homme)
Poupette. Te colère pas autant. T'emporte pas. Comme le vent.
(off, femme)
Ne deviens pas sarcastique. Je te vois venir. S’il ne te plais pas. Ce boulot. Pourquoi tu ne vas pas postuler au Mac Do ? Déploie tes ailes. Mets tes menaces à exécution.
(off, homme)
Choupette. Mais le Mac Do… Je n'y irai pas. Car c'est un boulot de merde… Je vois très bien ce qui te dérange. Dans notre conversation. Je t'ai ouvert mon intimité. Je t'ai ouvert mon cœur. Et tu ne le conçois pas. Tu n'as tout bonnement pas atteint cet état de conscience. Cette ivresse de la parole. Cette liberté de tout mettre en mot. Sans barrière. Qui caractérise l'être sensible. Que je suis devenu. Mais je saurai t'attendre.
(off, femme)
Vous n'auriez pas fumé de l’herbe. Avec ton pote Gégé ? Il a des plantations. Chez sa mère ?
(off, homme)
Fumer ? Non. J'ai arrêté. Il y a… Il y a…. C'est tellement enfoui, que la date m'échappe. J'étais jeune. Je te jure. Mamourette. Pour une fois que je me sens. Revigoré. Transporté.
(off, femme)
Bon. Au bénéfice du doute. Je demande à voir. T'attendras juste que j'ai bordé l'attardé. Chez son auteur de père. Dans une heure. Ou deux.
(off, homme)
On ne peut jamais parler avec toi. Tu ne veux pas écouter. C'est un dialogue de sourd. Et bien casse toi. Dégage. Retourne chez la belle-doche. Avec quatre cent euros de RMI. Les trois couillons. Les chats de la mourante. Son cancer de la prostate. Ça va pas être cocasse au quotidien. Dans le studio-bis. J'espère qu'elle a réparé la télé. La dernière fois. Heureusement que je sais régler une antenne. On aurait raté le foot. Ouais. Tu vas le regretter. L’âtre conjugal. Compte pas sur moi quand tu reviendras. Tout ce que je consentirai de faire. Je le ferai pour mes chiards. Toi. T'auras rien.
(off, femme)
T'es vraiment qu'un parasite. Je me barre. Adieu. Boursouflure de ton égo.
(off, homme)
Parasite ? Je me lave moi. En tout cas. Je vous le dit. Y'a de l'orage dans l'air. C'est la pleine lune. Où elle a bientôt ses ragnagnas. Je vais me faire discret. Lui cueillir des fleurs. Laisser couler l'eau. Sous le pont de l’Alma. Elle va m'effacer de sa mémoire. Immédiate. Je remettrais le fantasme sur le tapis. Quand elle sera plus disposée. Envoyez.
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(Off, voix de femme, en vraie sur scène. Et Patrice, débardeur, qui a froid)
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Patrice :
Mon papa. Il a dit. Mon papa. Ce matin. Qu'il viendra me chercher. Non. Je mens pas. Il a dit ce matin. Mon papa. Il a dit. Mon papa...
Off :
Où il est. Bon dieu ? Patrice.
Patrice :
C'est pas mon papa. Je veux pas répondre. Mon papa. Il a dit. Je dois pas répondre. Aux étrangers. C’est caca. Mon papa. Il a dit. Mon papa...
Off :
Patrice ? Mince. Il gèle ici. Tu dois être mort de froid. Où t'es.
Patrice :
Je connais cette voix. C'est pas l'éducatrice. Je dois pas répondre. Il a dit. L'éducatrice. Elle est gentille. Elle est bonne. Ce matin. Mon papa. Il a dit. Mon papa...
Off :
Ah ? T'es là. Sous l’arbre. Sans ta veste. Tu va attraper mal.
Off :
Tata ? Où il est. Mon papa. Où il est. Il est gentil. Où elle est l'éducatrice ? Elle est gentille. Elle est chaude comme une baraque à frites. Il a dit. Mon papa. Tu es pas une étrangère. Mais tu es méchante. Mon papa. Il a dit...
Off :
Répète pas n'importe quoi.
Patrice :
N'importe quoi. Ah. Ah. Ah. Moi je rigole. Ah. Ah. Ah.
Off :
Tu vois ? Ça fait plaisir. De te voir sourire. Enfile ton pull.
Patrice :
Non. Je veux pas. Pas de Pull. Pas de pull. Caca.
Off :
C'est pas caca. C'est pour te réchauffer. Patrice. Pourquoi tu ne veux pas l'enfiler ?
Patrice :
Il est froid. J'ai froid. Gnnnzz....
Off :
Calme-toi, Patrice. Il est froid et on va le rendre chaud. En le frottant. Tu vas frotter avec moi ?
Patrice :
Ah. Ah. Ah. Ah. Je me frotte. Avec toi. Ah. Ah. Ah. Ah. Tu es gentille. Je mens pas. Je t'aime. Beaucoup. Tata. Comme mon Papa. Je l'aime. Pourquoi il est pas là ? Mon Papa. Je voudrais qu'il est là. Pourquoi il est pas là ? Mon tonton. Aussi. Je voudrais qu'il est là. Il est gentil. Mon tonton.
Off :
Qu'est-ce que tu veux. Ils sont très occupés
Patrice :
« Pré-occupés ? »
Off :
C'est un peu vrai. On est pas faits pour vivre ensemble. Voilà. Le pull est mis. C'est des mecs. Ils sont complets. Même quand la salle est vide. Dans leurs têtes. Il jouent à guichet comble.
Patrice :
Dimanche 20 septembre 2009
« Aguichée ? Comblée ? » Ah. Ah. Ah. Ah. T'es drôle. Tata. L'éducatrice. Elle me plaît. Je voudrais bien l’aguicher-combler. Ah. Ah. Ah. Ah. Elle m'a offert un cadeau. Elle est gentille. Papa. Il ment pas. Papa. Tu vas m'offrir un cadeau?
Off :
Presque. Prend-moi la main. On va marcher. Je vais t'apprendre une poésie.
Patrice et off :
Si tu as la connerie
si tu ris quand tu t’endors
bois de la soupe au curry
de la sauce au roquefort
si, idiot, tu restes, encore
(malgré ce régime là)
mets du piment très, très, fort
dans tes crêpes au chocolat
et si tu as la folie
comme un grain de cardamome
mets des fleurs de pissenlit
dans ton yaourt à la pomme
si tu as le rire au bord
des lèvres, et la cochonnerie
fais des folies de ton corps
mets du jambon dans ton lit
mets du vivre dans ta vie
si tu as le métissage
si tu as un peu l’envie
c’est aujourd’hui mon message
_______________________________________________________
Rideau.
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(Remerciements)
Je m’auto-remercie. Car je n’ai plus d’ami(es). Je remercie ma maman. Qui ne doit pas lire cet ouvrage. Et je remercie mon papa. Qui s’en remettra. Je remercie ma petite sœur. Qui comprendra. Et mon frère. En m’excusant de lui avoir donné une baffe. Quand on était petit. Je remercie ma grand-mère. Qui sera fière de moi. Mon grand père. Qui soulignera quelques écarts grammaticaux. Thierry, mon pote. Qui me doit une bière. Gilles, Denis, Claude,et Barthez, qui sont mes puits, incommensurables, d’inspiration de mauvaise foi. Enfin, Claudine, Serge, Marianne et Jacquot. Qui auront la primeur de la lecture. Et qui ne m’en voudront pas ? J’espère. Enfin, je remercie la censure. Qui n’existe pas sur internet.
Hadopi, mon cul.
NA : D’accord, la poésie est une redite, publiée ici le 04/03/2008, mais je la trouve à propos.
Dimanche 24 mai 2009
Salut. J’aimerai bien relater quelques évènements palpitants que je vis en ce moment, mais trop professionnels ou trop privés, il vaut mieux que je les taise.
Cependant, néanmoins, ceci-dit – Samyr, si tu me lis – j’ai assisté l’autre soir au festival Sirocco, à ce que j’appellerai une naissance : celle d'Aman. C’est une première scène et déjà quelque chose de magique s’est produit, quelque chose de sincère entre les musiciens et le public. Aman ira loin – je croise les doigts…
Sinon, en ce moment, c’est l’actualité qui me tanne. Elle me laisse la mauvaise impression que ma société et ses représentants font tout pour m’emprisonner dans mon chez-moi, entre mon micro-onde et ma télé (que je n'ai pas) et que ni wam ni mes congénères n’en sortirons plus jamais autrement que pour pieusement nous rendre à nos boulots déconsidérés et sous payés. Je me trompe ?
Pour faire court, je trouve :
Absurde – Ce prof de philo traîné en justice et passible de cent euros d’amende, pour avoir admonesté des représentants de la force publique, qui s’acquittaient de leur besogne avec le zèle qu’on leur connait depuis le résultat des dernières élections présidentielles, en leur répétant poliment « Sarkozy, je te vois » – tandis que le président en question ne se déplace plus à un meeting sans s’assurer qu’un cordon de sécurité de 10 km entoure sa petite personne et vire les préfets qui ont eu la faiblesse de laisser s’approcher des manifestants mécontents un peu trop près du cortège de ses aficionados, de moins en moins nombreux et de plus en plus agressifs vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas leur vision de l’économie et du monde. Juste absurde. Quoi, traiter quelqu’un de Sarkozy serait devenu une insulte en droit français ? Une dicrimination ? Sarkozy ! Sarkozy ! etc…
Rigoliques – Ces députés grand teint qui croient qu’en apprenant la marseillaise à nos chères têtes blondes et en drapant tous nos lieux publics de chiffons bleu-blanc-rouge, on inculquera aux générations à venir le respect des règles d’une république dans laquelle leur propres parents ne se reconnaissent plus. Qu’ils ne seront plus les victimes des abondons d’un système de moins en moins équitable envers eux et leurs familles, qu’ils n’habiteront plus dans des banlieues bientôt dignes d’en remontrer aux favelas d’Amérique Latine, que leurs adresses et leurs origines ne seront plus des freins, sinon des obstacles insurmontables pour accéder à des cycles d’études valorisants et à des emplois corrects, qu’ils ne seront plus attirés par les sirènes de la délinquance organisée ou de la révolution. Si ça ne me rappelait pas les meilleurs passages des propagandes de la guerre froide, je pourrai trouver ces propositions sinon débiles, du moins rigolotes.
Inquiétant – ces enfants qu'un troupeau d'agents de police a ramassés à la sortie de l’école pour un présumé vol de vélo, comme n’importe quels criminels, et qui n'ont du subir que deux heures de garde à vue dans un sinistre commissariat, pendant que leurs parents n’étaient pas prévenus. Crotte, il y en avait un en maternelle et l’autre en primaire. Il paraît que la procédure a été strictement respectée. Strictement, c’est peut-être le problème. J’entends depuis quelques jours des gens autour de moi dire que c’est normal, qu’il en faut de l’autorité, pour que nos gamins arrêtent de tout casser, que de notre temps… De leur temps les chiards n’étaient pas élevés à renfort d’émissions populaires, cellulaire en main, à mater sur MTV des rappeurs du dimanche, dont les seules aspirations sont de niquer des « fesses bien dures » sur des banquettes de bagnoles de luxe après avoir sniffé de la coke, tué un flic et un juge et ramassé des énormes paquets de dollars. La fabrique des comportements, j’appelle ça. Vous avez écouté les derniers exploits lyriques d’un Eliem ou d’un Ben Laden, icones des jeunes et des plus jeunes ? Moi si. Après ça, expliquer à un gamin que l’idole à laquelle il s’identifie lui raconte n’importe quoi, pourvu que ça plaise à une maison de production, à une chaîne de télé, et que ça rapporte un max de fric (ce qui, soit dit en passant, est l’objectif que tout bon citoyen des civilisations capitalistes est en devoir d’atteindre) lui faire entendre qu’il a le droit d’écouter, de regarder, d’acheter les clips, les disques, les magasines spécialisés, les posters, les places de concert, les sonneries de téléphone, etc… mais qu’il ne doit, sous peine d’être réprimandé par les adultes et par la loi, jamais reproduire même un centième de ce qu’on ce qu’on lui présente tous les jours et toutes les nuits comme un modèle de développement personnel… Je vous le donne en mille : c’est impossible (on frôle l’injonction paradoxale globale). Inquiétant d’écouter un ministre proposer, sans siller, de résoudre la violence à l’école en plaçant des portiques pour détecter les armes à feu et en transformant les directeurs d’établissement en officiers de police judiciaire, sans qu’aucun journaliste ne vienne souligner la dérive sociétaire fasciste que cette idéologie droitière sous-tend. Interviewant, au contraire, des profs qui plébiscitent ce genre de conneries totalitaires (je me demande franchement d’où ils les sortent, ces gogos de l’enseignement qui pensent remplacer les compétences en psychologie et /ou en éducation qu’ils ont oublié d’acquérir, par une paire de menottes et des barreaux aux fenêtres) – Inquiétant.
Dangereux – Cette manie omniprésidentielle de placer tous ses proches et amis d’obédience ultralibérale, déjà possesseurs de la plupart des richesses produites par les employés de ce pays, aux postes de direction des principales entreprises du CAC 40 et à la tête de tous les réseaux de communication et d’information publics et privés (Bouygues Lagardère et Bolloré, ses amis de 20 ans, tiennent déjà le pavé d’à peu près tout ce qui se publie dans les presses et dans les médias rentables. Si ça ne lui suffisait pas ? Il lui faut également France télé, France radio, France journaux, France net, France mon c…). Au passage, en votant pour ce précieux cadeau accordé aux artistes les plus hautains et les plus chiants du PAF (paysage audiovisuel français : traduisez la merde à Bigard, à Renaud et au reste de ces connards qui continuent de nous faire croire qu’ils aiment bien les pauvres et qu’en achetant leurs putains de disques et leurs spectacles à deux cent balles, on contribuera à sauver une soi-disant exception culturelle française, devant laquelle le monde entier se prosterne avec une intellectuelle condescendance, et qui remplissent hypocritement, mais hypermédiatiquement, les caisses de ces gentils enfoirés de bénévoles qui, eux, distribuent comme ils peuvent de la bouffe aux gens, chaque hiver plus gravement touchés par cette crise qui ne dit pas son nom, mais qui est aussi et surtout la leur, à ces « artristes du show bisness » qui ont gommé depuis longtemps le mot partage de leur vocabulaire – Quoi ? Y a plus de sous pour mettre de l’essence dans la Ferrari ?) donc, en soutenant cet HADOPI (petit nom de cette grande loi liberticide sensée mettre un terme aux téléchargement illégal des œuvres – rien que d’écrire ce mot, je m’arrache les ongles) ces messsieurs et ces messsdames qui, à mes yeux, n’ont plus rien avoir avec ce que représente un artiste et encore moins avec ce que saurait produire (de bon) une culture, grassement payés par des boîtes de prodes dont le capital éléphantesque appartient aux patrons précités, vont imposer aux entreprises et aux foyers de ce brave pays de configurer un logiciel mouchard dans leurs ordinateurs, directement connecté aux serveurs d'une commission chargée d’éplucher les faits et gestes virtuels de chacun. Très populaire et très chinois comme procédé, je dis – Et je répète : Dangereux !
Obsolète – La politique de réformes, promise et imposée par la France qui bouge (ah !ah !ah !) de destruction du tissu social et de dérégulation économique, menée tambour battant par les ministres en place (pas pour longtemps...) qui conduit tous les corps de métiers de ce pays à s’exprimer comme ils le peuvent, dans la rue, dans les urnes, sur la toile, dans l’espoir que ce massacre s’arrête à temps. Et qu’on puisse restaurer les quelques meubles encore sains des institutions et des entreprises qui valent le coup qu’on les soutienne, voire qu’on les subventionne. Plutôt que de laisser dépenser l’impôt des moins riches (les riches, eux, en sont quasiment exonérés depuis le fameux « bouclier fiscal » autrement nommé « package Johnny Hallyday ») en des opérations de sauvetage de banques et de dirigeants irresponsables, en salaires présidentiels, en commissions aussi dispendieuses qu’inutiles. Les étudiants sont dans la rue. Les enseignants et les chercheurs sont dans la rue. Le social est dans la rue. La santé est dans la rue. La justice n’en peut – ni n’en veut plus. Les travailleurs et les chômeurs crient leur ras-le-bol. LA FRANCE VA EXPLOSER. Et ces ministres, dont certains de gauche, de nous marteler inlassablement que la populace attend leurs réformes avec impatience, qu’ils ne vont pas assez vite, que c’est la faute à l’Europe (mais quand même pas trop, parce qu’il faut aller voter pour leur assurer leurs super retraites communautaires – et les frais des restaurants à Bruxelles, à Strasbourg ou ailleurs). Obsolète, l’ultralibéralisme. En échec : la crise systémique que nous traversons le prouve.
Révoltant – Le sort des « sans papiers » que la France et ses polices traquent sans relâche, les rafles à six heures du matin, les suicides, la politique du chiffre à tous prix. Ils vont jusqu’à empêcher des touristes de rejoindre leurs pénates pour remplir les grilles de présence des camps de rétention. Entendez bien la nuance, en détention, vous avez été jugé ou vous êtes en passe de… vous avez des droits. En rétention, vous n’en avez aucun. Révoltant d’entendre, au détour d’une réunion, les représentants des associations de défense des parias du 21ièmesiècle ; réfugiés politiques, économiques, climatiques, tentés par les mirages du pays des droits de l’homme ; ces bénévoles vous dire qu’ils assistent presque quotidiennement à des scènes de maltraitance voire de torture (question d’éthique et d'interprétation) envers des êtres humains, des parents, des enfants. Révoltant le « délit de solidarité » dont sont accusées toutes les personnes qui ont approché de près ou de plus près des immigrés en situation de précarité extrême, et qui les ont aidés, nourris, et même – comble de la dégénérescence morale – que certains et certaines d’entre-nous ont aimés, allant jusqu’à commettre le sacrilège de se marier avec (en blanc comme de coutume) et qui sont redevables de leur humanisme devant la justice (j’ai, par le passé et il n'y a pas si longtemps, eu des contacts réitérés, hébergé et soutenu des amis et des amies dont les nationalités d’origines semblent plus que douteuses, aux vues des critères actuels de régularisation, certainement des terroristes en puissance, des profiteurs(euses) de la générosité publique : je ne m’en excuse pas, j’assume et je recommencerai). Révoltants ces français qui dénoncent leurs voisins à la préfecture. Révoltantes les manœuvres politiciennes pour cacher tout ça, les bavures à la pelle, les réminiscences d’une histoire pas si lointaine... REVOLTANT.
Ecœurant – Enfin, cette gauche qui se dit de gouvernement, qui perd notre temps dans des débats d’égos stériles. Ces syndicats qui nous jouent la temporisation, de peur d'abandonner leur précieux privilège de représentation des salariés. Affolés par la perspective d'une vraie grève générale. Comme aux pires heures de la collaboration entre Solidarnosc et le pouvoir communiste. Et cette « extrême gauche » de la désunion des votes qui veut nous faire passer des vessies trotskystes pour les lanternes éclairées des récents adhérents du parfait nouveau parti anticapitaliste, qui ne sont pas du tout des anciens de la ligue communiste révolutionnaire et qui n’ont, mais alors absolument pas, les mêmes réponses aux identiques lectures des pareils problèmes, ni les méthodes de ces derniers, dont ils n'ont jamais fait partie. Tout ce beau monde ferait bien de se sortir les doigts de l’anus (désolé) pour ces élections européennes qui pourraient éventuellement servir de contre-pouvoirs et qui, la faute à Voltaire, vont finir en fiasco. Je ne les porte pas forcément toujours dans mon cœur, mais heureusement que les verts José Bové et Daniel Cohn-Bendit relèvent le niveau, merci pour nous. Et là je dis : je suis carrément écœuré.
Voilà j’ai presque fini. Je poste un dessin et un truc sarcastique, histoire de me faire pardonner de n’avoir rien dit depuis des mois (mes études et mon stage en protection de l’enfance m’accaparent) +++ filou.
Dimanche 24 mai 2009
Dimanche 24 mai 2009
Quelques réactions et citations glanées ci et là à propos de la loi sur le téléchargement illégal qui a été lâchement adoptée par nos artistes nationaux et nos députés UMP.
“HADOPI ; c’est pas une loi, c’est du pipi de chat.“ (Charles Baudelaire)
“HaaDooPii ? What’s this fucking bullshit ?“ (E.A.Poe)
“Oh oui! Oh oui! Protège mes droits, HAPOPIiii!!!... “ (Rocco Siffredi)
“HAADOOPI ? Kelle cholie Muzike.“ (P.J.Goebbels)
“Ha-Do-Pi. On n’y avait pas pensé !“ (Pol Pot et Mao Tsé Toung)
“Loin du cœur et loin des yeux…“ (Les Enfoirés)
“Hadopi? Je suis contre ! “ (Coluche)
“HAAADOOOPIIi, HAAAADOOOOPIIIIi...“ (La castafiore)
“Pomme de reinette et pomme d’api…“ (un enfant)
“HADOPI, j’l’emm… cette loi à la c… Vas t’faire enc… J’config un proxy.“ (un ado)
“Surréaliste, non ? “ (Salvador Dali)
“Hadopi ? Ben mon trouffion, ça me troue le fion !“ (Napoléon Bonaparte)
“HADOPIs-aller.” (Alphonse.A)
“HAlDo-Pizza, 01-23-54-89-13.“ (10/24h, 7/7j, livraison gratuite)
“HADOPI, YES HE CAN!“ (Georges W.Bush)
“ Hadopi. Enfin cette loi controversée mais plébiscitée par la France entière, soucieuse de ses artistes et de son exception, a été courageusement adoptée par les députés de la majorité. Tout de suite un interview de Christian Clavier, ce grand acteur qui… “ (les J.T. du 20h)
“Hadopi ? Je m’en fous.“ (mon voisin)
“Prochainement dans vos écrans, HADOPI.“ (l’industrie du cinéma)
“On aurait pas osé, Sarkozy l’a fait.“ (l’industrie du disque)
“HADOPI? Vendeur comme titre.“ (l’industrie du livre)
“Je m’aime!“ (Nicolas S.)
À vous… +++ filou
Mardi 17 mars 2009
Les jeunes allemands(es) sont trop de la balle.
Fi ! Les clichés des buveurs de bière en litres et demi, les supporters de foot racistes (comme à peu près partout) les collectionneurs de Mercedes et de BMW, les papes limite fachos (ça, c’est pourtant une réalité - cf. cette pauvre fille brésilienne de 9 ans, violée, dont la famille et les médecins sont excommuniés, avec l’approbation divine de l’église catholique romaine) … Accueillants, les allemands, ils sont :
Stuttgart.
Jour de pluie, plus un sou en poche. Un type rond comme le père noël veut nous vendre un fanzine local. Il est ventripotent autant que nous sommes maigres. On baragouine de lui expliquer qu’on a plus un lové, qu’on a dormi dans le froid et dans la rue… Dés qu’il nous comprend (à cette époque, on parle mal l’allemand) le gars sort 50 marks de son portefeuille (belle somme) et nous les donne !!! Sans contrepartie aucune. Je crois saisir qu’il nous répond que, lui aussi, il a été jeune. Et qu’il nous souhaite la meilleure chance du monde pour la suite de notre périple.
On fait quelques courses et on se remet au sec. Un autre mec passe devant nous et nous demande « ein cigarette bitte ». Je lui file, il nous regarde : « vous êtes français ? » - « ouais » - « mois aussi, vous savez où pioncer ? » - « ben, pas trop » - « je vous emmène au squatt »…
3ième étage, un home d’une vingtaine de piaule avec un salon grand comme un hall de gare.
Ici logent des kepons, des immigrés, des instits, un gars et sa gonzesse qui vivent à poil toute la journée… L’accueil est chaleureux et inconditionnel : nous faisons des bouffes, participons au ménage, montons fumer sur le toit, buvons des coups et dormons au propre. Le proprio de cet immeuble, pas con - plutôt que d’envoyer la milice ou d’arroser une bande de skins pour virer les indésirables - leur a offert de réhabiliter l’édifice à leur rythme, en les payant, et en leur proposant de garder le dernier étage pour eux (ça, on verra pas de sitôt en France…). Nous restons une semaine et faisons l’amour.
Köln.
Quelques années plus tard. Nous somme trois : copine, un pote de ma ville et wam, un peu paumés. Nous avons passé la nuit dans un champ d’asperges humides, et nous avons fait la route en stop. Notre mission: joindre Maastricht et prendre du bon temps. A la dèche, nous rencontrons un jeune. On sympathise, on boit des coups, on rigole et on fume. Il nous remet d’aplomb (la langue n’est jamais un obstacle). Nous le saluons. Le lendemain, pétant la forme, nous réalisons notre objectif (on s’écrira après).
Aachen - Aix la Chapelle -Aken (trois frontières : Deutschland, Belgique et Nederland - trois prononciations).
Chronologiquement entre Stuttgart et Köln, en passant par Freiburg (où nous avions rencontré un objecteur de conscience antinazi-supercool). Nous avons 20 ans. En Allemagne existe le ticket « wochenende » (« week-end » comme son nom l’indique) qui permet à cinq personnes, pour une somme modique, de voyager sur toutes les lignes ferroviaires régionales, du vendredi minuit au dimanche même heure. Nous avons décidé de rallier la Hollande avec nos vélos (les trains allemands permettent de les embarquer) manière de faire la fête comme il faut.
En route, nous croisons celle d’un clochard magnifique, guitariste et chanteur, polyglotte, qui nous invite à passer, avec lui, la nuit dans cette incroyable cité où s'expose le buste de Charlemagne. On accepte. Direction place de la cathédrale. Je ne me rappelle plus quel mois nous sommes, mais il fait plutôt bon.
Tous - TOUS les jeunes vivants de la ville sont là, c’est ce qu’on nous dit et, au vu de la foule présente, nous y croyons : fêtant, partageant des bières consignés, des clopes (souvent roulées). Nous rencontrons Sab et sa bande de chums - qui nous hébergerons les quelques années suivantes, lorsque nous y retournerons, comme en pèlerinage.
Nous dormons chez elle, visitons la région, goûtons au bonheur des petits déjeuners nordiques : fruits, pain noir, fromage, céréales, charcuteries, etc… Ces amis le sont resté au point que nous n’y reviendrons plus dans le seul but de jouer nos touristes français au pays des libertés, mais bel et bien pour les rencontrer et partager de purs moments avec eux.
Malheureusement, un bref séjour dans notre « ville à nous » Mulhouse, les a depuis extrêmement déçus : la mentalité, l’ambiance et certaines gens mal fréquentables qui leur sont tombés dessus - on parle d’hospitalité française… Puis nos vies ont pris des chemins différents et on ne s’est plus revus (c’est grandement dommage).
Perpignan.
La semaine dernière, une jeune allemande est venue profiter d’une semaine de vacances dans la cité ensoleillée. J’ai retrouvé chez elle cette simplicité d’être, de parler, d’aller vers l’autre, qui me fait toujours autant vibrer de reconnaitre chez quelqu’un. Bon retour à Munchen, et à bientôt.
Tout ça pour dire (note aux copains que j’entends baver) en quelques mots : que voyager en Allemagne c’est véritablement le pied, que très loin de nos clichés habituels, les jeunes y sont vraiment-vraiment forts, que j’y ai appris une langue et une culture emprunte de poésie, de profondeur et d’amitié, que « vive ARTE » et que cetera !
Au fait, le 19 mars 2009 : manifestation nationale interprofessionnelle, j’espère reconductible (la Guadeloupe et la Martinique y sont arrivés, la Réunion s’y penche… Alors pourquoi pas nous ?) SOYONS Là !!!
Pressé par le temps (et par, je crois, une radiosensibilité croissante qui m’empêche de penser à autre chose qu’aux brûlures qui, jour après jour, envahissent mon corps - à moins qu’il ne s’agisse d’une phobie, comme le prétendent l’OMS, les ministres de nos santés publiques et les opérateurs mobile, 3G, WIFI… qui nous remplissent chaque jour un peu plus notre atmosphère de rayonnements micro ondes forcément inoffensifs - ou une réaction au stress travaillé par l'IRTS - ou un virus galactique ?) ceci n’est qu’un court résumé d’une intense période « d’errance » et de voyages, que j’aurai un jour prochain, à cœur de partager avec vous.
+++ filou
Dimanche 1 février 2009
On était vingt cinq mille, jeudi à Perpignan, pas très bruyants mais nombreux (comme une colère sourde) deux millions cinq dans toute la France, onze mille en Guadeloupe. Certes les revendications divergeaient, mais elles se rencontraient quand même en un point : salariés, chercheurs, étudiants, usagers, tous n’en peuvent plus de la politique dirigée par ce président qui n’écoute que lui.
Je suis content de ne pas avoir la télé.
Au fait, je n’ai plus de ligne internet chez moi, et je m’ennuie de ne plus vous écrire souvent. Je débute mon stage long lundi à sept heures (à sept heure vingt / à cette heure vaine / mange mon pain / mange ma peine) en protection de l’enfance. Ce mois d’IRTS m’a de nouveau crevé, j’espère que je retrouverai vite un semblant de forme. En attendant, j’ai commencé à trier mes liens z’amis, dans le but de refaire leur mise en page et d’en ajouter, mais c’est fastidieux et ça prendra du temps…(le tiers du boulot est fait)
Tiens, je crois que c’est le truc le plus triste que j’ai écrit depuis des lunes : je suis incapable de juger si c’est bon mais je l’avais sur le cœur - à vous de dire…
Le secret
le soir est pas sûr
le soleil est trop fort
j’range la voiture
auprès d’un arbre mort
un tas de factures
sur le tableau de bord
je les rature
d’un trait qui vaut de l’or
j’ouvre la porte
pour aérer un peu
les mouches sortent
dans l’odeur de mes pneus
comme une alarme
je fonds en larmes
comme une alerte
brûle tes lettres
pourquoi la vie
n’a plus goût d’interdit ?
pourquoi ma vie
goûte l’ennui ?
tombe la nuit
je rentre à la maison
tombe la pluie
la ligne d’horizon
j’ouvre la porte
les années mortes
l’heure des aveux
le pot au feu
tu as compris
mais tu ne m’as rien dit
tu as prédit
la fin de nos envies
tu m’as dessoulé
tu m’as consolé
je t’ai oubliée
je t’ai oubliée
pourquoi la vie
n’a plus goût d’interdit ?
pourquoi ma vie
goûte l’ennui ?
pourquoi l’usine
a renvoyé ses hommes ?
pourquoi Martine
as-tu viré ton homme ?
est-tu tombée
dans mes bras par dépit ?
est-tu tombée
comme la pluie
pourquoi la vie
n’a plus goût d’interdit ?
pourquoi ma vie
goûte l’ennui ?
minuit résonne
je vais sur le balcon
les cloches sonnent
j’ai fait le con
les gosses ont grandi
ils sont partis
c’est la folie
qui m’a conduit
pourquoi la vie
n’a plus goût d’interdit ?
pourquoi ma vie
goûte l’ennui ?
pourquoi la mort
qui me traine dehors
se joue de mon sort ?
ne frappe pas mon corps ?
vient le matin
je n’ai pas dormi
comme le train
la vie fait du bruit
je prend les factures
je prends la voiture
je m’en vais c’est sûr
jusqu’à ce soir
viendra midi
et son soleil maudit
viendront sept heures
fermer mon cœur
le ciel plombera
le soleil patatras
je brûlerai mon or
comme un trait du sort
et je rentrerai
et je te dirais
je t’aime encore
je t’aime encore
à +++filou
Jeudi 1 janvier 2009
... Pour la nouvelle année : (sans réinventer l'eau tiède)
Je sais pas vous, mais moi, j'ai souvent des idées de trucs-projets simples à réaliser, pas trop chers et (probablement) rentables, que je n’accomplis pas parce que je manque d'organisation, de temps, d'investissement, que je ne suis pas au bon endroit, au bon moment, etc... (en fait, je ne peux pas utiliser un objet, m'intéresser à un sujet, apprendre une technique, sans en imaginer une adaptation, une extension ou anticiper un nouvel ustensile remplaçant l’actuel – c’est comme pour les histoires, j'en ai tellement trop que je n’arrive plus à les écrire). J'ai souvent partagé ces idées qui sont, pour certaines, devenues des réalités - tel copain se chargeant d’en développer une, tel autre d'améliorer son outil de travail avec (ou simplement, l'idée était dans l'air du temps, elle a été élaborée ailleurs).
En ce début de siècle de disette annoncée, ne pourrait-on pas faire fi de nos égos (de nos sacro-saints brevets ou propriétés intellectuelles) et se partager ces (plus ou moins bonnes) idées, qui finalement peuvent être utiles à chacun, et concrétisées par d'autres ? On dispose d'internet pour ça, et des communautés de développeurs le font déjà, pour rendre la toile accessible...
En allant plus loin, serait-ce inimaginable d'animer une sorte de comité de lecture, piloté par des "sages" (des gens hors de tout soupçon de récupération, genre - soyons dingues : des scientifiques de haut vol, des auteurs et des artistes reconnus, des chefs d'entreprises retraités et/ou des anciens présidents, des groupes d'étudiants et d'enseignants des grandes écoles ...) qui seraient chargés de trier ces concepts (pour les relayer auprès d'associations et ou de micro-entreprises qui voudraient s'en emparer) de lever des fonds, et de redistribuer les bénéfices aux "apporteurs d'idées" et aux membres affiliés à ces opérations, sous formes de "bons" de financements de projets à vocations solidaires et sociales, d'aides à la recherche, de productions d'artistes…? Une sorte de sel ou de réseau d'échange réciproque des savoirs, axé sur la promotion des nouvelles (petites) entreprises (favorisant l’insertion par exemple) et dépassant les frontières... Il faudrait commencer par définir ensemble des critères (éthique, utilité, faisabilité, coût max de départ, suivi des assocs, etc).
Voilà pour le rêve.
Sinon je me rends compte que j'y suis allé un peu fort dans la critique de la pédagogie IRTS du post précédent, mais je ne vais pas l'effacer car, avec un peu moins d'énervement dans la forme (j'ai pu enfin me reposer un peu) j'en pense autant.
Je recommence à bosser sec aujourd'hui, donc je ne sais pas si je reviendrai écrire bientôt sur monblogue, mais je l’espère. Je penserai néanmoins à réorganiser mes liens z'amis et à en rajouter des nouveaux très bientôt (ils sont, pour l’instant, bien au chaud dans mes favoris).
++++ filou
Dimanche 28 décembre 2008
Bonjour.
Je n’ai rien écrit depuis plus d’un mois, et je m’en excuse. J’ai du choisir entre la poursuite de ma formation et le reste de ma vie sociale. J’imagine que c’est pas prêt de s’arranger.
Mes collègues et moi avons inaugurés une nouvelle forme de stage professionnel, qui nous a réunis à 6 pendant 2 mois pleins : 3 assistantes de service social et 3 éducateurs spécialisés en devenir, pour réaliser un projet de développement social local, dans un quartier de Perpignan, le Bas Vernet. Pour ma part, j’ai arrêté de dormir et j’y ai laissé toute mon énergie. Je suis épuisé. J’ai passé la semaine dernière à ne plus pouvoir lever un doigt, et je me suis mis à la bourre sur les rendus que je dois finaliser pour le début de l’année. D’autant que l’Institut Régional du Travail Social - réforme du diplôme oblige - a refusé de nous délester du reste du boulot, énorme, qu’on doit fournir pour le réussir, leur examen maudit. Sur les 10 derniers jours de l’avant, je ne me suis pas arrêté de rédiger, autrement que pour aller en cours ou pour dormir, comptabilisant 4 nuits blanches quasiment d’affilées, me dégoûtant d’écrire.
Je trouve absurde de galérer autant pour repousser des évaluations, quand certaines équipes ont taffé 70 heures par semaine sur leur commande. Absurde d’avoir des formateurs qui ne sont pas coordonnés et de devoir satisfaire, dans les mêmes devoirs, aux impératifs de 2 grilles de notation contradictoires. Absurde d’envoyer des étudiants au charbon pour faire avaler une réforme à des institutions qui n’en veulent pas vraiment, et en fin de compte, d’être estimé sur notre capacité d’y arriver. Absurde de n’avoir plus aucune vie privée, de mettre mon physique et ma psyché à Z. pour répondre aux contraintes (x2) de la DRASS de l'IRTS et des lieux de stage. Absurde de prétendre enseigner les pédagogies "nouvelles" dans des salles bondées, en cours magistraux de quatre heures pleines. Absurde d’avoir à signer des rendus de 40 pages à 6 mains, 6 écritures, 6 regards, alors que des auteurs parfaitement reconnus n’y arrivent pas. Absurde de résumer l’introduction à la psychanalyse en 2 pages ½. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? C’est déjà un résumé de 25 ans d’observations. Absurde de devoir pondre un rapport détaillé, référé, annoté, dés que quelqu’un pète ou rote ou fait quoique ce soit d’autre.
M… J’ai l’impression de me plaindre comme un papy de mauvaise foi, mais je vous assure que c’est ce que je ressens.
En définitive, notre résultat est là : on a pu mettre plus de 20 acteurs (institutionnels et associatifs) et des habitants autour d’une même table, pour in fine élaborer quatre jours d’animations conjointes, parfois ludiques, parfois sérieuses, et faire vivre la cité du Bas Vernet. Avec un budget frôlant le zéro absolu, comme la température du moment - au fait, il a neigé à Perpignan !!! Je crois d’ailleurs que cette obsession du partenariat-réseau qui s’empare des instances du social et du médico-social découle de ce constat amer: y’a plus un sous dans les caisses. Il faut faire avec les bonnes volontés de chacun, en réunissant les compétences et les heures de travail gratos. Vive l’éthique ! Heureusement qu’on en a…
Là, je me rends compte que j’ai plein de trucs à raconter, mais que je vais devoir faire le tri.
D’abord, une petite nouvelle de moi : j’ai 33 ans cette nuit. Du côté des deux heures 1/2 du matin, horaire de Paris. Et ça fait même pas mal (pas encore ?) de toute façon je ne sens plus la douleur. La seule chose qui m’embête c’est que, contrairement à mon habitude (j’aime bien les habitudes, pas toutes, mais certaines – boire du café la journée longue, fumer des clopes, rejoindre les potes au bistrot le soir, ne jamais être d’accord sur rien…) cette fois, je ne vais pas échaper à la commémoration de ce 1/3 de siècle passé en compagnie de ma famille et de mes proches, ne pouvant prétexter de bosser ou d’être malade. En plus, comme ma nièce adorée est née le 24 décembre et qu’on a fêté sa première année le jour J, sans interférer avec les cadeaux de noël qui, je ne sais pas pourquoi, me dépriment toujours autant (peut-être à cause de tous ces gens qui crèvent de faim, de froid, de guerre, d’exploitation, etc...) - la décision a été prise un peu latéralement (c'est-à-dire sans moi) de se rattraper le 29. Sourire. Ce qui me tue, c’est que la dernière fois que j’ai fais mine de m’attacher à ma date d’anniversaire, ça m’a coûté mon couple. Et je ne suis pas prêt de recommencer.
Bon, c’est pas le sujet. En action sociale comme ailleurs, ce stage m’a confirmé l’importance d’écouter l’autre. « Je n’impose ni n’oppose, je propose, v’la aut’chose, une pause. Je dispose de mon temps, de ton temps, pour me taire, pour te taire… ». Ça a l’air de rien, ou d’une banale vérité, et pourtant… Je crois sincèrement que ce que nous avons réalisé, aurait été impossible si nous n’avions pas campé sur cette position, tant au sein de l’équipe que vis-à-vis de nos interlocuteurs. ECOUTER !!!
Tout le monde a des compétences : 2ième lapalissade. Les laisser s’exprimer, sans juger, les accompagner chouia, je crois que c’est le sens de mon taf d’éduc. Chacun de nous, ou presque, évolue dans un groupe, avec ses valeurs, sa culture, son avis et ses possibilités (ou non) de compromis. Libérons la parole, disait Sigmund. Il avait raison.
L’action collective est devenue (pour moi) l’axe de travail autour duquel je veux tourner, absolument. Avant toute autre chose. On m’a plusieurs fois critiqué à propos de mon approche d’animateur culturel (je suis un « petit débrouillard » très fier de moi) m’opposant la relation individuelle, comme étant celle (et seule) de l’éducateur spécialisé. Je crois qu’elle a son importance et qu’elle est même primordiale, cette relation duelle. Mais je suis sûr que, chacun existant dans un quartier, dans une ville, dans une campagne : plus ce territoire est vivable (capable de changements, ouvert aux autres et aux innovations, sécurisant – pas en termes de police, mais en possibilités d’être formé selon ses besoins, ses désirs, de trouver un emploi, d’être entendu par les responsables publics, de bénéficier d’infrastructures et d’animations…) plus les habitants s’en saisissent - de leur banlieue ou le de leur bourg - moins la société se trouve en face de situations familiales ou personnelles catastrophiques, nécessitant l’intervention des institutions.
Je pense aussi qu’on devrait regarder du côté des interdits. Renvoyant à l’époque de la prohibition de l’alcool aux Etats Unis, qui avait vu croitre exponentiellement la consommation des dives boissons, l’enrichissement des mafias, et par voie de conséquence, la violence : dans ce monde d’anticipation permanente des déviances et de législation compulsive, dans lequel évoquer ne serais-ce que l’ombre de quelque chose de mal est déjà répréhensible (par rapport à des normes collectives largement influencées par les médias et les discours idéologiques) je ne suis pas étonné de la radicalité et de la brutalité des passages à l’acte. On étouffe, il me semble.
Je m’écarte… Ce que je veux dire par là, sans vouloir donner de recette, c’est qu’aujourd’hui l’action sociale et médico-sociale, l’action culturelle, ne peuvent plus œuvrer sans entendre la souffrance et la volonté du public qu’elles sont censées accompagner. Et que, face à la crise (qui ne date pas d’hier) il serait grand temps de se saisir de tous les moyens qui sont à notre disposition, pour faire avancer le chmilblick dans le sens d’une intervention collective, d’une mise en place d’outils à vocation économiques, solidaires et sociaux. Quitte, pour cela, à devoir exploser le cadre de la ville, du département, de la région, de l’état, de l’Europe ou je ne sais quoi, qui nous empêchent simplement de sortir la tête de l’eau – et de nous défaire de la main mise du politique ou de la gentille subvention.
En quelque sorte, nous pourrions être « situationnistes » sans paraitre agressifs, chercher une rentabilité au service de l’humain, répartir nos bénéfices, les investir dans les projets des autres, être usagers et entrepreneurs du service qui nous concerne. Et puisque la télé, la radio, les journaux, fabriquent la réalité qui nous sert de carcan, chercher à médiatiser ce qui marche pour nous, en étant originaux et tapageurs (c’est le seul moyen d’attirer leur regard).
J’insiste sur l’idée « d’outils » qu’on pourrait mettre en place, à l’image du marteau ou du tourne vis, que chacun peut s’approprier et améliorer, sans en détourner radicalement l’usage premier, qui est de taper pour l’un, et de tourner pour l’autre. Si l’utilisation qu’on donne à un outil collectif consiste, dans ses fondements, à favoriser le partage, le lien social, la solidarité, il suffit de laisser chacun, ou chaque groupe, l’adapter en fonction de son contexte, du diagnostic qu’il a lui-même réalisé de sa situation et de ses exigences.
J’ai vu que nombres d’organisations caritatives ont perdu leurs fonds en voulant spéculer à 10% chez un escroc notoire. La prochaine fois : qu’ils pensent à financer des actions qui auront pour objectif de s’autonomiser - puis de rendre les projets à venir des autres envisageables, en y investissant leurs gains à leur tour.
Je précise que je n’aime pas trop le mot projet, mais vu que c’est le vocable fourre-tout en vogue du moment, comme le partenariat-réseau, je veux bien l’utiliser pour causer à mon banquier ou au décideur d’une institution. Je vous invite aussi à vous saisir de ce terme et de tout ce qu’il revêt (projet personnel, projet d’entreprise, méthodologie de projet) pour avancer vos arguments auprès des huiles qui ne demandent que ça, du projet en veux-tu ? Que le capital finance l’action sociale, ce sera plus rassurant pour lui que la bourse, et c’est pas incompatible avec sa « sainte croissance » (on parle juste pas de la même) !
M’enfin. Vu que je ne suis pas sûr de pouvoir bientôt revenir écrire sur materreadeuxlunes (et j’ai encore 1 an ½ de privations à tirer) et comme vous êtes nombreux à passer par ici durant ces moments où je ne publie rien, je vous poste un poème un peu vieux - de mes 17 ans - qui discute de noël (c’est mieux de le lire après la date, le sujet peut fâcher certaines sensibilités : noël est la fête préférée des humains, ais-je lu aujourd’hui…)
Au fait, vous le saviez ? Que les moines en charge du Sépulcre de Jésus ne trouvaient pas mieux à faire que de se mettre sur le coin de la gueule à coup de cierges, jusqu’à s’envoyer à l’hôpital, pour nous prouver la pureté de leur foi (un peu comme dans les Thanatonautes, un des bouquins de Bernard Werber que j’ai bien aimé, et qui m’a beaucoup fait marrer). A suivre…
noël’n’da’street
notables empêtrés sur l’pavé,
dans les avenues surpeuplées,
je vois les port’monnaies craquer,
la foule à deux doigts d’s’étriper.
cartes crédit, billets, chéquiers,
ce soir on va s’en faire péter,
le bide à plus pouvoir goinfrer,
noël approche, ça va chier !
dans la cohue des magasins,
‘faut dépenser sinon ça craint,
l’argent qui sue dans l’creux des mains,
rattrap’ra bien un an d’chagrin.
on s’gavera de canapés,
dindons farcis, saumons, caviars,
marrons glacés, champagnes rares,
à qui les vomira le premier ?
demain le temps s’ra nauséeux,
la ville entière s’ra pleine de vieux,
de gueules de bois, de foies graisseux,
noël s’lira dans l’blanc des yeux.
moi j’voudrais êtr’ Robin des Bois,
j’voudrais aussi qu’on pense à moi
comment ça va ? t’as pas trop froid ?
y’a pas un bourgeois pour m’dire ça !
à vot’ bon cœur ! messieurs-mesdames,
à la santé de ceux qui rament !
je vous cache pas que je bois trop,
donnez-moi d’quoi, pour mon cadeau.
noël j’m’en fous ! c’est pas ma fête,
j’ai pourtant la barbe et les bottes,
j’suis comme Jésus de Nazareth,
rois mages en moins et sans la grotte.
noël j’m’en fous ! c’pas mes oignons,
j’pâture pas avec les moutons,
et j’crois pas à vot' paradis,
parce que l’bonheur, ça a pas d’prix.
à+++filou
Lundi 10 novembre 2008
Dix bonnes raisons de ne jamais croire un hippie.
1/ D’abord, et essentiellement, parce que le hippie n’y comprend rien au punk. Le hippie veut changer la société, sans s'impliquer. Le punk aussi d’ailleurs, et c’est pas une raison... No future, les Sex Pistols, la Reine d’Angleterre, les prolos, le hippie n’en a cure. Le punk non plus d’ailleurs, mais ne mélangeons pas.
2/ Le hippie n’est ni un hardos, ni un goth.
D’un naturel moins combattif, négatif ou violent - et peut-être parce qu’il n’aime pas le noir - le hippie est gêné quand le discours porte sur l’exhumation des morts, le dernier album de Napalm Death ou la suprématie des buveurs de Picon-bière sur le restant de l’humanité. Il partage toutefois certaines habitudes d’existence avec ces maniaques du Mad Max et du Hells Angel - comme l’usage immodéré de stupéfiants, les cheveux qui peignent la moquette, l’obligation de fuir quand un flic demande ses papiers – ou quand un rassemblement de jeunes à tendances antisociales commence à traiter sa reum. Celui-ci préfère, de toute évidence, le calme et la sérénité du dernier tube de Ravi Shankar, un joint, une bière et au lit. A la dure quoi…
3/ L'analogie le prouve : le hippie n’est pas révolutionnaire,ni adepte de contestation, d’ésotérisme ou de double Ricard. Tout au plus agite t-il ses dreads pouilleuses à la face de l’ordre établit, en lui tapant « une clope ou une feuille, man, ça peut toujours servir. Euh… t’as pas du… grand format ? ». Contrairement aux punks, aux hardos et aux goths, qui eux, conservent toute notre estime.*
*NA : L’auteur aimerait fréquenter moins d’anarchistes, afin de se sentir plus libre de donner son avis…
4/ Le hippie dénote en soirée.
Il n’a pas de style. Sapé dans l’armoire de ses grands parents ou à Emmaüs, le hippie se complet de velours verts et bruns, de chemises faites main par une communauté Sioux établie dans le Cantal et d’accessoires revendiquant ostensiblement son pacifisme obsessionnel : Collier Mercedes, piercing de l’illumination tantrique 24 carats, pins du Che en ambre jaune, emblème de Kurt Cobain agonisant près d’une seringue (parce que, il faut pas déconner, le hippie est capable de reconnaitre le talent quand il est dénué d’arrière pensée…).
Le hippie superpose des couches de fibres informes qui le grattent comme du poil urticant - et d’origines certifiées pour retenir l’odeur de la pipe, le doux fumet du compost d’ortie et la transpiration de ses bras. Ce qui, à contrario, le rend parfois attachant ou pitoyable.
5/ Il plombe l’ambiance : « Chakras, haschisch, musique de foncedé, trucs d’artisan bio : le gars qui te fait l’effet d’un spot sur les dangers de l’alcool et de la drogue ensemble. En direct « ouais… ouais, les jardins de Babylone, ouais… Ils étaient perchés, ouais… Toi t’es pas redescendu… C’était quand ta dernière prise ?... Elle s’est pas effondrée la tour de machin ?... Les mecs, on pourrait pas le pendre, juste une fois ?... Quelqu’un lui a dit qu’on a fait du punch, là, ou il va me gaver toute la nuit ?… ouais… ouais… Les civilisations précolombiennes… blabla…».
6/ Le hippie a des croyances et des raisonnements débiles.
Tout y passe dans le désordre ! La lumière au bout du couloir. La mémoire de l’eau. Le tissage des laines de yack en Mongolie mineure. L’agriculture en appartement « qui sans me vanter, avec le savoir que l’observation m’a permis d’entrevoir, peut donner des résultats tout à fait… rentables… parfaitement, et naturels ! » Même quand tu remets son bordel en ordre, ça devient dur de te balancer sur du funk tranquille, dans un environnement « bon flow, bonne vibe » sans avoir envie de lui décoller « un coup dans ses b…… à ce bouseux avec ses sandales en cuir, son pain sec de merde et son lait crû du Larzac ! Laissez-moi… faut pas pousser … il gonfle tout le monde… je vais me le faire !».
(En plus, quand il est subsaharien, le hippie devient rasta, et là… Je passe)
Au fait, évitez les toasts au pâté, et les Mac Do. L’emmerdeur étant végétarien, il ne mange pas de sang ni d’OGM. Quoi ? C’est vachement marrant les OGM. L’autre jour j’ai fait un milkshake avec une fraise grosse comme une pomme. Et bleue. Et avec du saké transgénique phosphorescent et du caillé de chauve-souris mutante. C’était cool… **
**NA NA : José Bové, sors de ce corps !
7/ Le hippie est amour. Tout amour. Mais attention : pas le même que nous ! L’amour de Tout. L’amour du Tout ! Vous saisissez la beauté de l’exercice ? Moi non plus. N’empêche, j’ai une copine qui est sortie avec un hippie. Plutôt, elle est « entrée en amour ». Puis elle est ressortie en larmes. Bon elle était naïve, sans expérience, pucelle… Mais y’a pas qu'elle : imaginez toutes ces naïades et ces nymphettes innocentes, dont la quête du romantisme seventies s’arrêta ou commença celle du hippie « Moi ? Me marier ? Dans une grotte ? A poil ? En gobant des extas comme des hosties ? Avec des bagues en bois tressé ? A Goa ? Mais t’es malade ? ».
8/ Le hippie s’épanouit loin de la civilisation.
Vernissages, buffets libres, bars à putes, parcs publics, le hippie des villes nous renseigne peu sur son habitat premier. Et pour cause. C’est à la campagne qu’il nous faut chercher les reliques de cette euphorisante et pourtant fragile évolution des mœurs, que prônait le hippie dans sa brillante jeunesse : Lueur mystique, sexualité libre, débauche des sens, L.S.D : Lobotomie, Schizophrénie, Dépression. De l’espoir au slogan, du verbe à l’union, de la communauté de bien au divorce. Quand il n’y avait qu’un pas…***
***… Quand il n’y avait qu’un pas, qu’un seul chant, qu’une seule montagne, qu’un rocher et un buisson ardent… Non, ça c’était Moise - autant pour moi.
9/ Lorsqu’il fume de la merde, le hippie engraisse un mafieux qui fut hippie avant lui. Avant que ses dents ne moisissent et que ses longs cheveux ne tombent. Et qui, par un sens inné du buisines (ou pour se payer les soins d’un chirurgien - ou pour remplir la piscine à mémé) sut flairer l’opportunité d’être le héraut d'une avant garde contre-culturelle à forte valeur ajoutée. Quitte à devoir faire la sortie des écoles.
Le rythme effréné de renouvellement des leaders de ce milieu décadant, la mortalité précoce, les internements psychiatriques nombreux et malchanceux, ont encouragé le hippie à recourir à des techniques d’empowerment et de management modernes, orientées vers l’avenir. Et oui, c’est triste. Mais comment ferait-on sans lui, pour fabriquer des usines en Chine ou en Roumanie ? Et pour donner du travail à toutes ces petites mains oubliées du capitalisme ?****
****NA NA NA : C’est mon seul argument de poids !
10/ Enfin, comme nous l’avons évoqué, le hippie vieillit mal.
Sont-ce les promenades bucoliques au bord des champs verdoyants du Rif, les galéjades entre amis pendant les ablutions rituelles du Gange, les pérégrinations, pieds nus, le long des frontières afghanes escarpées ? Le Vietnam ? En tout cas : devenir hippie, ça pardonne pas ! Les partouzes, les voyages, les drogues : ça abîme ! Ça attaque d’emblée les neurones, on le savait. Puis ça s’en prend au corps. On maigrit, on grossit. Selon qu’on est en pré ou en post cure. On devient con et maniaque, mais ça c’est normal, c’est l’âge. Ça nous menace tous. Et c’est justement là que, comme chez tout le monde, c'était pas prévu - ça poigne ce qu’on a de plus cher : ses sous. Autant dire sa conscience.
Dés cet instant le hippie devient yuppie. Et il vote décomplexé pour des gens qui, sans les citer, trouvent que ça sent mauvais chez les pauvres, que les banlieues ça pue, que les impôts ça craint - et que les autres ils ont qu’à fermer leurs gueules de misérables. C’est pourquoi, et pour en revenir au titre de cet album punk indémodable des années 70… Never trust a hippie !******
*****Note de mon avocat : Evidemment, tout ce qui précède est une blague
Pour Inter Note, salut. Filou.
PS : J’en profite pour faire la promotion de ma future parution « Le crépuscule des sorcières » qui, si tout se passe bien, sortira dès le siècle prochain aux Editions de l’Age d’Or « qu’est mort, mais qui reviendra encore, si on y pense très fort » (proverbe genevois).
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